Sôma – Eths

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Couvertures de magazines, émissions de radios et grosse tournée à l'horizon, les petits plats ont été mis dans les grands pour la sortie du premier album des marseillais d'Eths. Fraîchement signé sur Sriracha Records, force est de constater qu'avant même sa sortie officielle, l'album avait déjà fait son petit effet dans les milieux autorisés.

soma_frontEn 2 maxis et 5 années d’existence, la réputation du groupe au sein de la scène métal française n’est plus à faire. Restait à franchir la lourde épreuve du premier album. Succédant à Autopsie et à Samantha, Soma (« corps » en grec) reste dans la même veine que ses prédécesseurs: sombre, oppressant et torturé.

A la manière d’un bon film gore, les thèmes abordés dans les textes sont très crus et très personnels. On y retrouve en filigrane, l’histoire d’un mannequin désirant à tout prix devenir humain. Il passera par tous les stades de la douleur et nous entraîne dans un véritable parcours initiatique, glauque et inquiétant. Cette fascination pour la chaire et pour le corps est d’ailleurs omniprésente, aussi bien dans le nom des chansons (Méléna, Septum Lucidum) que sur le visuel très réussi de la pochette.

groupe
Au niveau musical, on reste toujours dans un métal d’excellente facture, qui peut faire penser à Sepultura (époque Chaos AD) ou encore à My Ruin au niveau de la voix. Sur des titres comme Crucifère ou Détruis moi, l’alternance très réussi chant Death / chant clair, apporte une touche toute particulière et renforce le côté malsain des paroles. Les riffs ne sont certes plus aussi agressifs que par le passé, mais l’ensemble y gagne en cohérence et en subtilité.

Si certains morceaux demeurent très classiques dans leur structure (Méléna, Le fruit des anges), d’autres s’avèrent être beaucoup plus surprenants. C’est sur l’Instant sourd, que le groupe nous montre une toute autre facette de son talent. C’est tout en retenue et en chuchotement que Candice, en duo avec Manou de Khundalini, nous compte cette troublante histoire de vampirisme et de schizophrénie.

La production, assurée par Pendule de Watcha, est remarquable en tout point et n’a absolument rien à envier à celle des grosses pointures US. A noter également la présence de Reuno et de Phil de Lofofora sur Septum Lucidum . Même si le tout n’est pas exempt de quelques longueurs, ce premier album à la fois complexe, envoûtant et brutal : une vraie réussite.

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Image de : Fondateur de Discordance.

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