Splendide retour pour Arman Méliès @ La Maroquinerie | 13.05.2013

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Excellente prestation d’Arman Méliès à la Maroquinerie, pour un retour très attendu.

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Il y avait du beau monde à la Maroquinerie en ce lundi de mai pour le 1er concert public d’Arman Méliès depuis la sortie de son nouvel album, sobrement intitulé IV : Julien Doré, Florent Marchet, AV, ou encore Benjamin de Lilly Wood And The Prick s’y étaient donné rendez-vous ; peut-être même Joseph d’Anvers, Albin de la Simone, La Fiancée ou encore Melissa de Granville qui auraient été aperçus dans le public. Il faut dire que la soirée avait de quoi faire se déplacer les foules, et ce malgré la concurrence d’Alex Beaupain au même moment sur la scène de l’Olympia.

Avant le début de la première partie, la Maroquinerie a l’excellente idée de diffuser High Violet de The National dont on a eu la chance d’écouter le successeur, Trouble Will Find Me à ne pas manquer lors de sa sortie le 20 mai prochain.

Robi, qui ouvre pour Arman Méliès, bluffe l’assemblée. Si, comme son nom ne l’indique pas, Robi est une femme, elle ne cherche jamais à séduire autrement qu’à travers sa musique qu’elle envoie en pleine gueule. Paradoxalement habitée et en même temps, toute en retenue, sa pop sombre en français fascine, assénée d’une voix – une grande voix – aussi sobre qu’impressionnante. Les deux reprises qu’elle a choisi d’interpréter (Lolita nie en bloc de Noir Désir et Il se noie de Trisomie 21), en plus des titres de son premier album L’hiver et la joie, sorti en février dernier, en disent long sur ce qu’elle a dans les tripes. Grosse découverte.

Robi Maro by Isatagada 1010527

La salle est chauffée à blanc lorsqu’Arman Méliès fait son entrée. Sur un temps qui paraîtra trop court à tous ceux qui avaient patienté longtemps avant de le voir à nouveau sur scène, ce n’est pas un show promo mais un set beaucoup plus varié qu’il offrira à ses soutiens les plus fidèles. Au rang des nouveautés, quatre extraits de IV sont livrés dans un habillage qui fait presque oublier à quel point le synthé est prépondérant sur le disque. Outre les grands talents de guitariste d’Arman Méliès – qui n’a jamais l’ai plus heureux que lorsqu’il s’éloigne du micro pour des solos mémorables –,  Loïc, son batteur historique qui officie également avec M83, est tout bonnement exceptionnel. Si la version live de Mon plus bel incendie a visiblement besoin de se roder davantage, Dans la cendrée et plus encore Rose poussière sont proprement enthousiasmants tandis que Silvaplana fait l’effet d’un tsunami avec une fin crescendo trippante à souhait et une batterie qu’on n’aurait jamais cru pouvoir être exécutée aussi parfaitement en concert. Une véritable épopée fantastique, du genre à vous faire décoller et à vous donner des frissons partout.

Pour le reste, Arman Méliès a poursuivi la démonstration évidente de l’étendue de son talent entre morceaux acoustiques qui permettent à la beauté mélancolique de son chant de s’exprimer pleinement et réarrangements très réussis de titres plus anciens. Au rang des highlights, on a été transportés par une très belle version de Casino mais surtout par une étonnante et magnifique version de Fuir. Démarrant par des beats électro inattendus sur ce titre, le morceau lent et planant sur Les Tortues Volontaires se transforme en tube hyper rythmé façon Kids in America (Kim Wild) ponctué par une batterie (toujours elle) d’une classe et d’une efficacité redoutable avant de laisser la place à un Arman Méliès qui emportera sa guitare vers des sommets jouissifs, pour un final emballé qui laisse sans voix.

Un set forcément trop court encore une fois pour un artiste qui apparaît plus complet que jamais et dispose aujourd’hui d’un répertoire si riche qu’il ne pourra plus désormais engendrer que d’immenses frustrations.

Si on avait quelques menues réticences à propos du disque, cette Maroquinerie aura tout balayé d’un bloc.

A voir en concert absolument.

 

Photo (c) Isatagada.

Galerie photo Robi : http://www.flickr.com/photos/isatagada/sets/72157633495609648/

Galerie photo Arman Méliès : http://www.flickr.com/photos/isatagada/sets/72157633479901501/

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A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

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