Summer Camp | Petit Bain | 24.11.11

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Le Petit Bain est plongé dans le noir, les regards scrutent la scène, plus que quelques secondes et Summer Camp s'executera.

Trois notes de guitare sur la gauche, la foule tourne le regard sur elle-même. Jeremy Warmsley, chemisette rétro, mode guitare activée, traverse le public, suivi d’Elizabeth Sankey, et entame Better Off Without You. Les bruns barbus ont les yeux qui brillent et ne peuvent déloger leur regard d’Elizabeth, dans sa petite robe noire en dentelle au col claudine. Du côté des filles, on se dit – avec une pointe de jalousie – que cette meuf est vraiment trop cool.

Welcome to Condale

La scène enjambée, le batteur sort de l’ombre et Summer Camp nous souhaite Welcome To Condale, titre et nom de leur premier album sorti chez Moshi Moshi Records cet automne. Situé sur aucune carte, le groupe a récemment confié à vogue.com que Condale est un quartier de Los Angeles tout droit sorti de leur imagination. La culture pop des années 60-80 y est reine et les déceptions amoureuses, les conflits et les obsessions adolescentes rythment le quotidien. Nous voici donc prêts à embarquer pour Condale, joli nom finalement pour un camp d’été d’ados où nostalgie, souvenirs et premières fois cohabitent. On imagine aisément Jeremy y jouer de la guitare autour du feu de camp, tandis qu’Elizabeth s’illusionne sur de possibles amourettes.

Culture pop(ulaire)

Dans la vraie vie, la voix d’Elizabeth est aussi puissante qu’une obsession adolescente, Jeremy joue de la guitare électrique et du synthé, et leurs idoles se trémoussent derrière eux sur écran géant. Jeudi dernier, les héros de Dirty Dancing, Footloose, Jailhouse Rock ou encore Teen Wolf dansaient avec nous. Ils étaient là, calés au millimètre près, attendant patiemment leur tour pour briller, le temps d’une chanson, sur celle qui leur avait été attribuée.

Et parce que Summer Camp ne fait pas les choses à moitié à Condale, le king of pop, Elvis Presley a honoré le Petit Bain de sa présence lors de Ghost Train. Le camp d’été ressemble de plus en plus au pays imaginaire où l’on aurait aimé que nos parents nous envoient du temps où l’on était ingrats. Voyage temporel dans les 70-80′s, le français est la langue officielle, avec Jeremy comme maître de cérémonie. A chaque interlude, il s’efforce de manier la langue de Molière, avec un accent so british et dextérité, tandis qu’Elizabeth reste muette, ou se contente de « Merci » et « Je t’aime beaucoup Paris ». Pas timides pour un sou pourtant, Elizabeth et Jeremy redescendent dans le public pour une session acoustique de Losing My Mind.

Pays imaginaire

Le français de Jeremy est accompagné de photos rétro et autres polaroïds des 70′s d’inconnus. Summer Camp manie aussi bien la culture populaire rétro que l’actuelle. Lors d’un long dimanche d’hiver 2008, lorsqu’Elizabeth, alors actrice, et Jeremy, qui était chanteur solo, décident de créer Summer Camp, ils commencent à distiller tout un imaginaire sur la toile. D’abord sur leur blog où photos vintage d’inconnus défilent, puis dans leur premier clip Ghost Train, sorte de teaser pour série américaine des années 70, puis Round The Moon qu’ils illustrent avec les images du film suédois En kärlekshistoria sorti en 1970.

Summer Camp brouille les pistes, Elizabeth et Jeremy s’amusent à raconter qu’ils se sont rencontrés lors d’un camp d’été en Suède. Le duo prend même un malin plaisir à utiliser un traducteur pour répondre à leurs fans en suédois. Au Petit Bain, qu’importe qu’ils soient britanniques ou suédois, Summer Camp a ébloui. I Want You clôt le spectacle et l’on a qu’une envie « us too » pour longtemps dans nos iPods.

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A propos de l'auteur

Image de : Journaliste, Pauline a les yeux qui brillent autant dans une régie télé qu'à un concert de "pop de fille". #meufcool devant l'adversité, elle assume entièrement son addiction à twitter, aux festivals de musique, au baby foot et aux petits wraps. @paulineperinet

2 commentaires

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  1. 1
    Isatagada
    le Mardi 29 novembre 2011
    isatagada a écrit :

    Jolie plume, Pauline :-)

  2. 2
    paulinep
    le Mardi 29 novembre 2011
    Pauline a écrit :

    Merci !

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