Tambour Battant

par Electronic Brain Food|
Ayant eu l'album The Missing Link entre les mains et les oreilles quelques mois avant leur concert explosif du Printemps de Bourges, c'est avec enthousiasme que nous recevons Ben des Tambour Battant et leur manager, dans les beaux canapés rouges du festival.

tanbour2Le duo originaire d’Avignon a été sélectionné en tant que découverte électro d’Île-de-France pour investir la scène du Printemps de Bourges. Ravi de cette expérience, Ben  nous livre ici quelques ressentis, anecdotes, et histoires sur l’origine du groupe.

L’équipe de Tambour Battant c’est …

Ben : Tambour Battant, c’est le duo Ben et Chico, Wapi est notre manager.

Wapi : Accessoirement, je suis MC sur leur album. On se connait depuis le lycée, mais on a commencé la musique bien après. Tambour Battant a quatre ans et la première date a eu lieu il y a cinq ans.

Vos premier lives, vos premières machines, vos premiers émois musicaux ?

Ben : Monsieur Wapi  nous avait fait jouer, il ne nous connaissait pas et il est venu nous chercher chez nous.

Wapi : C’était une after d’ Interlopes, j’ai été chez eux écouter leur son, parce que j’en avais entendu parler. Ça a été une Grosse Claque. C’était l’époque de la drum’n'bass, du techstep, et ils faisaient du son qui tape.

C’était une vocation d’enfance pour les deux batteurs de formation que vous êtes ?

Ben : Oui, on fait de la batterie en autodidactes depuis qu’on est petits. Nous ne sommes pas des batteurs professionnels, mais depuis qu’on est petits on tape. C’est vers l’âge de 18 ans qu’on s’est acheté nos premières machines et qu’on y a retranscrit tout ce qu’on avait accumulé. Aujourd’hui, on tape sur nos machines. La boucle est bouclée…

Votre live des découvertes du Printemps de Bourges, avec les pads, les baguettes, est-ce que c’était l’idée et la forme de départ du projet ?
Comment a-t-elle évolué, glissé jusqu’à maintenant, y a-t-il un absolu musical auquel vous vous référez et qui sert de fil rouge ?

tambours1 Ben : Le live a évolué en même temps que nous finalement, on a toujours eu envie d’intégrer de la batterie sur scène. On a développé le côté live, on a balancé nos propres compos, le but c’était vraiment de faire quelque chose de scénique. Le côté ordis et contrôleur sans prestation, ça ne nous plaisait pas. Ca nous a permis de remodeler notre set pour l’occasion.

Dès le début on a contrasté dans les soirées DJing. Deux mecs qui sortent tout leur matos : il se passe quelque chose…
En salle de concert, le public avait d’autres attentes, il en fallait plus, on voulait garder le coté dance floor et électronique. Il ne nous manquait plus qu’une grosse date pour bosser et montrer le show, ça s’est finalement bien goupillé.

Vous composez de quelle manière et qu’est-ce qui vous stimule : la ville du Q.G. Tambour Battant, un huis clos devant votre ordinateur, une bière, un rêve, trois petits points ?

Ben : Un splif ! Ça me coupe du reste et ça peut me faire avancer. Au niveau de la composition, on est vachement complémentaires, sans méthode de travail. Moi j’ai développé le coté mélodique avec un clavier midi et synthé analogique, Chico est plus dans le mixage, la rythmique.
J’ai tous mes synthés et lui ses percus, on va permuter prochainement.

Dans les featurings, quelle est l’origine des paroles, vous les écrivez ?

Ben : Au niveau des paroles on laisse carte blanche en général, sauf s’il y a quelque chose qui nous dérange.

Wapi : Hum, Hum …

C’était quoi ce « hum, hum », faut tout nous dire !

Wapi : Ils sont assez directifs, Chico  arrive bien à diriger les MCs. En fait « hum, hum » c’était une joke sur les lyrics de Ici la tribu des singes . Pour nous c’était du second degré, mais il y a un clash qu’on a découvert après. Youthman  vs MC Taiwan, qui lui répond quatre morceaux plus tard. C’est pas une blague, ces gars sont vraiment en froid.

Ben : Au début je croyais que c’était moi qu’il taillait… (Rires)

Est ce qu’il y a des sons et des périodes musicales que vous détestez ?

Wapi : le skank reggae de synthés FM ( en l’imitant ), le roulement de double pédales dans le métal.

Est-ce qu’il n’y a pas une influence Warp à travers vos broken-beat ?

Si, bien sûr. On est des grands fans de Squarepusher et d’ Aphex Twin  depuis le début. On écoute de tout, du rock en passant par l’électro, le jazz, le reggae, la house, c’est éclectique. La musique électronique nous permet de rassembler tout ce qu’on aime, et plus ça va, plus on a notre griffe.

Vos impressions et ressentis du concert des Découvertes d’hier ?

Ben : Génial, on s’est régalés. Pure ambiance, public extra et on a eu des super retours. On s’était préparés à ce tremplin et professionnellement, on espère que ça pourra nous ouvrir des portes. On a été short dans la démarche pour faire évoluer le live. On voulait que ça soit frais. On n’en attendait pas beaucoup, et on a eu plus qu’espéré.

Wapi : L’année dernière, on est venu avec Niveau Zéro, un artiste dubstep qui déchire. On est arrivés sans avoir rien préparé, et on n’a pas pu en tirer grand-chose. Cette année, ça tombe assez bien.

Ton idéal de vie dans 15 ans ?

Ben : Je me vois bien dans une belle baraque au bord de l’eau avec ma ganja, ma femme et mes enfants ! ( Rires )

Votre plus beau souvenir musical ?

Ben : La date d’hier soir été l’aboutissement de quelque chose, le début de la reconnaissance après un long moment de travail.

Pour finir, un conseil pour celui qui aimerait se lancer dans la musique ?

Éviter de trop s’inspirer, de tomber dans le plagiat. Je pense qu’il faut se faire un son personnel sans se poser trop de questions, ni suivre la mode d’aujourd’hui. Il vaut mieux faire son truc et se laisser porter. Arriver au bout d’un moment à fabriquer ta propre identité musicale. On parlait de Warp, Aphex Twin, tu reconnais tout de suite quand tu l’entends. Si un jour on se dit, tient ça c’est du Tambour Battant, je serais le plus heureux du monde.

Alors que nous entamons un jam en tapant sur la table, c’est sous le regard intrigué des journalistes d’à côté que l’interview s’achève. Dehors, le soleil brille pour l’avant-dernière journée du festival.

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