The Agency

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Après avoir vu The Agency en première partie du concert de Brooklyn en février dernier à la Maroquinerie, l'envie était grande d'en apprendre davantage sur ce jeune groupe à la pop colorée et survitaminée. Aussitôt dit, aussitôt fait. François (chant) et Yannick (clavier) se sont prêtés au jeu de l'interview avec enthousiasme. Morceaux choisis d'un entretien aussi sympathique que décalé !

Comment est né le groupe ?

unnamed_2 Yannick : Comme tous les groupes : à partir d’une femme !

François : On est un goupe de vieux amis pour la plus grande partie. Je connais Yannick (l’organiste) depuis le primaire. On avait 9 ou 10 ans. J’ai rencontré Romain un peu plus tard, vers la fin du collège, début lycée. A l’origine, on a formé le groupe sans Yannick. On jouait avec un autre pote, Fabien, qui a disparu depuis ( c’est une image hein, en plus c’est faux puisqu’on le voit fréquemment). On s’est formé en 2005, comme ça, sur un coup de neurone.

D’où vient votre nom de scène ?

Yannick : C’était je crois il y a très longtemps, quand les dinosaures n’étaient pas encore nés. On n’était pas très inspiré, alors on a pris le premier mot du dictionnaire et c’était « agency » parce que le dictionnaire n’était pas très fourni.

François : On composait essentiellement dans l’agence immobilière de mon père. On avait les clés, on enregistrait la nuit. On n’est pas allé chercher super loin, mais en même temps le nom est idéal.

Pouvez-vous m’en dire plus à propos de votre terre d’origine spirituelle, le Kiwiland ?

François : Dans ma tête c’est une île, mais peut-être que ça n’en est pas vraiment une. C’est un espace intérieur, une région mentale qui nous permet de projeter à peu près tous nos fantasmes les plus délirants. Ça nous permet d’ancrer tout le processus créatif, les dessins et les paroles des chansons dans un univers qui apporte une certaine cohérence.

Yannick : Le Kiwiland, je ne le connais pas. Ça n’existe pas, c’est une fabulation inventée par mes deux acolytes. Je ne veux pas savoir !

Le nom « Kiwiland » a-t-il un origine particulière ?

agency1 François : Le nom est venu vraiment naturellement. On a créé un langage imaginaire qui va avec. Les mots sont d’ailleurs totalement indescriptibles et souvent intraduisibles mais c’est un terme qui collait bien à notre univers.

Quelles sont vos principales influences ?

François : C’est très large! Disons que la base de la base c’est les Beatles . Mais ça s’étend jusqu’à Grandaddy, Of Montreal, des groupes plus modernistes. On aime les mélodies, les instruments à vent cassés, les fausses-notes volontaires et les sons qui n’évoquent rien de plus que leur texture.

Yannick : Une fois, je me suis inscrit sur Last fm, j’ai importé toute ma bibliothèque Itunes. Je me suis rendu compte qu’en première position, il y avait les Beatles à près de 5000 écoutes suivis par les musiques de jeux vidéos à près de 2000 écoutes. Donc c’est un mix entre les Beatles et les jeux vidéos Nintendo période 8 bits. Sinon, nous avons des influences beaucoup plus intéressantes, comme le cul du chat. J’adore le cul du chat! C’est un lieu où on peut trouver toutes sortes de choses comme des enfants morts, des poupées mécaniques, des putes à moignons, des grues… La musique en général nous influence, même les plus mauvais groupes peuvent nous influencer : Destiny’s Child, Britney Spears . Mais je pense qu’en ce qui me concerne, la principale influence reste l’émission Next, qui est géniale dans sa nullité.

François: Je tiens à préciser que Yannick pense que les Destiny’s Child sont un groupe entièrement constitué de gnomes catholiques.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour composer et écrire vos chansons ?

François : Le thème le plus récurrent est sans doute l’enfance perdue. Une espèce de nostalgie, parfois mélancolique, de cette période. On ne sait jamais si on a aimé son enfance mais on la revit plus tard de façon idéale, mentalement. C’est un espace d’ouverture au monde qui est incroyable! Tu es hyper -disponible, chaque chose est belle et étrange en même temps. C’est très intéressant de se replonger là-dedans. Ça permet de mêler différentes visions. L’enfance, c’est une fête dont on n’entend que la rumeur.

Na .Votre single est disponible chez Quick One Record en format vinyle. Est-ce une alternative à l’heure de la crise de l’industrie musicale ?

unnamed_3 François : Le format CD devient complètement absurde donc quitte à faire du physique, autant faire quelque chose d’un peu classieux qui permet non seulement de se démarquer mais en plus d’être un vrai espace de créativité. Ce qui est important c’est de redonner du sens à l’objet. Of Montreal ont fait ça aussi avec leur dernier album. Quand tu le commandais tu recevais en plus des produits dérivés : des T-shirts, des posters, des lampes, des choses grotesques…. On va aussi sortir en digital. L’industrie du disque est devenue complètement apocalyptique. Elle mue comme une adolescente arthritique.

Yannick : Ce qui est intéressant c’est qu’il y a beaucoup de DJs qui mixent avec des vinyles donc peut-être que bientôt un futur DJ Zebra mixera nos morceaux ?… Mon dieu, quelle horreur !!!

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre album à venir ?

François : Pour le moment, ce ne sera pas vraiment un album en tant que tel. Ce sera plus des chansons au coup par coup. L’esthétique sera plus proche de celle de Bumpers, le dernier morceau qu’on a mis en ligne. C’est fait à la maison, avec des boîtes à rythmes principalement. L’objectif est de composer et sortir des morceaux avec un vrai souci d’immédiateté, sans plus de calcul (du moins dans la création).

Vous avez déjà pas mal de concerts à votre actif. Quel est votre meilleur souvenir de scène ?

François : Le concert qu’on a fait avec Sourya pour la fête de la musique à la Flèche d’Or il y a deux ans. On devait faire un set commun, jouer des chansons des autres et des reprises, qui s’est transformé en un joyeux bordel psychédélique. On s’est senti porté par la salle. C’était très drôle!

Yannick : Le concert en première partie de Brooklyn était assez chouette. Je me souviens avoir tenté de m’envoler pendant plus de 2 minutes. C’est une des premières fois où le public est vraiment réactif. En fait sur scène, je suis assez tétanisé, je suis incapable de dire quoi que ce soit. Pour retourner la question, les pires souvenirs c’est à chaque fois que je me retrouve devant le micro et que je dois dire quelque chose, il n’y a rien qui sort ou alors c’est des choses du genre : « Ah! Vous me faites peur! Allez-vous en !!! »

Vous cultivez un petit côté décalé et quasi humoristique, notamment sur scène. C’est une volonté de ne pas se prendre trop au sérieux ?

agency2 François : On essaie d’être le plus proche de ce que l’on est dans la vie. C’est un univers qui fait partie de nous, je ne vois pas pourquoi on devrait l’occulter une fois sur scène! On n’est pas là pour se prendre au sérieux. Généralement, le monde de la pop et du rock manque d’humour. Des groupes comme The Spinto Band sont très agréables à voir sur scène donc je pense que le public apprécie aussi ce côté hysterico-euphorique. Même si on essaie de ne pas véhiculer que ça.

En parlant de The Spinto Band, vous avez beaucoup de similitudes avec ce groupe.

Francois : On est assez proches d’eux en général. Ce sont des banlieusards comme nous. On partage un même goût pour certaines couleurs d’arrangements. Ils ne sont pas loin d’être nos cousins américains !

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?

François : Le dernier album d’ Animal Collective est fabuleux. Ils ont une vision moderniste de la musique mais ils n’en oublient pas pour autant la façon de construire une mélodie pop, au sens le plus noble du terme.

Yannick : Comme je fais beaucoup de promo pour Agency, je me suis inscrit sur à peu près tous les sites qui existent. J’ai donc découvert plein de choses parmi lesquelles Eugene McGuinness ou Black Back qui est une espèce de sous- Spinto Band . On passe notre temps à chercher de nouvelles choses ! Je pense qu’avec Internet tout le monde peut faire écouter sa propre musique, mais il y en a beaucoup qui ne devraient pas ! Il devrait y avoir de la censure. Internet est une énorme anarchie !

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Myspace : http://www.myspace.com/theagencyrocks
A lire sur Discordance : [Brooklyn & The Agency à la Maroquinerie->909]

A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

3 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 8 mai 2009
    Perlin a écrit :

    Décidément ! C’est la deuxième interview que je lis. Ce groupe la, The Agency, c’est une réunion de génies, non ? Parce qu’ils sont complètement jetés.

  2. 2
    le Dimanche 10 mai 2009
    Hélène a écrit :

    Comme tous les artistes ils ont leur brin de folie! Mais c’est ce qui fait tout leur charme!

  3. 3
    le Samedi 11 février 2012
    The Agency a écrit :

    Une petite mise à jour pour vous informer que nous avons (enfin) un album. Il s’appelle somnographe et il est ici, ici et la : http://soundcloud.com/wearenotsingular/favorites ___ http://www.deezer.com/fr/music/the-agency/somnographe-1292806 __
    http://www.facebook.com/wearenotsingular

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