System Of A Down – Hypnotize

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Achèvement du double projet "Mezmerize - Hypnotize" pour le quartet américano-arménien le plus célèbre au monde... Un coup de maître qui restera pour sûr dans les annales du métal.

system-2Six mois. Cela faisait à peine six mois qu’ils nous avaient quittés et ils nous manquaient déjà. Ne souhaitant pas sortir de double album, System of a Down avait donc décidé d’espacer à six mois d’intervalle la parution de chacune des faces de leur nouvel opus. Six mois donc durant lesquels, certains chanceux ont pu les voir en live et pour les autres, écouter et réécouter Mezmerize en boucle.

Soyons francs, la recette de System Of A Down, commence à être connue: de belles voix, de l’engagement, un soupçon de violence et beaucoup de folie. Alors qu’attendait-on d’un album sorti si peu de temps après son prédécesseur ? Rien, puisqu’il était évident qu’une fois de plus ils réussiraient, si ce n’est à nous surprendre, au moins à nous plaire. Et, effectivement, chacun des morceaux d’ Hypnotize a tendance à laisser sans voix….

Dans ces conditions, comment encore faire une chronique digne de ce nom ? Peut-être en essayant de distinguer objectivement, si une quelconque objectivité est encore possible, le pire et le meilleur de chacune des 12 pistes de l’album.

ATTACK : En voilà une qui porte bien son nom. Trois minutes de rythmiques (tant guitares que batterie) impitoyablement techniques, alternant, comme bien souvent, parties calmes et parties plus énervées. Un morceau incroyablement efficace avec un message qui passe sans problème. Une excellente introduction.

DREAMING : Pas de répit. Enchaînement à toute vitesse avec la piste suivante, et on se met à craindre que ce deuxième volet ne soit aussi courte que le premier. Serj (chant, synthé) s’acharne à chanter de façon hyper mélodique sur un rythme martelé, offrant un contraste plus qu’intéressant. S’ensuit une joyeuse cacophonie, ressemblant étrangement à un champ de bataille jusqu’à ce qu’arrive Daron (guitare, chant) pour des parties de chant assez superbes.

KILL ROCK ‘N ROLL : Le meilleur morceau de l’album selon moi – le plus court aussi, ce qui en plus de son phrasé de batterie saccadé, contribue à lui donner un aspect punk. S’ils ont tué le rock, ils l’ont fait renaître de ses cendres aussitôt.

HYPNOTIZE : Une intro douce et magnifique pour une chanson qui fait voyager… Quelques percussions orientalisantes bienvenues dans ce contexte. À noter par ailleurs, le même couplet repris sous différentes mélodies, un passage de maître qui nous emmène progressivement vers la fin du morceau…

STEALING SOCIETY : …Puis, quasiment sans transition, vers le suivant ! À coups de yeah et de all right, de voix superposées, de répétitions et de mélodies accrocheuses, nous voici une fois de plus conquis. Un Daron inquiétant qui chante If I feel like walking you best come along, par-dessus les fredonnements cinglés de Serj, c’est plutôt bien vu. Et toujours, le rythme.. parfait…

TENTATIVE : Aux premières notes, on se croirait revenu au temps du premier album, ce qui n’est pas déplaisant. C’est là qu’on se rend compte que, même si leur style est resté plus ou moins le même, ainsi que leurs thèmes – ici, la guerre- ils ont su évoluer, comme en témoigne le contraste entre les couplets et le refrain, entre les cris et les choeurs.

U-FIG : Après une intro une fois de plus très accrocheuse, on fait un pas supplémentaire en territoire barge. Avec sa suite de mots et de cris quasiment in-chantables, ce morceau témoigne d’un sens de l’enchaînement et des breaks maîtrisé à la perfection !

HOLY MOUNTAINS : Son intro ressemble tellement curieusement à Toxicity, que je pense ne pas être la seule à m’être fait piéger, en concert. Quoi qu’il en soit, c’est un morceau mystique et mystérieux, qui, une fois de plus à tendance à emporter, spécialement grâce à la voix modifiée, qui accentue le côté surnaturel du titre.

VICINITY OF OBSCENITY : Sûrement la plus dingue de l’album, cette chanson apporte une espèce de fraîcheur avec son passage pop-funky plutôt marrant. Originalité et invention, voix suraiguës et passages se transformant presque en un dialecte inconnu, tous les ingrédients pour désorienter et surprendre sont là, même s’ils avaient déjà été utilisés par le passé…

SHE’S LIKE HEROIN : Une nouvelle fois, les voix des deux chanteurs se superposent et s’accordent à la perfection, pour un effet admirable. Les guitares se font spéciales, comme des instruments qui viendraient d’orient – tour à tour violentes, puis caressantes.

LONELY DAY : Une ballade. Aussi curieux que ça puisse paraître. Ils nous en avaient déjà offert une, Roulette, sur Steal this Album, qui, même si différente tant dans le fond que dans la forme, paraissait plus sincère. Lonely Day n’en est pas moins une très jolie chanson, mais elle est très classique, et peut-être en fait-elle un peu trop dans l’émotion.

SOLDIER SIDE : Théâtral à souhait. Et une très bonne conclusion. Provisoire. Ce morceau étant la version longue de celui qui ouvre Mezmerize, vous savez ce qu’il vous reste à faire… Enchaîner sans plus attendre !

Hypnotize & Mesmerize, deux mots différents possédant la même signification. Deux albums pour un seul et même concept. La boucle est ainsi bouclée et c’est un quasi sans-faute pour System Of A Down, qui a une fois de plus réussi à nous bluffer par sa maîtrise, son talent indéniable et par cette beauté pleine de violence et de folie dont on ne se lassera pas de sitôt.

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Site officiel: http://www.systemofadown.com

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

2 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 10 janvier 2006
    Anonyme a écrit :

    Merci pour cette douce analyse

    Niko (le cheval n’a PADAWAN)

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Mercredi 11 janvier 2006
    VIOLHAINE a écrit :

    Elle n’est que modeste.
    Mais merci, cheval sans avoine !

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