Soirée Custom – Let’s dance

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C’est dans le cadre insolite du festival Colors au Nouveau Casino que les Inrocks nous accueillaient ce mois-ci pour leur très populaire soirée Custom. Délit d’initiés, rencontres incontournables pour les prosélytes, elle fait partie de ces moments privilégiés parisiens que l’on attend avec impatience.

Image de Custom de juillet Et entre la pop électrique de Dansette Junior, l’indé californienne des Morning Benders et le rock vivifiant de Kill The Young, la soirée promettait d’ores et déjà d’être un melting pot haut en couleurs du rock dans son plus simple appareil.

Le ton fut lancé sous les coups de 20h par les sémillants Anglais de Dansette Junior. Will, Johnny et Graham se lancent ainsi sans honte dans une course effrénée à la conquête du public. Tel le Saint Graal, cette aventure s’avérait tout aussi tordue et irréalisable, les chances de succès avoisinant zéro. En effet, la salle à moitié vide, composée essentiellement d’une foule timorée et agar, n’était guère en faveur de nos petits londoniens. Malgré les encouragements et l’entrain du jeune Will, le public fondait littéralement sous la pression de la chaleur et tardait à se mettre en mouvement. Mais loin de se laisser décourager, le groupe finit par abattre sa meilleure carte sous les beats entêtants de leur nouveau single Paranoïd. La fusion fut quasi instantanée. Poursuivant leur set avec The Chase, les midinettes ont dès lors commencé à se déhancher, les preppy boys hochant la tête et en langage parisien ceci est toujours signe avant-coureur de succès. L’assemblée enfin conquise semblait mieux appréhender les sons dubstep du trio. Quittant la scène sur le très puissant Fighting Fire, Will sautilla et rejoignit la fosse en dansant. Moment cultissime ! Concluant sur Are You With Me, il était d’une évidence déconcertante et unanime que le groupe avait bel et bien été adopté. Il ne leur manque plus qu’une diffusion dans un TV Show pour que Dansette Junior rejoigne le club très fermé et hype de l‘électro.

Le temps d’un changement de plateau et d’un regard furtif aux alentours et hop la salle était pratiquement bondée ! Les fans agglutinés au premier rang composaient avec le reste des spectateurs qui se lançaient dans des tentatives désespérées pour accéder au bar. Malheureusement, la conjoncture n’était pas vraiment propice et ils se sont retrouvés piégés dans une attente insupportable au vu des températures. Mais les californiens de The Morning Benders n’ont pas vraiment laissé le temps au public de se désaltérer. Forts de leur nouvel album, Big Echo, produit par le bassiste du groupe de rock expérimental Grizzly Bear Chris Taylor, le groupe entamait ainsi un set presque entièrement dédié à la promotion de ce nouvel opus. Hormis une reprise du titre Dreams de Fleetwood Mac, très semblable à celle de The Corrs, et une assemblée « groupiesque » quelque peu hystérique, le ton semblait morne et ennuyeux. Non pas que le groupe soit inintéressant mais la pléiade d’instruments utilisés sur l’album faisait cruellement défaut en live. Toutes leurs compos perdaient alors en intensité et cela s’est fait fortement ressentir sur leur dernier titre Excuses.

Effet papillon ou simple coïncidence, la moitié de l’audience s’était faite la malle avant Kill The Young. Heureusement, le groupe mancunien composé des audacieux frères Gorman ne s’est pas laissé abattre. Presque considérés comme des revenants, leur dernier album Proud Sponsors Of Boredom datant de 2007, l’heure était à la contemplation de l’instant X. Car oui, il n’y a rien de plus X que l’attitude rock et l’énergie débordante qui se dégage de ce trio. Habité et inspiré, il semblait que l’âme de Billy Corgan (Smashing Pumpkins, ndlr) s’était immiscée dans le corps frêle de Tom Gorman. Grunge à souhait, le groupe enchaine les titres et les tubes de leur deux opus.

Ainsi défilaient en premier lieu l’électrisant Skin And Bones et le cinglant Fragile. Malgré un ingé-son peu fiable et son proche du garage, le groupe s’en sortit avec les honneurs. Se démenant de tous leurs êtres, ne faisant qu’un avec le public, leur vitalité était irrésistiblement dévastatrice et contagieuse. L’avènement fut total sur Origin Of Illness. Toute personne présente dans la salle connaissait les moindres paroles de ce tire Ô combien planant. Force était de constater l’ampleur de ce morceau qui est, sans exagération, l’une de leurs meilleures compos. Remerciant avec une émouvante sincérité les fans, les frères poursuivirent leur set en Encore avec un All By Myself sublime, et divinement exaltant.

La soirée se termina ainsi sur les notes singulières de ce trio hors norme. Avoir fait ses armes aux côtés des plus grands (ndlr : Depeche Mode, Placebo, Kaiser Chiefs …) a sans conteste contribué à l’excellence des prestations scéniques de Kill The Young. Moment inoubliable, il ne reste plus qu’à attendre la prochaine soirée des Inrocks. De toute évidence, la rentrée s’annonce plus qu’alléchante puisque les américains de The Like et leur puissant rock alternatif ont été annoncé pour la Custom d‘octobre. Encore une fois, le mixe astucieux d’étrangeté et de découvertes permet à la Custom de garder son statut de soirée favorite car elle a toujours ce « je ne sais quoi » qui donne envie d’y revenir.

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

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