Ska-P @ Zénith de Paris – 29 Mars 2013

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Lorsqu’on regarde la définition d’un style musical comme le ska-punk, on trouve des explications aussi limpides que : « Le ska punk est un genre musical basé sur une rythmique rock (binaire). Il se caractérise essentiellement par l’utilisation de guitares alternant passages à contretemps (typique du reggae et du ska) et passages en distorsion joués dans le style punk rock (généralement lors des refrains). L’utilisation de cuivres, surtout trompettes, saxophones et/ou trombones, est fréquente » (hum, merci Wikipédia).

Finalement, la meilleure définition que l’on puisse avoir du ska-punk tient en un nom de groupe : Ska-P. Pas de nouvelles d’eux depuis leur dernier album, Lagrimas y Gozos , il y a 5 ans me direz-vous ? Et bien réjouissez-vous, car nos chers madrilènes sont de retour. Non seulement leur premier best of CD et DVD est sorti, mais aussi un nouvel album dans les bacs depuis le 5 mars. Et pour nous prouver qu’ils n’ont rien perdu de leur énergie revendicatrice, le groupe était sur la scène du Zénith vendredi 29 mars dernier. De quoi redécouvrir ce qu’est vraiment le ska-punk.

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C’est un Zénith plein, mais pas bondé, qui attend le groupe espagnol ce soir-là. Une densité parfaite pour avoir la place de danser si l’on veut, ou pour se jeter dans la foule sautillante qui se tasse sur les barrières. Car l’une des premières caractéristiques d’un concert de Ska-P c’est qu’on ne peut s’empêcher de jumper tout du long. Face à nous, les instruments résonnent et vadrouillent d’un bout à l’autre du plateau. Gentiment rangé au fond à droite, Txikitin, au trombone, et Gari, à la trompette, ne semblent pas se contenter de la petite estrade qui leur est assignée et n’hésitent pas à envahir la scène de leur dégaine de bikers (gentiment) énervés au son grave et puissant.

Devant, les fondateur du groupe ne tiennent évidement pas plus en place. Julio, à la basse et dont le riff frénétique sais aussi se faire plus mélodique pour des morceaux comme El vals del obrero. Pulpul, guitariste chanteur leadeur du groupe qui semble prendre tellement appui sur les retours du devant de la scène qu’on le croirait près à tomber dans la fosse. S’ajoute à ce petit monde : Kogote, le claviériste, lui aussi membre du groupe depuis la formation. Luisimi, petit génie de la batterie qui est certainement pour beaucoup dans l’incontrôlable course qui anime le public. Joxemi, le deuxième guitariste du groupe. Enfin, l’esquisse d’une prestation comme celle-ci ne pourrait pas être juste sans le dernier personnage qui fait pour beaucoup dans l’identité très particulière des concerts de Ska-P : Pipi, deuxième chanteur mais essentiellement showman du groupe, qui nous apparaît chaque fois dans des costumes plus loufoques les uns que les autres, mais toujours en rapport avec les paroles du morceau qu’il accompagne.
Parce que oui, Ska-P c’est un groupe très bon dans son style, passant d’une rythmique presque ragga accompagnée de cuivre légers à des guitares saturées de type garage sans problème. Cette convivialité en concert est typique d’un vieux groupe qui a déjà écumé des scènes dans le monde entier, leurs revendications et leur engagement politique (tendance anarchiste) n’ayant pas pris une ride depuis presque 20 ans. Nous aurons donc droit aux incontournables du génial El Vals del Obrero, Romero el Madero, Insecto Urbano, Sexo y Religion, Sectas, sans oublier l’indémodable Cannabis. Certains morceaux de Planeta Eskoria, sont plus engagés et rock dans sa composition.
On ressort du concert d’où on ressort avec des courbatures aux mollets pour la semaine à venir, mais ça fait chaud au cœur. Ska-P n’est pas mort, et la tournée qu’ils viennent d’entamer en France saura vous le prouver.

Crédits photo : Philippe Barbosa

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Toutes les dates sur leur site : http://www.ska-p.com/

A propos de l'auteur

Image de : Photographe professionnel & développeur front-end freelance à Paris. Site : philippebarbosa.com

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