Soutien à la Casa de Clovni

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Sortir les enfants des rues roumains de l’analphabétisme par les arts du cirque, leur offrir une seconde maison et des soins: voici l’audacieux pari de la Casa de Clovni, installée à Timisoara.

casaUn concert de soutien à cette belle initiative aura lieu le 25 octobre au Jardin Moderne, à Rennes, en présence de nombreux artistes du cirque ou de la musique. Animatrice à la Casa, Enora Azé nous explique la démarche et les défis de son travail en Roumanie. « Héritiers du système totalitaire de Ceausescu, ils se sont trouvés être aussi les premières victimes de la transition démocratique et libérale. Confrontés à la paupérisation de leurs familles dans les villages, en inadéquation avec la vie dans les centres de placement, ces enfants n’ont trouvé d’autres solutions que la fuite dans la rue. »

D’où est partie l’initiative de la Casa de Clovni ?

La Casa de Clovni (Maison des Clowns) est née de l’initiative de jeunes Français et Roumains qui participaient depuis quelques années à un projet nommé Scoala de Clovni (l’Ecole des Clowns) et qui proposait des ateliers de cirque l’été aux enfants de la communauté Rom de Hateg situé environ 300 kilomètres au nord de Timisoara. La Scoala de Clovni est elle même née à la suite de la rencontre de jeunes français en séjour linguistique, tout ceci à l’initiative de l’association de coopération Quimper/Santamaria Orlea, pays de Hateg puisqu’il existe un jumelage entre Quimper et la commonu (commune) de Santamaria Orlea en Roumanie.

Quel rôle avez-vous dans la structure et qui sont les autres bénévoles ?

J’ai participé à la Casa de Clovni pour deux sessions, automne 2005 et printemps 2006. J’avais pour fonction principale celle d’intervenante Théâtre et pour fonctions régulières, entre autres et comme tous, cuisinière, éducatrice de rue, professeur de français, monteuse de chapiteau, oreille à l’écoute, animatrice d’activités artistiques, manuelles… Au total plus de 45 animateurs sont passés à la Casa : Roumains, Français, ou Espagnols ayant des parcours divers dont des animateurs, éducateurs, étudiants en psychopédagogie, artistes de cirque, de théâtre, musiciens….

Quelles difficultés avez vous rencontré dans vos actions ?

Les principales difficultés sont d’ordre financier aujourd’hui, la Casa de Clovni n’a plus assez de financements et il nous est insupportable d’avoir à dire à ces jeunes pour qui nous sommes le seul recours, la seule écoute, le seul regard bienveillant, que nous devons arrêter parce qu’encore une fois ils ne sont pas une priorité pour la société. Le regard de la population et les entraves des différentes autorités ont petit à petit laissé place à de la compréhension, voire du soutien, mais la situation est fragile. La preuve en est le non renouvellement de l’autorisation de s’installer dans le Parc des Roses, siège de la Casa de Clovni depuis sa création, et les violences policières dont ont été victimes les enfants et jeunes en début d’année.

Avez-vous reçu le soutien de personnalités ou d’élus locaux ?

Le Centre Culturel Français de Timisoara soutient notre action, communique à son sujet, co-organise des manifestations avec les jeunes sous le Chapiteau de l’association et nous a même accueilli dans ses chaleureux locaux pour permettre des projections de films de Charlie Chaplin ! La municipalité nous a soutenu puis nous a fait comprendre qu’il était temps de déménager. Aujourd’hui la Casa se situe dans l’enceinte d’un musée grâce à un soutien du Conciliu Departemental (équivalent du Conseil Général). Nous avons reçu également l’aide de la Protection de l’Enfance et d’une association s’appelant Connexiun .

Comment les arts du cirque ont pu participer à vos actions d’alphabétisation ?

item-2Le cirque a été une formidable accroche par le chapiteau, lieu magique aux murs « mous », en opposition aux diverses institutions classiques, et par l’attractivité des instruments au cours des sorties effectuées le soir dans la rue : des saltimbanques en monocycles proposent de faire essayer leurs « jouets ». Mais au delà de cela, le plaisir de réussir à apprendre quand vivre rime avec échec, a permis à certains de se revaloriser et de prendre confiance en leurs capacités d’apprentissage, faisant un pied de nez à la fatalité. Les spectacles et les parades ont permis également aux jeunes de porter un autre regard sur eux-mêmes mais aussi à la population locale de porter un autre regard sur ce phénomène d’exclusion.

Est-ce une discipline très répandue en Roumanie ?

Depuis la chute du régime de Ceaucescu, de nombreuses associations se sont implantées en Roumanie dans le domaine de la protection de l’enfance en utilisant le cirque. La plus connue est PARADA qui travaille avec les jeunes et enfants des rues à Bucarest.

Quelles activités pensez vous financer avec les bénéfices de cette soirée au JM ?

Avec les bénéfices de cette soirée nous comptons financer une partie du fonctionnement de la session en cours ( repas des jeunes, retours en famille , soins médicaux). Nous comptons également sensibiliser au système du parrainage qui permet d’offrir un appui régulier et qui, même si pour chaque individu paraît symbolique, apporte une partie du fonctionnement et, nous le souhaiterions, permettrait enfin de salarier un animateur roumain de manière permanente.

Comment s’est fait le choix des artistes y participant, connaissaient-ils le projet ?

Le choix des artistes s’est fait assez naturellement dans le sens où l’idée d’organiser cette soirée à peine née, déjà des artistes se manifestaient! Cependant il faut noter que certains des artistes participants ont eux même été bénévoles à la Casa de Clovni : c’est le cas pour Victor et Cie et la compagnie Dédale de Clowns . Certains autres sont de vieilles connaissances du projet ( Les Gens de la Hume ) et pour tous les autres, de fil en aiguille et de bouches à oreilles, ils ont offert leur présence et leur talent pour nous soutenir! La Casa les remercie vivement et chaleureusement. Un Grand remerciement au Jardin Moderne qui nous accueille dans des conditions tout à fait exceptionnelles avec une générosité incroyable et un clin d’oeil à Xavier sans qui cette soirée n’aurait jamais eu lieu.

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3 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 22 octobre 2008
    Dom Langlois a écrit :

    Mais il est vraiment terrible cet article…
    Vraiment une belle initiative !!!
    A encourager au maximum.

    Merci a vous.

  2. 2
    le Dimanche 13 septembre 2009
    louis-philippe l'ecuyer a écrit :

    wow!!
    continuer c’est vraiment bien comme initiative.
    il faut des gens comme vous pour faire grandir le monde.

    bravo et continuer

  3. 3
    le Dimanche 1 novembre 2009
    Jef Tombeur a écrit :

    Pour des nouvelles plus récentes, voir sur C4N, Come4News, un entretien de fin octobre 2009.

    http://www.come4news.com/la-casa-de-clovni,-deja-huit-ans-d-action-franco-roumaine-au-banat-11597

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