Stars of the lid – And Their Refinement of The Decline

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Stars Of The Lid est, comme vous devriez tous le savoir, un duo composé par Brian McBride et Adam Wiltzie (Windsor For The Derby). Duo qui peut se targuer de posséder maintenant une certaine assise dans le milieu de l’ambient, un genre aussi connu par l'auteur de ces lignes que celui de la vie sexuelle des opossums au Honduras.

stoflCependant, nul besoin d’être un expert de la chose pour apprécier la dernière sortie de la paire américaine, double album conséquent et majestueux de deux fois soixante minutes, portant le nom d’ And Their Refinement of The Decline .

Car si la musique créée par Stars Of The Lid ne se révèle pas aussi vite qu’un Usain Bolt sous ecstasy, l’attention, la concentration portée à cet effort pendant plusieurs écoutes payera à coup sûr. Brian McBride a révélé un jour dans une interview qu’ils avaient choisi ce nom de groupe en référence à  » ton propre cinéma, celui disposé entre ton oeil et ta paupière « . Et toute la force de ce duo réside ici, dans sa capacité à créer une histoire. Un flux et reflux de nappes sonores finement ciselées, résonnant alors dans l’infini, et construisant un univers, un cocon si puissant qu’on aimerait se jeter dedans à bras ouverts, s’y installer, y vivre.

Le travail sur le son est remarquable, car précis, fin, pur et permet alors au duo de faire naître de somptueuses mélodies, souvent mélancoliques, de celles qui désarment et vont droit au coeur. Un voyage de deux heures porteur d’une certaine quiétude, de ce sentiment diffus de mélancolie et de nostalgie, réconfortant, flottant, foetal, chaleureux; un sentiment déjà transmis par les couleurs chaudes de l’artwork, mais difficile à cerner, car mystérieux, céleste et toujours plus proche des étoiles.

Silencieux, mais pourtant grouillant de vie. Jamais une musique n’avait paru si évocatrice, suggestive, aussi magnifiquement cinématographique, les images défilant avec une facilité déconcertante, et cet album ne devient alors en définitive qu’un noble support pour y construire ton propre film. Un support grandiose, épique, mais toujours juste et jamais grandiloquent, rappelant les travaux de Gavin Bryars, pour sa capacité à hypnotiser, à captiver, à amener loin, bien plus loin qu’on ne le pensait.

Une épopée qui se conclut par l’imposant December Hunting For Vegetarian Fuckface  » (titre génial), final d’une vingtaine de minutes incroyablement ensorcelant, magnétique et prenant, pour un album absolument magnifique, à classer parmi les sorties les plus vitales de ce début de siècle.

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Stars of the lid  » And Their Refinement of the Decline  » ( Kranky, 2008)

Myspace : http://www.myspace.com/starsofthelid

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2 commentaires

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  1. 1
    Yves Tradoff
    le Mercredi 28 octobre 2009
    Yves a écrit :

    A la question « à quoi sert ce foutu forum? », tu viens d’apporter une réponse fabuleuse : parler de la vie sexuelle des opposums. J’espère que tu prendras quelques minutes pour nous exposer tes thèses sur le sujet.
    Plus sérieusement, j’avoue avoir du mal à écouter Star of the lid sans me faire chier. Je reconnais que leurs sons sont agréables, chaleureux etc. mais je ne vois pas ce qui peut permettre de s’en satisfaire. Le problème se pose de la même façon pour Sunn o))); leur « musique » a peut-être une dimension physique sur scène mais sur cd cela reste des drones nus, sans sections rythmiques et sans fins.

  2. 2
    le Jeudi 5 novembre 2009
    Pacush Blues a écrit :

    ouais, je pensais de la même manière que toi au début, j’avais juste chopé ce skeud histoire d’avoir un fond sonore lorsque je bossais.

    et puis, petit à petit, j’ai commencé à m’y attacher, à l’écouter vraiment attentivement, et c’est là que toute la puissance de ce groupe ce révèle. Je veux dire: c’est vraiment en se plongeant dans cette musique, en s’imaginant une histoire, un paysage, en y calant une image mentale qu’elle prend tout son sens. Effectivement, ça pourrait aussi très bien faire musique d’ascenseur, mais j’ai réellement l’impression qu’il faut la voir à un double niveau, un peu comme la musique de Boards Of Canada, dans le sens où elle peut paraître anodine au premier abord, mais qui renferme une intensité incroyable.

    ça me fait penser qu’en interview, ils répétaient sans cesse que leur musique était faite pour s’endormir, pour rêver.

    ce groupe tourne assez peu, et, en concert, ne joue pas sur la dimension physique comme Sunn O))). C’est encore plus lent, mais le duo est souvent accompagné par un quatuor de cordes, je crois. Du coup, je trouve que le problème est différent pour Sunn, parcque l’intêret de ce groupe réside uniquement sur scène, avec un volume sonore hallucinant.

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