Tagada Jones au Rakan Fest de Milhaud

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Le froid s’est installé confortablement dans les terres languedociennes… Doucement, sans faire de bruit, il est venu s’inviter à sa manière dans le Rakan Fest de Milhaud à quelques minutes de Nîmes. Comme si les Bretons des Tagada Jones l’avaient discrètement glissé dans leurs valises pour nous le balancer fougueusement et sans regret.

l_8b94abcd250b437aaad1961_copieNous aurions dû assister pleinement à cette chaude soirée organisée par Rakan Musiques . «  Nous aurions du » , notez bien l’usage du conditionnel, car après de nombreux détours et déboires la chance aura fini par être au rendez-vous pour ne pas perdre une seule miette du show Tagadesque qui venait clôturer une une affiche punk / rock / métal en succédant à Poutre, Craven, et 10 Rue D’La Madeleine .

Les prestations scéniques des Tagada ne sont plus à présenter : avec des brulots tels que Le Feux aux Poudres, L’envers du Décor et Manipulé, impossible de laisser planer le doute. La fougue, la puissance et l’hystérie dégagées par le groupe, sonnent comme une terrible explosion sonore, mêlant hardcore, métal, punk, électro au-dessus d’un cocktail de revendications sociales et musicales. Hors les mois précédents ont malheureusement fait ressentir les premières limites d’un groupe que l’on annonçait au sommet de sa forme : côté studio d’abord, avec le très décevant Les Compteurs à Zéro sorti en 2008, et enfin avec le départ de Gus (voix et samples) non remplacé, qui enlève une part d’identité au groupe.

Alors forcément dans un tel contexte, c’est à la fois perplexe et excité que nous attendions LE groupe de ce Rakan Fest . Du monde, mais pas de quoi afficher complet : l’innovante salle des fêtes de Milhaud a de quoi rendre jaloux les plus célèbres salles de concert de la région : de l’espace, un matériel neuf, un son net et sans bavure, une configuration parfaite pour accueillir des artistes de tous styles. Après s’être égarées, les guitares rugissantes et saturées envahissent la scène, le show va pouvoir enfin commencer.

l_9b06dc7adf90519e5b23094f8b969faaC’est avec violence que le groupe lance la charge : panneaux lumineux et clignotants affichant symboles et numéros à l’image du dernier skeud, jeux de lumière, ambiance saccadée pour ouvrir le bal. Camisole et La Solution sont les deux premiers morceaux choisis. Cette ouverture plus orientée punk/rock laisse le public à ses doutes, l’entrée en la matière parait presque ratée. Le départ de Gus se fait déjà sentir : on ne peut plus faire à quatre ce que l’on faisait à cinq : Niko se laisse aller, chante beaucoup plus, sa voix est nettement mise en avant alors que les guitares autour de lui sonnent creuses. Il manque ces coups de boutoirs, ces samples, ces terribles rythmiques hardcore qui faisaient un ravage quelques années auparavant.

Ce début manqué va toutefois se faire rapidement oublier : DaBLJU (à comprendre W. Bush) , titre phare du mémorable L’envers du Décors, vient mettre tout le monde d’accord. On retrouve enfin ce que les Tagada nous avaient habitué auparavant. Désobéir vient ralentir la frénésie pour laisser sa place à Pavillon Noir et Combien de Temps Encore ? Ô combien violents. La volonté du groupe de croiser ses expériences sonores à travers ses différents opus est appréciable, mais à chaque fois que la mayonnaise semble prendre, un grain de sel vient coincer la machine.

Une Fois de Trop et D.I.Y, bien qu’avec des textes incisifs, manquent clairement de puissance : on retrouve plus un rock alternatif bien huilé qu’un punk sale rencontrant des subtilités électroniques. Nouveau coup de pompe dans la salle. Ce jeu du yo-yo va être de mise toute la soirée. C’est presque comme un cheveu sur la soupe qu’arrive le track le plus célèbre du groupe, Manipulé . Profitant à nouveau d’une salle surchauffée, les Tagada passent à la vitesse supérieure et se mettent à enchainer les morceaux de haute volée : Cargo, Thérapie, A Qui la Faute, Eco War assomment un public qui n’était visiblement pas prêt à subir un tel assaut. Le métal rencontre l’électro, les mélodies sont fluides, les influences punk indéniables, la voix rocailleuse de Niko donne un nouveau souffle, ça transpire la sueur et la hargne ! Sarko, les OGMs, le capitalisme, le réchauffement de la planète, l’égoïsme de l’homme, tout y passe. Des paroles que l’on aimerait entendre plus souvent.

??l_19b08d16a9cf44678e111cef49016433Enfin, remis de nos émotions, c’est sans surprise que les Tagada nous proposent une fin de set en alternance avec des morceaux de la dernière galette : À Force de courir (moyen) et un Garde à Vue assez détonant. Entrecoupé du dynamiteur Le Feu aux Poudres, c’est dans un fracas sonore que s’achève ce show très carré. L’heure du rappel a sonné, on se dirige lentement, mais sûrement vers la fin de ce Rakan Fest . Un retour fracassant qui va enfin créer l’unanimité : les Tagada Jones ressortent des morceaux mythiques (pour groupes mythiques) avec des perles du bon vieux punk français. Reprises de Jouer avec le Feu des Shériff, Quelle Sacrée Revanche d’ OTH, et enfin Hommage à Parabellum . Comme pour sacraliser cette union (quelle bonne surprise), le groupe fini avec Hold Up (issu du premier album en 1995), Plus de Bruit (1998) et Violence, contre la connerie du hooliganisme dans les stades.

Un bon vieux retour aux sources inattendu qui en aura rassasié plus d’un : les Tagada Jones ont mieux fini qu’ils avaient commencé. Si le dernier album avait été cueilli à froid par la critique, cette performance live ne rattrape que très peu les bonnes intentions des Tagada . Heureusement que les anciens titres étaient là. Le groupe n’a certes pas oublié la recette pour chauffer une salle à blanc, mais l’on ressort malgré tout avec le sentiment d’avoir assisté à un show en montagnes russes, alternant le bon. et le moins bon.

Set List : Camisole, La Solution, ‘DaBLJU:, Désobéir, Pavillon Noir, Combien de Temps Encore ?, Une Fois de Trop, D.I.Y., Un Kulte, Manipulé, Cargo, Thérapie, A Qui La Faute, Eco War, A Force de Courir, Le Feu aux Poudres, Garde à Vue, [RAPPEL], Jouer avec Le Feu, Quelle Sacré Revanche, Hommage à Parabellum, Plus de Bruit, Hold Up, Violence .

Rakan Fest, Salle des Fêtes de Milhaud (30), Samedi 7 novembre 2009.

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Rakan Musiques : http://www.rakan-musiques.com/
Tagada Jones : www.myspace.com/tagadajones

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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