Tahiti 80 au Bataclan, un classique comme à la maison

par Calixte|
Paris, 7 avril. Le soleil s’est invité à la capitale, et tout le monde est de sortie. Le pont des arts se remplit peu à peu, laissant présager un agréable jeudi soir. Belle ambiance, grands sourires, température estivale... que d’atouts pour découvrir Paris dans un environnement agréable.

Du côté d’Oberkampf, l’ambiance est similaire. Les terrasses sont bondées, les gens flânent et surtout profitent. 19 h, direction le Bataclan. La salle mythique nous ouvre ses portes ce jeudi à l’occasion du retour sur scène de Tahiti 80. Nouvel album, nouveau set, mais toujours la même ambiance. Live report sur une soirée où les absents feront bien de s’arracher les cheveux.

La salle est atypique, et on sent surtout qu’elle a essuyé plus d’un concert. Le show n’a pas commencé, et pourtant la foule commence déjà à s’approcher de la scène. Un public majoritairement trentenaire, très homogène autant par le style que par la gueule. Chemises, blue jean, et quelques paires de lunettes à la mode geek pour les plus extravertis. Tahiti 80 a son public, et on voit qu’il n’est pas là par hasard. Avec The Past, The Present & The Possible sorti début 2011, le groupe a montré qu’ils étaient toujours de la partie, et surtout qu’ils restaient une véritable référence en terme de pop-rock à la française. Sur scène ? Réponse à la sortie.

Après une première partie qui, osons le dire, nous a laissé un peu mitigé (les voix aiguës, les mélodies aux airs de déjà vu et, pire des choses, trois types qui tirent littéralement la gueule) place à Tahiti 80. Les cinq mecs rentrent sur scène sous les applaudissements et enchainent directement sur leur premier titre. Ils sont à l’aise, décomplexés et filent une pêche incroyable. Et surtout, fait très important, ils sourient.

Dès le premier morceau, l’énergie se fait sentir. Au beau milieu de la foule, on observe les cinq musiciens se trémousser, et ils sont rapidement imités par le public. Et notre voisin de devant semble particulièrement réceptif à la musique de Tahiti 80, ce dernier sautant dans tous les sens. Dans le même temps, son attitude rompt avec les mouvements de tête de la majorité du public. Ce jeune fan en herbe, qu’on aurait pu retrouver à n’importe quel concert de pop pour minettes hurle à chaque transition. Du côté de nos autres voisins, ça reste globalement sérieux. On observe, on sourit et on tape un pied.

Big Day, dans le premier tiers du set, devient le titre déclencheur. Résolument électro pop et entrainant, le morceau décomplexe toute la salle en quatre accords. Notre copain de devant groupie est littéralement en trans’. Notre voisine de gauche, auparavant très timide, s’avère être une choriste hors pair, et notre voisin de droite au look très strict (vous savez, un trentenaire chauve en costume cravate et chaussures impeccables) devient un danseur que nous jalousons en secret. Ça y est, la soirée est lancée.

Durant le set, les musiciens n’hésitent pas à s’échanger les instruments. Le bassiste passe aux machines pour des titres résolument électroniques, le chanteur s’essaie avec succès au piano, le synthé passe dans les mains du batteur, etc. Les gars sont très doués, et chaque changement est pertinent. Changement de musicien, changement de style de jeu, et relance du concert. C’est vivant, rythmé et le type devant moi saute toujours dans tous les sens. On retiendra aussi le cadeau que le groupe nous fait, quand le chanteur nous annonce que pour le prochain titre, Easy (issu de leur dernier album), le nouveau clip est projeté en exclusivité au fond de la scène. On ne voit pas grand-chose, mais l’intention était bonne.

Le concert se termine au bout d’un peu plus d’une heure et demie de set au son de Crack Up, un titre très électronique, sorte d’alchimie très réussie à la LCD Soundsystem, entre le planant et l’incisif.

Entre temps notre voisin de derrière aura réussi à charmer notre voisine de gauche (vous savez, la nouvelle choriste), la preuve que Tahiti 80 en plus d’être le symbole d’une jolie pop à la française, est également une arme redoutable de séduction.

 

Crédits photo : Léonard Porché

 

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