The Antlers – Burst Apart

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Burst Apart. Le Big Bang. Le début et la fin de tout. Après un premier album aussi personnel et touchant qu’Hospice, on n’envisageait sa succession que de cette façon. Comme une renaissance après une épreuve.

Image de antlers_burst_apart Véritable coup de cœur en 2009, Hospice nous avait collé (et nous colle toujours) des frissons, sur disque puis sur scène où l’expérience s’était révélée intense. Sur un thème douloureux, déclinés en plusieurs actes, soit la maladie et la perte d’un être proche, le talent d’écriture de Peter Sielberman parvenait à éviter l’apitoiement pour nous livrer une approche cautérisante. En déclinant des thèmes de mélodies dans des titres aux paroles résolument autobiographiques, The Antlers avait la matière pour dérouler progressivement le fil de l’histoire.

Infusez les émotions dans une tasse de guitares frémissantes, laissez reposer 50 minutes et dégustez avec une cuillère à café de tendresse. Deux ans plus tard, la recette fonctionne toujours.

Bien que les titres de Burst Apart ne soient pas déconnectés les uns des autres, l’approche consiste moins à raconter une situation et son déroulement, comme c’était le cas avec Hospice, qu’à construire une ambiance. Les longues tournées qui ont suivi la sortie du premier album semblent avoir tracé le chemin de l’émancipation d’une situation donnée. Autrefois un projet solo de Peter Sielberman, The Antlers se construit aujourd’hui davantage en tant que groupe avec Michael Lerner et Darby Cicci :

« Pour ce nouvel album, le processus est beaucoup plus démocratique, et chacun contribue avec ses idées depuis le début. Beaucoup de chansons ont été créées simplement en jouant ensemble dans une pièce. Avec cet album, la musique est davantage un point focal que l’histoire, contrairement à Hospice. » [Le batteur Michael Lerner dans une interview pour The Brag ]

De cette nouvelle approche ressortent des mélodies au groove et au rythme plus marqués mais aussi davantage de plages instrumentales planantes, le groupe délaissant les montées progressives jusqu’à l’inévitable climax qui faisaient la particularité d’Hospice. Le duo I Don’t Want Love / French Exit ouvre l’album en douceur et avec classe. Côté vocalises, la voix de Peter reste juchée bien au-dessus de la mêlée. Lui qui ne se sent pas spécialement à l’aise en chanteur, il est en tout cas toujours juste. Plus de longues litanies, mais un chant qui respire plus. L’alternance de voix de gorge et de tête accentue son intensité, et le lancinant Rolled Together crée un gospel d’un nouveau genre avant de s’envoler sur le son d’une trompette.

Sur Burst Apart, il est beaucoup question d’attirance et de répulsion, de deux forces opposées qui doivent trouver un compromis pour avancer. Des êtres imparfaits peuplent Parentheses, No Widow, ou encore Putting The Dog To Sleep, aux tirades tranchantes : Well my trust in you is a dog with a broken leg.

Dans Every Night My Teeth Are Falling Out, The Antlers énonce comme une sagesse populaire : « One dumb night two bad decisions don’t divide to cancel out ». Allons nous aussi de notre petit dicton : deux bons albums de The Antlers se complètent à merveille.

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En savoir +

The Antlers, Burst Apart (French Kiss), sortie le 10 mai 2011.

A écouter en streaming sur NPR : http://www.npr.org/2011/04/24/135572911/first-listen-the-antlers-burst-apart

Sur Discordance : interview épistolaire de The Antlers

Site officiel : http://antlersmusic.com/

Twitter : http://twitter.com/theantlers

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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