The Antlers

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Racontée par Peter Silberman, frontman accompagné du batteur Michael Lerner du multi-instrumentiste Darby Cicci, l'histoire d' Hospice fait sens en dix actes et autant de morceaux qui mêlent avec grâce espoirs et angoisses.

Ce premier album de la formation new-yorkaise n’a qu’un seul thème : le fait de s’occuper d’un être cher en phase terminale, une situation destructice dont Peter Silberman a fait l’expérience. Si sur le papier on peut craindre le pire misérabilisme, l’écoute d’ Hospice balaye les doutes. En attendant la sortie française de l’album le 26 octobre, une liaison transatlantique nous permet d’en savoir plus sur les insipirations et les aspirations de The Antlers .

Pour ceux qui ne connaissent ni l’album, ni le groupe, comment vous présenteriez-vous ?

Peter Silberman : Ne vous êtes-vous jamais réveillés d’un cauchemar et pour quelque raison, vous vous sentez vraiment calmes et détendus, alors que vous savez que vous devriez vous sentir désespérés et effrayés ? Quelque chose comme ça. L’écrasant sentiment de malaise et de paix en même temps et, d’une façon ou d’une autre, tout prend un sens dans ce monde.

the-antlers Beaucoup de groupes émergent de Brooklyn. Sentez-vous que Brooklyn a une certaine influence sur votre musique ou l’inspire de quelque façon que ce soit ?

Je pense que ça a réellement influé à un certain moment. La nature même de Brooklyn en a récemment fait un endroit transitoire, se métamorphosant en quelque chose de différent de ce qu’était le quartier auparavant. La musique de Brooklyn est ainsi, se dirigeant dans plusieurs directions et rendant la musique de New York un peu moins prévisible. Je pense que nous faisons de même, nous essayons des choses sans savoir exactement où nous allons.

Beau et sombre, plein d’espoir et désespéré, le résultat sur cet album est bien plus complexe qu’il n’y paraît. J’imagine que cela représentait un défi de s’élever à un tel niveau d’intensité non seulement avec les textes, mais aussi à travers les arrangements ?

Le truc avec Hospice, c’est l’intrigue, lui donner un sens sans en dire trop ou pas assez. C’est une excellente ligne.

Certains disent qu’ Hospice est un album cathartique et thérapeutique. Quel était votre objectif en le faisant ?

Je ne crois pas qu’il y avait un but. Je me rappelle avoir eu ce besoin de le faire, mais sans trop savoir pourquoi. Je ne me sentais pas comme ayant le choix. C’était tout ce à quoi je pouvais penser.

L’inspiration pour cet album vient d’une très puissante et surtout intime expérience. Quelle musique écoutiez-vous lors de cette période particulière de votre vie ?

J’aimerais m’en souvenir. Je pense que j’ai écouté très peu de choses et qu’elles m’ont très vite ennuyées, mais je continuais à les écouter quand même.

Quelle musique écoutiez-vous lors de l’enregistrement d’ Hospice ?

À ce moment, j’ai commencé à écouter une variété de choses différentes. M’éloignant de l’indie rock, je commençais à écouter des choses plus atmosphériques et instrumentales. Je me suis quelque peu perdu dans cela pendant quelque temps.

Avez-vous d’autres influences, autres que musicales lors de l’écriture et de la composition de vos chansons ?

Des nouvelles ont fait naviguer un peu les choses, du moins lyriquement.

image001-5 Pitchfork a joué un rôle important dans la popularité d’ Hospice . Que pensez-vous de ces sites qui dictent ce qui est bon ou pas ?

Je trouve qu’il y a évidemment un danger dans un site ayant un monopole d’opinion, mais je pense que les gens sont aussi entièrement capables de penser par eux-mêmes. Si le public aime quelque chose, il l’aimera indépendamment de l’avis d’un faiseur de goûts et d’opinions. Ceci étant dit, je nous considère vraiment chanceux d’avoir eu tant de support de la part de Pitchfork. Ça a définitivement beaucoup aidé.

J’imagine que ça demande un certain investissement personnel de jouer des chansons traitant d’une expérience aussi douloureuse. Comment vous sentez-vous avant chaque concert ?

Honnêtement, ce n’est plus ce à quoi je pense tout le temps. J’aime vraiment jouer live. Bien que les chansons viennent en quelque sorte d’un endroit difficile, elles se détachent de moi pour appartenir au public qui connaît la musique et qui vient aux concerts. Ça rend les choses plus faciles.

N’est-ce pas un peu étrange d’avoir une telle popularité avec des chansons aussi personnelles et intimes ?

C’est vraiment étrange mais c’est le genre d’étrangeté qui ne se fait pas ressentir de façon réelle. Il n’y a aucun moyen de saisir ces chansons qui vivent dans la tête du public désormais. C’est juste impossible. Je me sens vraiment chanceux que les gens veuillent entendre ce disque, qu’ils soient connectés à celui-ci. Mais ma propre relation avec ce genre de partage est quelque chose que je n’ai pas encore tout à fait compris.

Y a-t-il une différence entre Hospice le live, et Hospice le disque ?

Absolument. C’est comme un groupe différent. Je pense que la version live est plus dynamique. Nous sommes vraiment à l’aise les uns et les autres, il y a un sentiment d’implication.

antlersbr4low Peter, vous êtes au centre du projet. Vous avez commencé comme singer-songwriter et vous auriez pu continuer ainsi. Pourquoi avoir préféré la structure d’un groupe ?

C’est devenu ennuyeux. Tout ça devient vieux après un certain temps, et je voulais faire quelque chose de nouveau. The Antlers est devenu un véritable groupe vers la fin de l’enregistrement d’ Hospice et j’ai été bien plus heureux de ce que nous avions fait au final.

Après un tel album, les attentes d’un second opus seront vraiment grandes. Comment vous sentez-vous par rapport à ça ? Comment comptez-vous vous y préparer ?

Je pense que nous allons prendre notre temps pour ça. Nous comprenons toujours ce que nous voulons faire et quel approche adopter, et tant que nous sommes aux commandes et complètement responsables, je ne suis pas particulièrement inquiet. Darby, Michael et moi sommes impatients d’enregistrer quelque chose de nouveau. J’ai vraiment hâte.

Estimez-vous que cela pourrait être plus stimulant pour vous de créer un album à la structure classique, où chaque chanson est indépendante de l’autre ou pensez-vous prendre la direction d’un autre type d’album conceptuel ?

Je ne peux pas dire à coup sûr si le prochain album sera conceptuel ou non, mais je serais vraiment surpris si nous faisions quelque chose s’approchant d’une collection de chansons sans aucun lien entre elles. Je ne pense pas savoir comment faire ça. Et puis, j’aime vraiment approcher un album comme un tout, dans son ensemble avant de travailler sur des morceaux individuels.

Qu’espérez-vous pour l’avenir du groupe et que souhaiteriez-vous éviter ?

J’espère que nous pourrons continuer à tourner dans des lieux nouveaux et étranges sans devenir trop épuisés (bien que cela doive nécessairement arriver). Je veux que nous avancions.

Hospice (French Kiss), sortie le 26 octobre 2009.

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A propos de l'auteur

Image de : "Si un homme traversait le Paradis en songe, qu’il reçut une fleur comme preuve de son passage, et qu’à son réveil, il trouvât cette fleur dans ses mains… que dire alors?"

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