Sidilarsen part à l’assaut du Secret Place | 17.11.11

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Il y a-t-il une chance de retourner la France ? Sidilarsen connait vraisemblablement la réponse et pourtant il est passé tout près de la correctionnelle. Dressés par les ondes, les toulousains ont bien failli ne jamais rallier la capitale languedocienne : tombés en panne sur l'autoroute, leur remorqueuse est elle-même tombée en panne... Pas de chance.

L’annulation à la dernière minute de l’une des deux premières parties n’a fait que confirmer que cette soirée au Secret Place ne se passerait pas comme prévu. La deuxième mauvaise surprise concerne l’affluence : seulement une cinquantaine de personnes s’est déplacée dans la petite salle du Secret Place à Saint Jean de Védas dans la zone industrielle de Montpellier. La météo, le beaujolais nouveau ou encore le Télérama Dub Festival en ont peut être découragés plus d’un…

Avec une bonne dose de retard, Warfield, groupe de métal réunionnais, se charge donc de lancer cette soirée. Une ouverture qui laisse un peu sur notre faim tant le métal produit par le groupe paraît lisse. L’intensité et le charisme des membres du groupe ont vite gommé ces petits défauts et voilà que Sidi peut, enfin, se lâcher. Malgré un Secret Place peu garni, il apparait indéniable de souligner que l’identité de la salle a aidé les choses. Pilier montpelliérain dans la programmation punk/métal, la configuration du lieu est telle que le groupe est acculé dans un angle de la salle avec un plafond assez bas et une scène surélevée de… 50 centimètres. La proximité, joyau perdu dans la quasi-totalité des salles de concerts, pouvait enfin renaître. Pas de crash barrière ou de distance de sécurité à respecter et, bien au contraire, une ambiance familiale et intimiste. D’autant plus que Sidilarsen était là pour une quête bien précise : mettre en place une machine, une machine que tous attendent au tournant, la machine rouge.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sidilarsen nous a laissé pantois sur son introduction de set. Acoustique, lyrique, à sonorités orientales, les membres du groupe sont plongés dans l’obscurité et nous laissent deviner quand le set pourra bien être lancé… Et il se lança sur les chapeaux de roue puisque le décollage est immédiat vers la Sidistation. Une intro à l’ancienne, là où le métal avait une part aussi grande que l’électronique. Avec des riffs trash et des paroles percutantes, « par la fibre sonore tu sens la secousse physique, un transfert vers une éthique antistatique », le public est aux anges.

En l’espace de cinq minutes à peine, Sidilarsen a pris les commandes du Secret Place pour imposer son style : l’immense Back To Basic et son côté indus fait soulever la foule à coup de « transforme tes pulsions en vague de chaleur… back to basics, back to basics now ! ». Complètement saturé et très impulsif, le rouleau compresseur toulousain est déjà lancé puisque A Qui Je Nuis, Me Pardonne pointe déjà le bout de son nez. Surpris que ces brûlots soient joués si tôt, nous ne sommes pas au bout de nos peines. « La colère me gagne, à qui je nuis me pardonne, je ne veux qu’avancer, mon intention est bonne », une chose est sûre, le son devient brûlant. Sur Surhomme, un échelon est franchi par l’intensité obtenue : beaucoup plus métal, le chant hurlé du combo est fracassant avec « tout ce qui est éjectable…est buvable ! ». Moins électronique, plus rock’n'roll, Sidilarsen a précisément retaillé le set pour balancer ses sons les plus aiguisés. Le côté techno qui fracassait apparait légèrement plus en retrait pour rendre une copie bien plus métal sur la compo.

Alors que nombreux attendaient de nouveaux morceaux en ouverture, beaucoup sont surpris de ce premier tiers de concert très oldschool. Les choses évoluent puisque Absolu est issu du dernier album : allant piocher dans le hip hop et le monde de la fusion, le morceau se fait sa petite place dans le set. Après ces débuts très accrocheurs, Sidilarsen va ainsi se lancer dans le jeu de l’alternance : le monde étant arrivé à bonne température, anciennes et récentes compos vont ainsi se renvoyer l’ascenseur. Le hit La Morale de la Fable va répondre aux penchants métal qui s’imposent avec le puissant Fantasia de « Machine Rouge » (2011) ou de Rien Pour l’Instant de « Biotop » (2003).

Avec cette alchimie parfaite, Sidilarsen a donc choisi de faire chou blanc de son avant dernier album si contesté. « Une Nuit Pour Sept Jours «  (2008) est quasiment boycotté puisque seulement deux morceaux sont rescapés ! Ou il veut, par son rock lourd et beaucoup plus rock’n'roll qu’électronique par rapport au restant du cd, sauve l’honneur. Les oreilles au repos et les orteils détendus, le premier temps mort du concert arrive : l’excellent A Ton Ego avec ses allures pop casse le rythme mais fait du bien à tout le monde… avant que la salle soit de nouveau martelée sur un Paradis Perdu curieusement boosté, rallongé et nettement plus dance floor. Le groupe, qui s’était entêté à retravailler son répertoire en version plus rock’n'roll, renoue avec ses racines ! Dans la même lignée, retour au très bon album « Eau » (2005) pour ressortir une certaine Fluidité des placards… Le métal très digitalisé finit par se propager dans le Secret Place et sonner l’heure du rappel.

Dans un concert plus rock qui a retrouvé des sonorités électroniques dans son dernier tiers, Sidilarsen tient à garder le cap avant de terminer la soirée. La reprise de Breathe de Prodigy fait fuser des samples en tous genres dans Secret Place tandis que le show continue de gagner en intensité. Techno, métal, dance-métal, Sidilarsen au meilleur de sa forme pour enchainer avec le désormais célèbre morceau Retourner la France… En conclusion, Didou n’hésitera pas à lâcher « il y a-t-il une chance de retourner l’Europe ? ». En attendant que certains rêves deviennent réalité, Sidilarsen a clôturé son concert comme il l’avait débuté : dans le « calme » mais avec un petit bijou mélodieux que l’on nomme Samira.

Face à un public peu nombreux, Sidilarsen avait tout à démontrer pour assurer un concert de haute volée alors qu’il débute la tournée de son nouvel album « Machine Rouge ». Malgré tout les pépins rencontrés dans la journée, le groupe a largement rempli sa mission : un concert intensif avec une setlist bougrement efficace où les nouveaux morceaux s’enchainent avec intelligence. Si l’on peut être surpris de la quasi-absence des titres de « Une Nuit Pour Sept Jours », on constate que Sidilarsen a su écouter les critiques à son égard pour mieux repartir. Cette « Machine Rouge » est dévastatrice.

Setlist : intro / Sidistation / Back to basics / A qui je nuis, me pardonne / Surhomme / Absolu / La morale de la fable / Fantasia / Le meilleur est à venir / Rien pour l’instant / A ton égo / Paradis perdu / Fluidité / RAPPEL / Breathe (reprise de The Prodigy) / Retourner la France / Samira.

Crédits photos : Olivier Audouy (galerie photo complète à venir)

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En savoir +

Sidilarsen + Warfield à la salle Secret Place de Saint Jean de Védas (dans la zone industrielle de Montpellier, 34), le jeudi 17 novembre 2011.

- Site officiel : www.sidilarsen.fr
- Myspace : www.myspace.com/sidilarsen
- Agenda TAF Montpellier : www.myspace.com/toutafond

A lire également sur Discordance, chronique de « Machine Rouge » (2011) :
= http://www.discordance.fr/sidilarsen-machine-rouge-37593

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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