Stuck in the Sound

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Après le carton de leur premier album Never mind the living dead, le quatuor indie rock de Stuck in the Sound reviennent en force avec l'attendu Shoegazing Kids, un deuxième opus qui risque bien de faire remuer les foules.

Vous êtes un groupe français qui chante en anglais. Est-ce que vous avez toujours décidé de chanter en anglais?

keikoo_2-2 José: En fait, la question ne s’est jamais posée. Dès que nous avons commencé à jouer ensemble, j’ai chanté en anglais. Déjà parce que ça sonne mieux en anglais, et on fait de l’indie rock donc si on veut respecter la tradition, c’est en anglais que l’on chante et pas en français. Les émotions que je voulais retranscrire dans les chansons devaient passer par l’anglais.

C’est un bon moyen pour s’exporter. ..

Arno: C’est vrai que ça aide, mais ce n’est pas l’objectif premier.

José: Mais notre rêve de gamins c’est quand même de pouvoir aller aux États-Unis et de tourner là-bas.

Oui, d’ailleurs vous êtes partis à New York pour enregistrer l’album, pourquoi être partis si loin?

José : Parce qu’on a contacté un pionnier du son, Nick Sansano qui a travaillé avec des groupes comme Sonic Youth . On avait une idée bien précise de notre son, d’ailleurs quand on a enregistré l’album, on avait déjà notre son, mais il nous manquait cette « petite patte », ce mec qui va poser la couche finale à l’album et comme on est des gros fans de l’album Goo de Sonic Youth, on l’a contacté et il a adoré notre musique. On a passé douze jours avec lui.

Arno: Il nous a répondu super enthousiaste, vraiment à fond sur les morceaux, on a senti que le rock c’était totalement sa culture, et comme il est New Yorkais, il fallait qu’on aille travailler là-bas.

Comment avez-vous vécu cette expérience ? Est-ce que vous n’avez pas eu envie de rester ?

Arno : On a eu envie d’acheter un appart’ à Brooklyn! ( rire général )

José: On veut vivre là-bas, ça c’est clair. On est super contents de faire des concerts dans toute la France, mais au mois de novembre 2009, on se casse ! On part tourner là-bas !

Vos influences sont, comme vous le dites, totalement « indie rock », qui sont vos groupes cultes ?

image001 José : Nos influences viennent surtout des États-Unis. On est de la génération Nirvana, donc ça à démarré dans les années 90 avec tous ces groupes qui ont crée leur propre identité musicale, mais en respectant la tradition de l’indie rock, comme les Rage Against The Machine, les Smashing Pumpkins, Sonic Youth, les Pixies

Emmanuel: Quand on a commencé à jouer ensemble, on cherchait vraiment à faire une musique qui soit à la fois pop et mélodique, qui soit compréhensible par les gens, et puissante. C’est ça qu’on aimait dans ces groupes américains de cette époque-là et qu’on ne retrouve pas forcément dans la scène de la même période en Angleterre qui était plutôt dans la tradition pop. C’est de la musique que l’on a écoutée, mais qui ne nous a pas inspirés.

Pas du tout d’influences anglaises alors ?

José: A la rigueur, Blur, on respectait, mais ça ne nous a pas vraiment touché.

Emmanuel : Ce n’est pas ce qui nous a motivés à faire de la musique, c’est plutôt cette hargne et cette rage des groupes américains qui nous ont fait vibrer quand on était adolescents.

Parlons un peu de votre nouvel album, que veut dire le titre Shoegazing kids ?

José : Sur la pochette il y a cette fille qui regarde par terre, et shoegazing kids ce sont les enfants qui regardent leurs chaussures, les enfants qui sont introvertis, les ados repliés sur eux-mêmes. C’est tous les trucs qu’on a traversés, toi, moi, tout le monde, quand tu te retrouves dans ta chambre, que tu t’ennuies, que t’es en train de réviser ton bac et que la seule chose qui t’intéresse c’est de sortir avec telle personne. C’est toute cette timidité qu’on peut avoir quand on est ado et toute cette phase merveilleuse et difficile à la fois comme les premiers amours, les premiers râteaux, la première boum… C’est forcément quelque chose de personnel, mais ça touche tout le monde, l’adolescence est universelle, on passe tous par les mêmes émotions et ce sont des choses qui vont se répercuter sur ta vie d’adulte.

Vous variez beaucoup les styles dans votre album. Comment faites-vous pour passer d’un style assez pop rock dans Teen tale par exemple, à un rock saccadé à la limite du punk parfois comme dans Gore machine ?

naty165-66 Arno : Je pense que ça vient de la façon dont le groupe fonctionne déjà à la base. On a tous les quatre des cultures musicales et des influences complètement différentes. C’est un mélange de ce que tout le monde apporte au projet final. Il y a différents degrés.

José : Depuis le début on essaie de faire des chansons différentes, mais qui forment une homogénéité dans l’ensemble. On travaille sur la contradiction. C’est la prise de tête ! ( rires )

Et vous alors, est-ce que vous vous prenez souvent la tête ?

Emmanuel : Tout le temps ! on parle énormément, c’est que du blabla !

José : Oui, on passe 60% du temps à parler !

Comment composez-vous ?

Emmanuel : En général on bosse sur des bribes qu’on peut avoir à gauche à droite et on enregistre tout ce qu’on fait dès qu’on répète. Après on ré-écoute et on parle, on parle, on parle… ( rires ).

José : C’est pour ça qu’on s’est appelé Stuck in the Sound . On est un peu des « nerds du son », ou les « shoegazing nerds », même si en live on est pas du tout « shoegazing » ( rires ).

C’est votre deuxième album. N’êtes-vous pas trop anxieux à l’idée que le deuxième album est un peu un tournant dans la vie d’un groupe ?

José : En fait, tu nous aurais posé cette question il y a un mois, on aurait été morts de peur et on t’aurait répondu «On a trop la trouille là, c’est chaud», mais en fait, on a que des bons retours donc ça y est on est rassurés d’un point de vue médiatique. Mais dans tous les cas, même si on avait eu des mauvaises critiques, on est super fiers de cet album.

Emmanuel : Mais l’anxiété du deuxième album tu peux l’avoir avant de le créer. Là en l’occurrence, on ne s’est pas pris la tête en se disant «Bon, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire ?»

Arno : On s’est même pas dit «qu’est-ce que les gens attendent de nous ?», on a vraiment fait ce qui nous faisait plaisir.

Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

José : En fait, on a toujours un peu des thématiques récurrentes, mais dans l’album précédent, elles sont moins assumées. Ça fait six ans qu’on joue ensemble donc forcément notre passé se répercute dans cet album.

Le titre Gore machine est intriguant… De quoi ça parle ?

José : Problèmes parentaux. Aussi simple que ça ! ( rires ). C’est le fils qui dit que son père est une « machine gore »… C’est quelque chose de très violent. Il y a deux phases dans la chanson, une phase hyper violente et viscérale et une phase de regrets ensuite.

Emmanuel : C’est sûrement la chanson la plus violente de l’album, que ce soit dans la musique ou dans les textes.

Vous avez choisi de sortir Ouais en 1er single, pourquoi ce choix ?

stuck_ouais José : Les gens pensaient qu’on allait forcément revenir avec un Toy Boy 2, un autre gros tube, et le fait d’arriver avec Ouais, un single de cinq minutes qui n’est pas du tout facile d’accès, surtout d’un point de vue formatage radio, montre qu’on a évolué.

Le titre en français est-il un petit clin d’oeil à vos racines ?

José : Non, même pas! Quand on a composé ce titre et que j’ai posé mes premières voix au micro, j’ai sorti « ouais » instantanément. J’ai donc décidé de le garder comme un mot qui n’aurait pas de sens. C’est de l’auto-persuasion…

Arno : Quand tu te répètes que tu vas y arriver.

José : En plus on le dit assez souvent dans la langue française !

Arno : Maintenant ça va nous être associé, dès que quelqu’un dira « ouais » il pensera forcément à Stuck in the Sound ( rires )

José, on te compare souvent au chanteur des Cure, qu’est-ce que ça te fait ?

José : Ça me fait très plaisir ! C’est quelqu’un que j’adore, en fait on se voit assez régulièrement, à chaque Noël… On se fait des petits cadeaux… Il m’offre des sweats à capuche noirs et moi je lui offre du maquillage… On a une relation très fusionnelle ! ( rires ). Non, ça me fait plaisir, bien plus que lorsqu’on me compare au chanteur de Muse … Je ne comprends pas vraiment pourquoi en fait !

Le 29 janvier vous jouez à la maroquinerie. Êtes-vous impatients de tester votre nouvel album sur votre public ?

Arno : En fait on a un peu triché, il y a un mois on était à La Réunion pour tester les premiers titres !

Et il y a eu une bonne réponse ?

Arno : Très bonne réponse !

José : Mais ce n’est pas le public parisien le plus difficile pour nous, au contraire ! Quand on fait un concert à Paris, c’est le public qui le fait ! Ils font plus de bruit que nous !

Oui, on peut voir une vidéo live de Toy Boy sur votre Myspace où ça bouge vraiment pas mal ! C’était à Paris ?

José : Non, c’était à Amiens, à la Lune des Pirates.

Emmanuel : C’était limite le meilleur concert qu’on a eu sur toute la tournée ! (affirmation générale)

Est-ce que c’est un moment que vous aimez la tournée ?

visuel_album José : Oui carrément ! C’est cool d’arriver dans une salle, de rencontrer les gens, le staff, d’avoir cette petite peur que le concert ne le fasse pas, que le public ne soit pas au rendez-vous et puis au final de faire la fête parce que c’était un super concert !

Arno : Tous les soirs on part un peu en guerre pour conquérir de nouvelles personnes et donner le maximum de nous-mêmes.

Est-ce que vous êtes disponible pour votre public, est-ce que vous allez le voir ?

Emmanuel : Quasiment tout le temps, après le concert. Ça dépend des gens, mais généralement t’as qu’une envie c’est d’avoir la réaction à chaud du public.

José : Moi j’aurais aimé que des musiciens que j’adore viennent me parler quand j’étais petit. Donc je le fais automatiquement sinon je me sens coupable.

Arno : On a aussi une fanbase qui est très présente et très motivée, qui va coller des affiches et des stickers. C’est marrant de voir tout cet entrain.

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?

Emmanuel : Moi le groupe que j’écoute énormément en ce moment c’est Of Montreal, c’est de la pop mais complètement barrée ! C’est bizarre…. assez fou ..( rires )

José : Moi j’écoute que du rap, genre Seyfu, mais aussi le groupe de mon frère dont je suis fan, I am un chien avec qui on fait quelques dates pendant la tournée.

Alors si on résume votre état, vous vous sentez confiants pour la tournée, confiants pour l’album…

Arno : Oui, et positifs aussi…

Emmanuel : Et excités…!

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A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

11 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 3 février 2009
    Oph a écrit :

    J’aime beaucoup le « avec Robert Smith on s’offre des petits cadeaux », le coup des sweat à capuche et du maquillage, ca prouve vraiment que les SITS ont aussi de l’humour (en plus du talent et de la disponibilité)
    Merci pour cette itw :)

  2. 2
    Nicolas Brunet
    le Mardi 3 février 2009
    nico a écrit :

    Ouais.

    J’en profite pour mettre leur dernier bébé, le clip de Ouais :

    http://www.dailymotion.com/video/x88rme_stuck -in-the-sound-ouais_music

    Réalisé par David Fontao, le frère de José et Raphael Lopez.

  3. 3
    le Mardi 3 février 2009
    Clara a écrit :

    Tu fais bien! Merci pour le lien :)

  4. 4
    Phil A.
    le Mardi 3 février 2009
    Phil a écrit :

    Ahaha ! C’est une retranscription énorme !:D … c’est bon de voir des mecs qui se donnent à fond comme ça pour notre plus grand plaisir ! Et en plus ils sont droles :D … j’ai bien rit même si je n’y étais pas :) . C’est cool !

  5. 5
    le Jeudi 5 février 2009
    Anousonne a écrit :

    Hey,

    Session de rattrapage pour le concert de Stuck In The Sound à la Maroquinerie.
    Grandcrew a filmé le concert et nous le propose gratuitement en pure qualité!
    Un concert à la fois complet car sold-out mais aussi complet sur scène : pogos, slams, sueur, intensité et un son rock très pêchu!
    Le lien est par ici :
    http://www.grandcrew.com/videos/82

    Enjoy !!

  6. 6
    le Jeudi 5 février 2009
    Oph a écrit :

    et pour ceux qui voudraient vivre ca rapidement et qui ne veulent pas attendre le bataclan, RDV le 14 février au Plan’

  7. 7
    le Jeudi 5 février 2009
    Clara a écrit :

    WOOO trop bien le lien ! Merci Anousonne :D

  8. 8
    le Vendredi 6 février 2009
    Rod a écrit :

    et nous on a filmé leur premier live de la tournée (a l’emb) :)

    http://www.le-hiboo.com/8681

    Chouette interview : j’en avais fait une aussi, mais mega flemme de la retranscrire. et elle etait pas aussi bien, donc parfait :)

  9. 9
    Pascal
    le Vendredi 6 février 2009
    Pascal a écrit :

    Très très bon taf Rod (et les autres)…

  10. 10
    le Dimanche 8 février 2009
    Clara a écrit :

    Excellent Rod !! Merci pour ces images :)

  11. 11
    Nicolas Brunet
    le Lundi 9 février 2009
    nico a écrit :

    Ouep Rod et Alain font du très bon boulot avec leurs joujous. Moi je prends que pour le fun. Et tout le boulot de montage me fait fuir ;) On ne peut qu’etre admiratif devant ce boulot!

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