Simon Werner a disparu…

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Habitué aux séries documentaires, Fabrice Gobert signe son premier long métrage avec un thriller des plus classiques...

Image de Simon Werner a disparu... Alors que Simon Werner manque à l’appel dans une classe de terminal C de la région parisienne, la caméra de Fabrice Gobert va découper son film en quatre parties : quatre personnages centraux qui se feront leurs propres films, pour amener le spectateur à la vérité. On se laisse donc porter par l’histoire en rentrant gentiment dedans : une soirée bien arrosée au cours de laquelle un groupe d’adolescents retrouve un corps dans une forêt suivie d’une série de flashbacks pour comprendre ce qui s’est vraiment passé.

La narration passe de l’histoire du sportif du lycée, Jérémie (Jules Pelissier, croisé dans Bus Palladium), pour enchainer par celle d’Alice la « bombe du lycée » (Ana Girardot dont c’est le premier film) avant de s’attarder sur celle de Jean-Baptiste (Arthur Mazet, vu dans Nos jours heureux) pour enfin terminer par celle de Simon tout simplement.

Par son apparence assez basique qui laisse à penser qu’il était plutôt taillé pour être un téléfilm, le film de Fabrice Gobert cache bien son jeu. D’abord parce que le réalisateur s’amuse à voguer entre les genres, du teen-movie à la française jusqu’au thriller dramatique en passant par le film d’épouvante, sans jamais s’identifier vraiment à un seul d’entre eux. Ensuite par sa réalisation et les procédés utilisés : quatre films, des points de vue différents que la caméra va tenter d’incarner, ce qui fait clairement penser à Elephant, le chef d’œuvre de Gus Van Sant.

Avec ce premier long-métrage, Gobert nous parle d’une inquiétude certainement familière pour beaucoup, passant du registre décontracté du lycée (symbolisé par une bande-son très 90’s avec Sonic Youth en tête) à celui d’une peur manifeste pour ces adolescents de s’assumer réellement et de savoir quoi faire de leur vie. Les dialogues sont très simples et plutôt directs, bien loin de certains poncifs du genre, donnant au spectateur une impression supplémentaire de proximité.

Classique donc, mais surtout efficace et assez intelligent.

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A propos de l'auteur

Image de : Christopher (ou Cine-emotions dans le sévère monde de la critique), encore étudiant en Histoire Culturelle et Sociale, prépare actuellement son mémoire sur le rock britannique. D'ailleurs il est un amateur de musique rock, le genre qui envoie et qui en même touche au plus profond, de Muse à Marilyn Manson en passant par Radiohead et bien d'autres. Son dada : le rock britannique dans toute sa splendeur. Sinon, Chris est aussi (et surtout) un amoureux du cinéma (du drame au film d'horreur en passant par le film historique), qui tente d'exposer son avis à travers ses critiques qu'il espère pertinentes. Son rêve : devenir journaliste, et si possible dans les deux domaines qu'il vient de citer. Sinon, Chris est aussi un amoureux de la vie, et il aime quand la curiosité vient frapper à sa porte. Il se fait actuellement les dents (ou les doigts) sur Discordance et sur son blog.

1 commentaire

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  1. 1
    le Jeudi 23 septembre 2010
    Sam a écrit :

    En lisant ta chronique, ça me fait penser au chef-d’œuvre de Kurosawa: Rashômon. En tout cas ça éveille la curiosité, faut dire que le cinéma français de regorge pas de merveilles ces temps-ci, ou alors je ne les vois pas.

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