The Amenta – nOn

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Après « Occasus » en 2004, le groupe de cyber death-métal australien The Amenta refait surface avec « nOn ». Un album décevant compte tenu des moyens mis en place.

amentanonsmall-2Blast beat à des tempos délirants, double-mitrailleuse, voix hurlée et monotone, guitare primaire, dissonante, agressive : pas de doute, nous avons affaire à un groupe de death métal. Attention toutefois à ne pas cataloguer The Amenta trop vite. Même si sa structure musicale primaire est tout sauf originale, le combo australien n’est pas une copie-carbone de Cannibal Corpse, Dying fetus et consorts. Souhaitant éviter de se perdre dans la masse, il s’est spécialisé dans le cyber death-métal, mélange apocalyptique mêlant la violence du death-métal à des sons de machines franchement malsains.

Cela dit, on est bien loin d’atteindre le futur de la musique extrême annoncé par son label. Celui-ci décrit en effet nOn comme un projet massif composé de cent plages enregistrées par chanson dans trois pays et sept studios différents. Et ce n’est pas moins de six vocalistes, deux bassistes où encore deux batteurs qui ont été dépêchés pour l’album. Le résultat ne justifie pas tout ce pataquès.

Même si le créneau laisse un espace plus grand, force est de constater qu’à part les activistes forcenés du métal, il n’y a pas grand-monde qui puisse tenir la longueur. Car une fois le concept établi, le groupe s’appuie sur ses acquis. Mis à part quelques écarts appréciables, les chansons se ressemblent toutes plus ou moins. Dommage, le plus dur était fait.

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Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

2 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 28 février 2010
    Mathias a écrit :

    Je me permets d’exprimer mon profond désaccord avec cette critique. Je n’ai pas suivi l’histoire de l’album, et le coup des « cent pistes par chanson » est une exagération qui, bien que s’appuyant sur un procédé journalistique établi et reconnu, décrédibilise d’emblée tout effort qui a pu être réalisé par le groupe, et donne au lecteur une opinion négative sur la musique sans même lui laisser la moindre envie de se forger son propre avis.

    C’est ce que je reproche, hélas, à quasiment tous les journalistes ou bloggeurs du monde (…moi y compris !), qui, sous couvert d’information et de culture, présentent leurs avis comme exacts et indubitables, avec cette montée d’orgueil qui saisit trop souvent quiconque est investi d’une quelconque autorité mentale ou intellectuelle, aussi faiblarde soit-elle. Mais je m’égare.

    Refermant la parenthèse, je me permettrai de donner mon opinion propre sur NoN, dans l’espoir qu’elle pourra contrebalancer la critique acerbe qui a été jetée sur HTML par Monsieur Yves Tradoff.

    Dire que les chansons de l’album « se ressemblent toutes plus ou moins » (tiens ? la force d’opinion du chroniqueur serait-elle soudain prise en défaut par cette tournure mi-figue mi-raisin ?) tient, à mon avis, plus de l’incompréhension que de l’objectivité ; car, dans un style relativement neuf que The Amenta a établi, tout seul, comme un grand, le groupe place des mélodies, des ambiances, des backgrounds sonores, qui apportent une richesse insoupçonnable à l’album.

    Certes, on a vite fait de s’arrêter au dégueulis de double-pédale et de triples croches à base de ré grave qui nous fourre les oreilles dès les premières minutes ; mais derrière cette avalanche de rapidité et de « sur-technicité » se cachent, à mon sens, des trésors de mélodie. Plus que prenant, NoN me transporte à chaque écoute, je m’envole vers des horizons étranges, desquels je ressors émotionnellement et spirituellement grandi. Non, vraiment, sans exagérer : cet album me fait profondément vibrer.

    Les grands amoureux de métal devraient y jeter une oreille attentive, juste une fois, pour voir. Car pour dix ou vingt qui n’y verront aucun intérêt majeur, il y en aura au moins un qui se prendra une grande tarte en travers de la tronche, et qui n’aurait voulu rater ça pour rien au monde.

  2. 2
    Yves Tradoff
    le Dimanche 28 février 2010
    Yves Tradoff a écrit :

    Ce n’est parce que nous ne sommes pas d’accord sur la qualité de ce disque que tu dois nécessairement attaquer mon travail. Je ne prétends pas donner un avis universel, juste mon avis, qui est exact dans la mesure où il correspond effectivement à mon sentiment. Je ne crois pas l’avoir fait avec arrogance, ou en tout cas, ce n’est vraiment pas ce que je voulais transmettre. C’est même exactement l’inverse : j’ai voulu contrebalancer une promotion que je trouvais arrogante et prétentieuse, compte-tenu du résultat.

    S’agissant de ces fameuses « cent pistes par chanson », je ne vois pas en quoi cela discrédite le disque de The Amenta. Si tu prends le temps de lire une partie des autres papiers que j’ai rédigé
    tu verras que je suis au contraire très partisan des atmosphères chargées, des mélanges de divers instruments etc. Et ce n’est pas simplement un lieu commun journalistique ou des termes abstraits que j’emploie pour qualifier des choses dont je ne connais rien. J’ai travaillé sur des morceaux qui comprenaient des dizaines et des dizaines de pistes, je vois clairement les difficultés que cela peut créer. En même temps que critique, je suis également musicien et travaille régulièrement sur des logiciels comme Cubase etc.

    Tu as vibré et pas moi; très bien, j’ai exposé mon avis et tu as été libre de faire pareil. Maintenant, ce n’est pas nécessaire de le faire en taclant le camp opposé.

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