Sporto Kantès | Toulouse | Dynamo | 12.04.2012

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Rentrer dans la Dynamo ce jeudi soir pour apercevoir Sporto Kantès ne fut pas chose aisée. Comme si un tyranosaure tentait de faire une teuf dans une boîte à chaussure.

Le public compressé autour de la scène à hauteur de genoux est à l’image du duo (pour l’occasion un duo au carré flanqué d’un batteur et d’un guitare-claviériste) qu’il est venu écouter : des trentenaires et quadras décomplexés, pour la plupart chauves ou coiffés de chapeaux mi-Borsalinos, mi-hobo. Pour la première fois dans sa vie de pèlerin de concerts, ô surprise , l’humble chroniqueuse, auteur de ces quelques lignes, apprend que la première partie (un DJ local diaphane baptisé Nicorus) clôture la soirée et que les Sporto entâment le concert à l’heure des poules. Les spectateurs se compactent donc dès 21 heures. La reporter se retrouve donc coincée en arrière salle, projetée en arrière régie, scotchée au pilier du bar. Ainsi le concert se vivra sans mirettes. Juste avec les écoutilles. Mais au pays des aveugles de concert, les biens entendants sont aussi rois. Ainsi, aucune miette du show de Benjamin Sportès et Nicolas Kantorowicz n’aura été perdue.

Une première chose frappante pour ce concert de présentation de l’album 4 avec le public toulousain. Ce groupe d’électro est libre. Tellement libre que le show fait la part belle aux instruments sur les samples, à la folie furieuse de Sporto Kantès sur la mélodie. On guette les moments où les deux drilles s’époumonent entre deux échantillons samplés de répliques de films de Rouch, de bandes-annonces en anglais, de gimmicks et private jokes. Dans ce joyeux bordel sonore, chacun des spectateurs aura pu picorer un bout de groove, deux pincées de reggae et pas mal de rock oldy. Sporto kantès s’inscrit à la fois dans la tradition du rock français barré, avec une présence généreuse sur scène et un show sautillant (qui aura pu être constaté en sautillant soi-même par dessus les crânes et les chapeaux). Sporto Kantès dégage la belle énergie que pouvait par exemple déployer des formations comme la Mano Negra.

Un concert vibrant, dansant surtout à l’écoute des morceaux phares de Sporto Kantès ; des chansons avec des loops entêtants, que l’on veut réécouter une fois le dernier couplet consommé. Des tracks comme Lee (générique de la série Kaboul kitchen) ou Whistle (pub pour une marque de voiture) que tout le monde a déjà entendues, mais dont la paternité est fraîchement connue du public. Lee a été composée il y a huit ans. Elle a connu sa notoriété il y a quelques mois avec la diffusion de Kaboul kitchen et est aujourd’hui numéro 2 des ventes dur iTunes, d’après le groupe.

Pas besoin de bien connaître Sporto Kantès pour apprécier pleinement le show. A moins que l’on tienne absolument a scander les refrains de la setlist. Sporto, c’est l’effet Kisscool de la scène éléctro décalée actuelle. Surprenant dans sa façon de combiner des styles classiques et connus. Un peu comme si l’on apercevait un jour Jacques Dutronc danser la Lambada avec les Beach Boys. Frais quoi !

Crédits photo : Thomas Belet

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A propos de l'auteur

Image de : L'année où Pao naquit Kiss sortait Assylum, NOFX pressait son premier EP, Bashung enregistrait son premier album live et Leonard Cohen prenait Various positions. Nourrie en plein air aux songs de Creedence Clearwater et des chansons de Brassens, Pao qui n'avait pas de talent particulier pour un instrument a quand même eu envie de faire du bruit en tendant l'oreille et portant la plume. Journaliste nomade, fan de rock et de l'Amérique latine, elle a posé ses valises à Toulouse. Elle est aussi co-fondatrice du site d'info www.leplumitif.fr

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