Spleen – Comme un enfant

par Domino|
Un enfant, c'est plein de bonne volonté. Ça veut tout voir, tout faire. Mais un enfant ça fait aussi des bêtises. Ça joue un peu de certains clichés... Et c'est imparfait, ça a plein de choses a apprendre. Ça doit tout simplement grandir. En se disant tout ça, on se dit que le deuxième album de Spleen porte bien son nom.

spleen Comme un enfant, c’est le deuxième album de Spleen, un grand black qui se définit comme faisant du hip hop/folk (original n’est-ce pas). Véritable touche-à-tout musical, il y en aura pour tous les goûts. De quoi prendre peur en se disant que voilà encore un gars sans personnalité qui bouffe à tous les râteliers… Pas vraiment même si au fond, malgré une très bonne volonté et une sincérité palpable, notre ami à tendance à se perdre en voulant trop s’éparpiller.

Spleen est plein de joie de vivre et de bonne humeur. Ici pas de textes noirs ou d’ambiances sombres. De la lumière et des sourires aux lèvres.

Spleen, malgré son nom et une certaine mélancolie toute relative, donne du bonheur. Les deux premiers titres font bel effet. Love dilemme fait sourire doucement par sa petite histoire, et son rythme funky accrocheur. La plume du monsieur est maitrisée, l’écriture est des plus agréables, sonne bien, les mots sont bien choisis. Musicalement la première partie de l’album jusqu’à Tu l’aimeras, titre imparable tant dans son ambiance, que dans cette voix de crooner ne souffre d’aucun reproche.

On est surpris, chatouillés, intrigués par le bonhomme. Il distille un joli univers, rempli de touches agréables, de mille références musicales, et avouons-le, cette fraicheur fait du bien. Fraicheur finalement assez relative, car passé ce fameux Tu l’aimeras  il ne se passe plus grand-chose de très excitant.

Les petites choses « enfantines  » qui nous faisaient sourire deviennent alors… Insignifiantes, horripilantes, gnangnan, tout particulièrement sur le titre Mama Capella dont les  » Maman maman maman  » en arriveraient à donner de l’urticaire à une puéricultrice. Même effet pour les voix en arrière-plan de Junk Food . Ça fait sourire au début, mais cela devient vite stressant.

Au final, on se dit qu’à trop vouloir en faire, à trop vouloir en mettre partout et à vouloir prouver son ouverture musicale à tout prix (ce qui n’est pas un mal, loin de là, surtout à notre époque), Spleen  se disperse et à vouloir courir plusieurs lièvres à la fois, il n’en attrape aucun.

Boulimie musicale qui mène finalement à un problème : l’album ne passe pas avec brio le cap des écoutes multiples. Charmant à la première, gentil à la deuxième, tolérable au bout de plusieurs, il y a peu de chances qu’il devienne votre album de chevet. Il n’en a certes pas la prétention mais c’est dommage qu’il ne se soit pas concentré sur une voie plus précise.

Mauvais album ? Peut-être pas, mais moyen de toute évidence. Néanmoins Spleen reste à surveiller, car, comme un enfant, il va surement grandir et ce petit potentiel a de grandes chances de devenir quelque chose de très bon s’il sait bien l’exploiter.

En attendant son adolescence, vous pourrez toujours revenir à petites doses sur cet album qui renferme quelques jolis moments.

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Spleen, Comme un enfant, Mercury, 2008

MySpace: http://www.myspace.com/mynamespleen

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