Siouxsie – Mantaray

par Arno Mothra|
Dans les années 70, Siouxsie and the Banshees a été l’un des premiers groupes dark à révolutionner le rock, remettant d’ailleurs en question Robert Smith sur la couleur musicale de The Cure. En pleine explosion du punk, mené en trombe par les Sex Pistols, Siouxsie and the Banshees a instauré tous les prémices de la culture dite gothique, avec Joy Division, The Cure, Bauhaus, et Skinny Puppy quelques années plus tard.

siouxsie_mantarayPremier album solo pour Siouxsie Sioux, la voix lead du groupe (définitivement mis au placard), idole de toute une génération de nostalgiques. Autant dire que ce disque était des plus attendus. Malgré une production parfois trop appuyée et un final peu captivant Mantaray tient allègrement la route, et ses promesses : Siouxsie restera Siouxsie, sublime, n’hésitant pas à avoir recours à des arrangements plus modernes.

Évidemment, voire heureusement, aucune comparaison ne pourra se tenir entre cet album et Join hands en 1979, ou Tinderbox en 1986, entre autres. Comme Bauhaus avec son Go away white, Skinny Puppy depuis The greater wrong of the right, ou Indochine depuis Un jour dans notre vie en 1993, Siouxsie ne tombera ni dans le cliché ni dans le ridicule en perdurant dans un style réchauffé et complètement dépassé (contrairement à The Cure avec l’infâme Wild mood swings en 1996) ; laissons chaque sonorité à son époque. Ainsi, Mantaray s’avère beaucoup plus rock et lisse que la discographie plus new-wave des Banshees, tout en préservant un style propre et largement plagié depuis ; la voix est toujours aussi forte, puissante et maîtrisée. Les synthés ne sont plus réellement de vigueur.

Excellente introduction avec le sauvage Into a swan, très bon single aux arrangements très rock, comme son successeur About to happen, malgré quelques effets électroniques de second plan pas vraiment indispensables, et le délicieux Loveless, assez Banshees, assurant certainement le meilleur moment de l’album avec They follow you, au solo électrique lent et diablement percutant. Petit côté rétro sur Here comes that day, très cinématographique et burlesque, et Drone zone, très réussi, alternant entre une basse discrète mais sautillante et une ambiance psychédélique en fond de toile. Furtif clin d’oeil aux Raptures avec l’excellente (mais trop courte !) sixième piste, One mile below, tout en percussions. Accalmie savoureuse sur Sea of tranquility, au piano et cordes froids, agréable instant de détente. Déclin d’attention total en revanche pour les titres If it doesn’t kill you, assez grandiloquent malgré un joli texte, et Heaven and alchemy qui clôt le tout sur un piano quelque peu convenu.

Un très bon album donc même si parfois un peu maladroit, taillé pour la scène. Et disons-le. Quel plaisir de voir une chanteuse comme Siouxsie au top de sa forme !

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5 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 21 octobre 2008
    Arno_Mothra a écrit :

    Comme certains fans auraient pu le constater, petite étourderie de ma part: il s’agit bien évidemment des CREATURES et non des RAPTURES ! Mille excuses !

  2. 2
    le Vendredi 21 novembre 2008
    sergentgarcia a écrit :

    Vous êtes tout pardonné pour ce lapsus et pensiez sans doute à The Rapture, autre excellent album de SATB (ils le sont tous même les moins bons). En ce qui concerne If it doesn’t kill you, je ne partage pas votre sentiment : ici, Susan s’assied et nous raconte qu’elle s’en est sortie ou plutôt qu’elle est en train de s’en sortir mais que ça fait encore mal. Ce morceau résonne beaucoup en moi. Et ce timbre de voix est d’une ineffable beauté. Quant à Heaven and alchemy, c’est (simplement mon opinion) la fin classique (d’ailleurs pas tant que ça) et ouverte de l’album. Ceci dit, merci pour cette page consacrée à cette incomparable artiste encore trop méconnue.

  3. 3
    le Vendredi 21 novembre 2008
    sergentgarcia a écrit :

    J’allais oublier de vous conseiller la lecture de l’ouvrage trés instructif : Siouxsie, à travers le miroir, paru aux éditions du Camion Blanc.

  4. 4
    le Dimanche 23 novembre 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Merci de votre commentaire. Effectivement, il s’agissait d’un lapsus entre l’album « The rapture » et le groupe Creatures.

    « If they doesn’t kill you », malgré la pertinence du texte, n’arrivera décidément pas à me convaincre ;) Quoiqu’il en soit, cet album reste époustouflant. Et il est difficile de résister à la puissance vocale de Siouxsie, toujours au top.

    Pour la biographie, s’il s’agit bien de celle à laquelle Shirley Manson a participé (apparemment très influencée par Siouxsie à en lire ses interviews datant de « Bleed like me »), c’est effectivement hautement envisagé ! Toute la carrière des Banshees y passe-t-elle ?

    Camion Blanc n’a d’ailleurs pas pour habitude d’éditer de mauvais livres (NIN, The Cure, Joy Division, tous bien écrits). Merci du conseil en tout cas !

  5. 5
    le Lundi 24 novembre 2008
    sergentgarcia a écrit :

    Il s’agit effectivement de la biographie préfacée par Shirley Manson et qui couvre toute la carrière des Banshees jusqu’au Seven Year Itch Tour en 2002.

    Tout l’intérêt de cette biographie réside dans le fait que c’est une véritable autobiographie. Siouxsie, Severin, Budgie se racontent : leur enfance, leurs influences musicales, leur rencontre, l’histoire très mouvementée du groupe, les tournées, beuveries, coups de gueule mais aussi leur travail acharné, sans concession (combien de membre virés du groupe?), etc.
    Chacun apporte son témoignage ainsi que les nombreux collaborateurs des SATB, tous emmenés par cette maîtresse-femme (sans jeu de mot ou quelconque connotation) qu’est Siouxsie dont je ne soupçonnais absolument pas les immenses qualités de leader et d’artiste authentique.

    Ce livre n’est certes pas un modèle d’écriture littéraire mais il se lit toutefois avec passion.

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