Slumdog Millionaire

par Guillaume|
Bien que le nom de Danny Boyle fasse penser irrémédiablement à Trainspotting, le réalisateur anglais a su s'affranchir de cet énorme succès fondateur pour développer son univers cinématographique, abordant des domaines aussi divers que le film de zombie ( 28 jours plus tard ) ou la science-fiction ( Sunshine ).

slum Slumdog Millionaire, son dernier film, renoue en quelque sorte avec son thème favori : l’argent et ses conséquences.

Le film raconte l’histoire de Jamal Malik, 18 ans, progéniture des bidonvilles de Mumbai, en Inde. Orphelin sans éducation, il arrive pourtant à se hisser placidement à la dernière question de la version indienne de Qui veut gagner des millions ? . Pour les responsables de la chaîne, cette situation paradoxale n’a qu’une explication : d’une façon ou d’une autre, Jamal a triché. Il est ainsi interrogé par la police avant de pouvoir tenter de répondre à la dernière question.

Sa vie nous est alors contée en même temps qu’il se justifie devant les autorités, mettant ainsi en lumière les circonstances qui peuvent conduire un gosse, véritable rescapé, à passer de slumdog (le mot slum désigne une zone d’habitation miséreuse) à millionnaire.

Le film est brillamment construit, en suivant les questions du jeu comme fil rouge. Chacune d’entre elles est liée à un événement de la vie de Jamal et l’aller-retour se fait constamment entre ses souvenirs et sa situation présente. Cette astuce du scénario n’est certes pas originale mais elle est cependant ici totalement maitrisée et mise en valeur.
La langue utilisée par Jamal et son frère est ainsi un des nombreux artifices qui vont symboliser cette évolution ; parlant Hindi à l’enfance, on les voit s’approprier un anglais de plus en plus maitrisé et occidentalisé.

De nombreux thèmes chers au cinéma, l’amour, les relations fraternelles, l’enfance, sont abordés et on peut avoir l’impression que Danny Boyle s’éparpille. Pourtant, le propos reste cohérent, notamment à travers le point de repère qu’est le plateau télévisé (ou comment offrir une vision différente d’un jeu qui en France, est présenté par Jean-Pierre Foucault ) et le magnifique travail esthétique et symbolique effectué sur les couleurs bleu et jaune.

Le plus frappant dans Slumdog Millionaire est cette impression de maturité, de plénitude. On y retrouve, peut-être encore plus que dans les précédents films du réalisateur, ce pot-pourri de trouvailles scénaristiques et techniques qui fait de son cinéma ce qu’il est : libre et imprévisible – fouillis, diraient certains.

Slumdog millionaire n’est peut-être pas le meilleur film de Danny Boyle, ni le plus marquant. Et s’il risque probablement de ne pas faire que des adeptes, il ne laissera pas indifférent.

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