The Alberta Cross effect

par Clarisse|
C'est au détour du présentoir Coup de Coeur des vendeurs de la section Pop Rock de Virgin que l'amoureux de rock'n'roll pouvait découvrir dès septembre l'album Broken Side of Time, premier opus du groupe Alberta Cross.

51260gp1ahl-_sl500_aa240__copiePremiers riffs de guitare sur Song Three Blues, la chanson initiale aux accents Pink Floydiens et notre esprit part s’aventurer vers les avenues New Yorkaises au petit matin, lorsque la lumière est encore bleue et que les taxis roulent au ralenti. Tout cela c’était avant le tube bien entendu : la chanson ATX – Austin, Texas, où l’album a été enregistré – dont le rythme ultra-efficace nous propulse cette fois sur les routes poussiéreuses du Sud des États-Unis au volant d’une vieille Américaine.

Broken Side of Tim e est de ces rares albums qui font immédiatement naître des imaginaires par centaines, des albums d’atmosphères qui nous transportent ailleurs, nous brisent le coeur dans une chanson et nous élèvent dans la suivante. Un album habité par cinq garçons qui ont fait de leurs différences une richesse et qui ont accepté de raconter l’histoire d’ Alberta Cross juste avant leur concert du 21 novembre à la Maroquinerie.

C’est dans l’ambiance cosy du restaurant de la salle de concert qu’a eu lieu la rencontre avec Terry Wolfers et Sam Kearney, respectivement bassiste et guitariste du groupe. Bougies sur les tables, odeurs de café, échos d’une balance son au loin, rien de mieux pour entamer une interview avec les membres du groupe que le magazine Rolling Stone désigne comme la nouvelle étoile à suivre en matière de folk-rock.

Tout d’abord, comment allez-vous ? Comment se passe la tournée ?

Terry : Ça va très bien ! On tourne maintenant depuis quelques semaines, les gens sont très accueillants, et on est super contents de l’ambiance pendant les concerts. Une petite pause à Noël et ensuite ça repart.

J’ai vu que vous teniez un blog (www.albertacross.blogspot.com) sur votre tournée.

albertacross_copie Sam : Oui on poste des photos. Je trouve que c’est plus marrant que du texte, là c’est plein de petites photos qu’on prend souvent avec nos portables, des instantanés sans beaucoup de commentaires. Ça permet aussi de montrer aux gens à quoi ressemblent l’Alabama ou le Nebraska. Parce que concrètement, ce sont des endroits où peu de gens vont.

(Le serveur apporte 2 Guinness)

Terry : Aah ! Parfait. Aux États-Unis j’ai parfois du mal à en trouver qui soit de qualité. C’est le carburant avant les concerts.

On a dit beaucoup de bien de votre musique, et on parle beaucoup de vos influences : Kings Of Leon, The Band, Neil Young. Est-ce que vous les revendiquez et comment est-ce que vous les intégrez à votre musique ?

Terry : Je ne crois pas qu’on s’inspire intentionnellement de la musique d’autres. Tout ça vient naturellement, c’est plutôt qu’on est dans une situation, on vit un moment particulier et que tout d’un coup on tombe sur une mélodie et la chanson est en marche.

Sam : Pour cet album notre inspiration c’est surtout New York et ce qu’on y a vécu. C’était vraiment la galère pendant 2 ans, on dormait sur des matelas par terre chez des gens qui voulaient bien nous accueillir, et encore. quand on avait de la chance. On faisait ce qu’on aimait, de la musique, mais ça a parfois été très difficile. C’est la manière dont on a vécu cette époque qui a amené la musique à jaillir comme elle l’a fait.

Vous pensez que la douleur et la difficulté sont des moteurs à l’écriture et à la composition ?

Terry : Je ne pense pas que ce soit essentiel, mais pour cet album particulier en tout cas c’est ce qui nous a guidés. (Il réfléchit). Je me souviens de moments très difficiles dans ma vie, je ne pouvais pas être plus bas, et j’écrivais des choses très belles, très lumineuses. Parce que quand tu vas mal, tu as besoin de quelque chose qui te fasse remonter la pente. Comme parfois tu peux être très heureux et écrire quelque chose de super énervé.

Comment est-ce que vous définiriez l’ADN d’Alberta Cross ? De quoi êtes-vous faits ?

alberta_cross_copie Terry : Wow, de quoi on est fait… Je ne me suis jamais posé la question. (S’adresse à Sam ) Tu sais toi ?

Sam : ( Avec un grand sourire ) Je dirais cigarettes et alcool.

Terry : Ah oui, ça oui. ! ( Rires )

Sam : De manque de sommeil aussi. Et puis plus sérieusement, je pense qu’on est une composition originale parce qu’on vient de plein d’endroits différents. Petter est suédois, Terry est anglais, Alec, Austin et moi, on vient des États-Unis. Ce qui constitue Alberta Cross c’est ce mélange de cultures, de backgrounds, c’est ce qui nous rend riches.

Justement, Terry et Petter sont ce qu’on pourrait appeler le « coeur » du groupe, les membres fondateurs et les compositeurs principaux. Austin, Alec et toi les avez rejoints lorsqu’ils sont venus d’Angleterre aux États-Unis. Quelle est votre contribution à tous les 3 dans la musique d’Alberta Cross ?

Sam : Ce qu’on apporte exactement je ne sais pas, c’est surtout qu’on s’est retrouvés dans une salle de répétition, on a commencé à jouer et BAM là il s’est produit un truc. On est ensemble et ça fonctionne, ça n’a pas d’explication je suppose.

Terry lorsque vous êtes arrivés à New York avec Petter, quelle est la première chose qui vous a marqué ? Ce qui vous a fait penser «  Ça, je peux l’utiliser pour ma musique » ?

Terry : Je crois que c’est la notion de communauté de musiciens, tous ces gens de différents horizons qui avaient tous en commun la volonté de faire de la musique. À Londres, tous les groupes se regardent les uns les autres avec un air mauvais, du genre «  Vous êtes nouveaux, dégagez de là.. » À New York, on te dit « Bienvenue ! », les gens sont intéressés par ce que tu peux apporter, surtout quand tu viens d’un pays étranger. Tous les groupes cherchent un nouveau musicien et c’est un vrai plaisir de jouer avec eux. Le groupe Dead Confederate qui fait notre première partie est génial et je suis très heureux de faire les concerts avec eux. mais les groupes anglais.

De quoi vient, selon toi, cette attitude des groupes anglais ?

Terry : Je n’en sais rien. Je crois qu’ils manquent d’assurance. Par rapport à qui ou à quoi, je ne sais pas. Et puis ils ont quelque chose d’arrogant.

À propos de votre musique, les atmosphères de vos chansons sont en grande partie créées par la voix de Petter. Il a un timbre très particulier, de quelle manière l’utilisez-vous dans vos compositions ?

Sam : C’est définitivement quelque chose de spécifique à Alberta Cross, et Petter utilise sa voix comme un instrument à part entière. C’est aussi lui qui impulse la vibe d’une chanson, parfois il place sa voix d’une certaine manière et on enrobe sa voix avec les guitares de telle manière qu’une histoire apparaît. On est très rôdé à cet exercice, on fait des jam-sessions en permanence et c’est d’ailleurs en grande partie comme ça qu’est né l’album Broken Side of Time .

D’où vient ce titre Broken Side of Time ?

Terry : C’est très lié à notre expérience à New York, à tout ce qui nous entourait à l’époque où on a commencé à composer ce disque. Tout allait mal franchement : on était dans la galère, la guerre en Irak, George Bush . C’est un titre qui reflète notre état d’esprit dans ces moments-là.

Et Paris alors, est-ce que ça vous inspire ?

albertacross_copie Sam : Paris c’est extraordinaire, il y a vraiment quelque chose de particulier ici. Les Français ont un truc avec la culture, un goût très sûr pour ce qu’ils aiment en musique, en cinéma. Il y a vraiment « a french thing ».

Terry : Oui et c’est vraiment beau, presque trop beau même. L’autre jour je me baladais vers le Louvres le long du canal (il parle de la Seine.) et je me disais « c’est vraiment magnifique, mais.où est le gris ? Où est la laideur ? ». Je ne pense pas que je pourrais vivre ici, mais c’est probablement parce que j’ai grandi à Londres, que maintenant j’habite à New York et que c’est chez moi. En fait, ce qu’il faudrait, c’est que je puisse vivre à Paris 1 mois par an.

Moi j’aimerais vivre à New York pendant 1 mois par an aussi.

Sam : Écoute, marché conclu, on échangera nos appartements !

Pour finir, qu’est-ce que vous espérez offrir aux gens qui vous écoutent ? Qu’est-ce que «  l’effet Alberta Cross » ?

Sam : Ce qu’on espère c’est que notre musique emmènera les gens ailleurs, dans un autre monde. C’est à ça que la musique sert selon moi, et je suis heureux de savoir faire de la musique pour ça. Que lorsqu’ils nous écoutent, les gens oublient leurs problèmes, les conneries du quotidien, qu’on les transporte. J’aime beaucoup le fait que nous on soit dans un état d’esprit particulier lorsqu’on compose notre musique, et que lorsqu’une personne l’écoute à l’autre bout du monde dans son iPod, cette chanson accompagne un moment de sa vie à elle. C’est la musique quoi.et je trouve toujours ça magique !

Vous croyez en un amour qui puisse durer éternellement ?

Terry : C’est bien une question de fille.( Rires ) Mais, ma réponse est oui.

Sam : Bien sûr, et comment !

Et dites, vous ne voulez toujours pas me dire de quoi Alberta Cross est l’anagramme ? Même si je jure de ne le dire à personne ?

Terry : Ah non, ça ne serait pas juste ! Et puis de toute façon, quelqu’un va bien finir par trouver.

Sam : Et puis tu sais, c’est quelque chose de tellement extraordinaire que tu ne résisterais pas à la force de la révélation !

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En savoir +

Alberta Cross : http://www.myspace.com/albertacross
Le blog d’Alberta Cross : http://www.albertacross.blogspot.com
Dead Confederate : http://www.myspace.com/deadconfederate

A lire sur Discordance : [Live report à la Maroquinerie (2009)->1397]

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 8 décembre 2009
    louis a écrit :

    Génial l’interview,envie d’aller les voir mtn que je les connais

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