Sourya – Dawdlewalk

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Voici un disque français parsemé de boucles électroniques, de jets dancefloor, de ballades touchantes et de rock mélodieux : une musique corporelle et dansante qui flirte avec des échos aériens, comme un son d'Outre-Manche. Pour un premier album, les félicitations s'imposent.

5186cjt4uol-_ss500k Alan Mc Gee en parlait de façon convaincue dans The Guardian avant même la sortie de l’album. Dawdlewalk nous invite à flâner dans l’organique et la robotique au travers de sonorités mélodieuses. Bien dans les formes, il s’ouvre sur une petite introduction bienvenue pour se clôturer sur une envolée efficace.

Stockholm 1973 se fait brumeuse sur les fins de notes, avec quelques touches de distorsion à la Pink Floyd . Aérien, le morceau est aussi incisif et dynamique, comme il le faut : basse hypnotique, voix nasale, touchante et grave, jolis dialogues entre les guitares et les percussions pour une sonorité vintage élégante. Unsuspected ose une guitare acoustique au milieu d’un tumulte un peu garage, brouillée dans une dose d’électro. Sonorités authentiques et corporelles, tempo planant ou énervé par intermittence, petites notes lancinantes de guitare précédant de nombreuses ruptures rythmiques bien maîtrisées… Une voix douloureuse et rêveuse pour un morceau qui lorgne vers New Order . Le troisième morceau qui assume ses contradictions à la perfection s’appelle Anatomy Domine . Il débute de façon un peu monocorde, mais se réfugie rapidement dans une orgie sonore surprenante, les riffs aigus pimentant le mélange tinté d’une voix à la Thom Yorke . Robotique et organique, le morceau fait entendre une confusion de l’humanité et de la machine, si proche de parenthèses trouvées sur OK Computer ou Kid A de Radiohead, ou encore des structures musicales complexes des Happy Mondays .

La galette ne manque pas de morceaux résolument tournés vers les sentiments et les nuages : Numéro 1 et sa sensibilité rêveuse, cotonneuse, aérienne, avec son piano océanique ; Numéro 2, beaucoup plus sombre, comme habité par un démon, forte de ses arrangements parfaits et d’un son de chair acoustique et nu ; la transperçante Sleep Stage Zero, où, là aussi, on se souvient de Thom Yorke, pour ce qui semble être décidément plus qu’une influence ; et surtout, the Ballad of Star Gigolo et ses voix dans les aigües, ses riffs un peu dérangeants façon Jeff Buckley, son écriture étonnante, grande et quasi parfaite de morceau phare.

On peut regretter que la fin de l’album se morfonde un peu trop vite dans une attitude latente et s’évade dans un univers qui n’a plus vraiment pied, perdant de son mordant. Plus statique, lascive et un peu trop loin dans l’espace, la course semble s’être un peu essoufflée. Ainsi, Numero 3, Cheater, liar!liar!liar! et Au revoir Pluton proposent un calme hypnotique, une rage ambiante égarée dans la stratosphère qui peut être ressentie avec un peu de lassitude.

Il reste que le disque est fait d’un mélange humain et froid, rêveur et incisif, mélodieux et déstructurant, sensible et dancefloor, pour un univers riche qui fait joliment écho aux contradictions de notre monde.

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Sourya, album Dawdlewalk, sortie le 12 octobre 2009 sur le label Massive Central

Myspace : http://www.myspace.com/sourya

A propos de l'auteur

Image de : Les mots ! Pigiste en culture pour plusieurs organes de presse écrite et web, cuvée 1986 (Bordeaux), vit à Paris. Retient de sa prépa lettres, une philosophie très nietzschéenne : l'art est mensonge et c'est tant mieux. Aime les mots. Aime toutes les formes d'art et surtout la musique (pop, rock, électro, blues, folk, classique), la littérature et la photo (contemporaines et déstructurées), le cinéma (japonais, films d'auteur). Ecrit un peu de tout, interviews, critiques, chroniques, portraits, dossiers, live reports, et poèmes, nouvelles, romans (inconnus à ce jour) : tout ce qui dit le monde au travers de prismes, sans jamais avoir la prétention de le traduire précisément. Jamais satisfaite, toujours amoureuse. Blog culture : http://spoomette.over-blog.com

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