Textures

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Il n’y a rien qui va de travers avec Textures. Le combo néerlandais fait de la musique au millimètre, explorant le métal par le biais de polyrythmies tantôt sauvages tantôt atmosphériques.

L’interview du groupe

Nous avons rencontré les très sympathiques Eric et Jochem, respectivement chanteur et guitariste du groupe, juste avant leur concert parisien du 20 avril dernier.

Le chant clair est très présent sur Silhouettes alors qu’il était rare sur vos précédents disques, Drawing Circles et Polars . À quoi est dû ce revirement ?

textures_1-1 Eric Kalsbeek : Si le chant est différent cette fois, c’est parce que j’ai vraiment trouvé ma place dans Textures . Quand je suis arrivé dans le groupe, Drawing Circles était déjà écrit en partie. J’ai dû m’habituer à la manière d’écrire pour poser ma voix. Maintenant, je comprends mieux la musique de Textures .

Avez-vous déjà eu des retours sur votre disque (fans, label, proches) ?

Jochem Jacobs : Beaucoup de gens ont téléchargé notre album, ce qui est une bonne chose.

Eric, poing serré, jure à côté : Les bâtards, les bâtards ! ( Rires )

Jochem continue, cynique : Vous avez ruiné notre carrière. ( Rires )

Eric : Nous avions déjà eu de bons retours sur notre précédent disque. Mais là, c’est encore mieux. Et partout dans le monde. Le nom Textures se diffuse.

Comment avez-vous rencontré Remko ? Avez-vous organisez un casting pour trouver un nouveau bassiste ?

Eric : Non, nous l’avons connu lorsqu’il jouait dans Isle if men, un groupe de jazz-métal technique. Plus tard, il a rejoint le groupe de brutal hardcore, 13 steps bound . Nous avons beaucoup joué avec eux, c’était devenu des amis. Le jour où Dennis (ndlr : Aarts, l’ancien bassiste) a quitté Textures, le groupe de Remko a splité. Nous lui avons alors immédiatement téléphoné pour qu’il vienne jouer avec nous.

Son arrivée va-t’elle donner plus de place à la basse ? On ne peut pas dire qu’elle soit vraiment mise en avant pour le moment.

Jochem : Remko est arrivé alors que nous peaufinions les détails de Silhouettes . Il faudra attendre le prochain disque pour qu’il soit intégré à 100% et délivre plus d’influences. Plus généralement, dans Textures, la musique est techniquement très orientée. Le bassiste suit les guitaristes la plupart du temps. S’il fait autre chose, l’effet est raté.

Silhouettes est plus rapide, plus brutal, plus grave et sans pause, en un mot plus métal que ses prédécesseurs. Etait-ce fait dans le but de toucher un public plus large ?

textures_2-1 Eric : Non, nous voulions simplement faire quelque chose de différent. Si tu prends Drawing circles, tu dois l’écouter en entier pour le comprendre. Si tu ne le fais pas, ça sonne bizarrement. Sur ce disque, les chansons peuvent s’écouter séparément.

Jochem : Ce n’est pas pour autant un cd commercial, ce disque reste complexe. Il est simplement plus facile à écouter. Pour ce qui est du son en lui-même, nous le faisons toujours en fonction de la musique. Drawing Circles était plus discret, policé et d’une certaine manière, plus atmosphérique. Cet album est plus cru, nous avions donc besoin d’un son plus cru.

Vous avez sorti trois albums, pourtant vos dernières prestations françaises étaient toutes des premières parties (Gojira, All that remains, Arch enemy). Allez-vous tourner chez nous en tête d’affiche ?

Eric : Nous avons joué en France en tant que tête d’affiche, il y a quelques années. Malheureusement, ce n’était pas un franc succès. Nous sommes plutôt connus ici mais pas suffisamment. Nous devons nous faire un noyau dur de fans en France. Après, nous jouerons probablement en tête d’affiche.

Avec ce disque ?

Jochem : Peut-être. Nous n’avons pas encore organisé la tournée française. Nous ferons probablement quelques dates chez vous.

La technicité de vos compositions ne vous a-t-elle pas empêché de plaire au grand public ?

Eric : Oui, ça nous limite mais de moins en moins.

Jochem : Nous touchons le public que nous voulons toucher.

Erik : Dans un sens, ça nous aide aussi. Parce que sur le long terme, cela nous rend plus intéressant.

Tu veux dire que les gens restent plus longtemps fans de Textures.

Eric : Oui, ils nous sont généralement plus loyaux.

Pourquoi avoir mis votre album sur Internet avant sa sortie ? Aviez-vous peur du piratage ? Quelle est votre position face à ce problème ?

Eric : C’est du streaming, les gens ne le téléchargent pas, il l’écoute pour pouvoir décider s’ils vont l’acheter.

Jochem : Grâce au téléchargement, nous touchons beaucoup de monde, c’est le principal. Mais c’est vrai aussi que si ça continue, les groupes n’auront plus les moyens de payer un studio, ce qui est nécessaire pour faire un bon disque. Je ne suis pas partisan du téléchargement, mais je ne suis pas contre non plus.

Eric : De toute façon, une grande partie des personnes qui téléchargent nos disques viennent à nos concerts. Et s’ils apprécient suffisamment notre musique, ils achètent nos albums. Ils sont juste plus sélectifs.

Jochem : Et ils achètent d’autres choses que des CDs.

Vous faites allusion à votre Webshop ? Fonctionne-t-il bien ?

Eric : Oui, nous vendons beaucoup de T-shirts. C’est une autre façon de se faire de l’argent pour un groupe. Au lieu de vendre des disques, tu vends des produits dérivés et des places de concert. Globalement, je pense qu’il faut être plus créatif pour vendre des choses maintenant.

Un grand merci à Jess de Listenable Records

Silhouettes – La Chronique

Après les excellents Polars et Drawing circles, le combo néerlandais Textures revient avec un nouvel opus dans la droite lignée de ses prédécesseurs, Silhouettes .

Rien de nouveau à l’horizon. Textures continue son petit bonhomme de chemin fait de polyrythmies, de riffs millimétrés et de grandes envolées atmosphériques. Les plans sont toujours aussi techniques et interprétés avec une rigueur et une virtuosité impressionnantes. Bien sûr, tout n’est pas reproduit à l’identique : le son est plus nerveux, le tempo plus rapide et les guitares sont plus rugueuses.

Mais le changement le plus notable concerne le chant. Même s’il reste prédominant, Eric Kalsbeek a délaissé partiellement les hurlements au détriment d’un chant clair soigné. Toutefois, force est de constater qu’ils noient en partie la volonté du groupe de sonner plus rentre-dedans et moins policé. On peut même aller plus loin et dire que ce changement sera l’obstacle le plus rude à franchir pour les fans du groupe.

La monotonie de ce disque vis-à-vis de ses prédécesseurs ne doit pas faire oublier l’essentiel : Textures est un combo d’excellence, un groupe de métal à la fois consistant et efficace. Il allie des riffs dont l’importance ne tient pas aux notes mais souvent à la rythmique et au groove. Enfin, de larges parties atmosphériques, accompagnées de synthé et de guitares planantes permettent de souffler dans des structures jouissives mais un peu rudes pour le public non averti.

Depuis Polars, le combo a réussi à se démarquer de Meshuggah, combo de référence dans le domaine. Sa technique, de plus en plus répandue, fait toujours aussi mouche : un gros riff fait de notes graves atténuées par des petites mélodies de guitares, parfois dissonantes, jouées dans les aigus.

Quoi qu’il en soit, espérons que ce disque permettra enfin au combo d’atteindre la renommée qu’il mérite. Reconnaissance qui permettra ainsi de les voir passer en tête d’affiche en France au lieu de se coltiner des premières parties parfois médiocres.

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En savoir +

Site officiel : http://www.texturesband.com/‘>www.texturesband.com

Myspace : http://www.myspace.com/textures‘>www.myspace.com/textures

Sur Discordance : http://discordance.fr/Textures-Arch-Enemy.html‘>Live-report du concert du 20 avril

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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