Sonic Satellite ou l’élégance de la melopée

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« Sonic satellite, quand les Smiths rencontrent les Strokes », vendait ce mail venant de tomber dans la boîte.

« Ah bon, bande de petits crâneurs ?« , est la première pensée qui vient à l’esprit en attendant que le premier EP, sorti le 14 novembre dernier, de ce groupe français n’atterrisse dans la platine. Chose faite il y a quelques heures. Un peu comme une case du calendrier de l’avent, les riffs font la surprise. Et contrairement aux mêmes calendriers, une fois la douceur avalée, le chocolat est loin d’être dégueulasse.

Bien au contraire, les cinq morceaux pressés sur la galette coulent naturellement à l’oreille, un peu comme une BO se poserait sur le film d’une tranche de ta vie. Un son évident, où la batterie easy listening, les accompagnements aux saveurs eighties et la voix de velours renvoient à de bons souvenirs, à une douce nostalgie, à des promesses. Une sensation que le lecteur comprendra certainement à l’écoute de la deuxième piste intitulée I wish. Une musique que l’on connaît, qui parle droit au cœur des amateurs de pop indé. Non pas du réchauffé ou du plagiat, mais parce que le style léger est nourri par les influences solides du groupe et particulièrement de son songwriter Pierre Dubost : Interpol, The National, Arcade Fire et consorts.

Ces trois garçons ne sont ni à l’ouest, ni dans le vent. Le trio livre une proposition musicale sincère, aussi soignée qu’elle n’est intuitive. Aussi parce qu’au pays du pop-rock français, ces mecs ont bien roulé leur bosse. Le frontman Dubost a fait ses armes dans les formations Tarmac, Sugarbeans et Deneuve où il avait déjà travaillé avec le batteur Jean-Baptiste Ayoub, le tambourine man du trio. Le troisième homme Guillaume Fresneau n’est autre que le chanteur de Dahlia.

Si ce premier EP autoproduit des Sonic Satellite était un film, il faudrait qu’il soit sélectionné au festival Sundance, où la majorité des pellicules ont pour BO des Smiths, des Moldy Peachies, des rockeurs élégants. On y revient. Et même si l’autoprésentation de ce groupe était culottée (les Smiths et les Strokes quand même!), elle n’en est pas moins fausse. Mais dur de juger sur cinq pièces. Une seule recommandation sera faite à ce groupe en devenir: retournez en studio, vite, que l’on voit de quel bois de guitare se chauffe les Satellite.

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A propos de l'auteur

Image de : L'année où Pao naquit Kiss sortait Assylum, NOFX pressait son premier EP, Bashung enregistrait son premier album live et Leonard Cohen prenait Various positions. Nourrie en plein air aux songs de Creedence Clearwater et des chansons de Brassens, Pao qui n'avait pas de talent particulier pour un instrument a quand même eu envie de faire du bruit en tendant l'oreille et portant la plume. Journaliste nomade, fan de rock et de l'Amérique latine, elle a posé ses valises à Toulouse. Elle est aussi co-fondatrice du site d'info www.leplumitif.fr

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