Tell No One

par Antoine|
Certains diront probablement que cette chronique arrive tard, et ils auront probablement raison. Le film n'est plus joué que dans quelques salles et le livre de Harlan Coben est quant à lui un best seller mondial, traduit en 27 langues et vendu à plus de six millions d'exemplaires. C'est dire à quel point nous sommes décalés... Mais mieux vaut tard que jamais.

tellnooneL’idée première était de faire une chronique sur le film. Mais chroniquer un film adapté d’un roman sans avoir lu le roman aurait été dommage. Ceci expliquant cela, parlons donc de l’ensemble.

Ne le dis à personne ( Tell no one dans le texte), c’est l’histoire du Docteur Alexandre Beck, dont l’épouse assassinée huit ans plus tôt, ressurgit brusquement, via un mail codé et une webcam citadine publique. Beck enquête, cherche à connaître la vérité sur la prétendue mort de sa femme. Mais il dérange, et les meurtres liés à l’affaire qu’il tente d’éclaircir se multiplient. Beck est suivi, traqué. Par la police d’abord, qui l’accuse du meurtre de sa femme Margot, puis par un groupe aussi violent qu’inconnu. Le fugitif trouvera en chemin un allié aussi puissant qu’inatendu, un caïd de banlieue américaine. La traque est passionnante, intense. Le suspense est maintenu de plume de maître. Bref le roman est épatant.

L’adaptation cinématographique laisse en revanche sceptique tant elle est paradoxale.

Guillaume Canet rassemble un casting plutôt sympathique ( François Cluzet, André Dussolier, Kristin Scott Thomas ) et l’histoire est dans son ensemble fidèlement retranscrite. Les fusillades de rues des banlieues américaines se transforment en caillassages de voitures de police (spécialité nationale exige) ce qui donne au film sa fidélité par rapport au roman et son originalité de mise en scène. Certains dialogues sont retranscrits textuellement dans le scénario et à quelques infidélités prêtes, l’histoire tient plutôt bien la route.

Disons le franchement, ce film est un bon thriller du début à la fin. Le bas blesse cependant au cours des dernières minutes du film, qui paradoxalement diffèrent complètement du roman. Resté jusqu’à la dernière minute très fidèle, il s’arrête de manière complètement incompréhensible à l’avant dernier chapitre du roman. C’est à dire avant le rebondissement ultime de la traque ! Un peu comme si Robert Louis Stevenson avait arrêté son roman avant de divulguer que Dr Jekyll n’est autre que Mr Hyde, un peu comme si Guillaume Canet n’avait tout simplement pas lu le roman jusqu’à la fin.

Si l’on conseillera le film pour un divertissement de qualité, impossible de comprendre pourquoi une telle discordance s’est glissée entre le roman et l’adaptation.

Le livre reste quant à lui une valeur sûre. Sans l’ombre d’un doute.

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1 commentaire

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  1. 1
    le Lundi 5 février 2007
    Pascal a écrit :

    Je viens de terminer le livre, n’ai pas vu le film mais d’après ce que j’ai pu lire sur le web, c’est clair que les dernières pages du livre donnent un éclairage totalement différent sur l’intrigue de ce thriller…

    Apparamment les changements scénaristiques du film ont reçu la bénédiction d’ Harlan Coben qui y effectue même un petit caméo…

     » Ce qui m’a surpris et comblé, c’est que la plupart des changements apportés par Guillaume fonctionnaient parfaitement ! Il y a plusieurs scènes qui n’auraient pas fonctionné si on avait suivi le roman à la lettre et Guillaume a trouvé une façon unique de leur donner vie. Ses changements m’ont profondément ému.  »

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