Sidilarsen – Chatterbox

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Sidilarsen tient la cadence. Habitué à nous sortir leur nouvelle galette tous les 3 ans, le groupe toulousain ne déroge pas à la règle en 2014 en dévoilant son cinquième album studio, "Chatterbox". 17 ans après leurs grands débuts, Sidilarsen poursuit donc son combat : celui de retourner la France.

Sidi

A voir la discographie des toulousains, on se rappelle immédiatement de leurs premières notes : des riffs acérés, une batterie qui pilonne, des beats taillés pour le dancefloor… Cette formule, certes efficace et terriblement digitale, a fait son temps. L’étiquette dance/métal de leurs débuts s’est donc quelques peu atténuée mais la bande à Didou a mûri. La transition musicale amorcée sur « Machine rouge » (2011) continue donc de s’affiner : sans réelle surprise de ce point de vue-là, Sidilarsen a choisi de rester dans la courbe de son virage précédent, mais un ton au dessus. Sidilarsen veut à présent être un groupe de rock à part entière où les machines ne font qu’enrober/appuyer une recette bien ficelée. En 2014, Sidilarsen fait du rock. Un rock fort, puissant, presque violent.

Lorsque certains groupes tombent un peu trop facilement dans l’intensité, les représailles ne mettent guère de temps à arriver. Ici, Sidilarsen apparaît effectivement avec une allure plus teigneuse mais purement maîtrisée. Le métal prend officiellement les commandes du vaisseau toulousain : Le prix du sang, entre frustration et colère, agite sérieusement du bocal et laisse l’expression libre aux guitares déchaînées. Ce constat se retrouve aussi sur Unanimes, d’une violence inouïe. Craignant par moments que Sidilarsen use de facilité en balançant du gros son à tout va, les toulousains arrivent pourtant à imprégner leur patte : sur L’ivresse des maudits, on pourrait croire dès les premières notes que ce morceau va se transformer en nouvelle fournaise métal. Pourtant, Sidilarsen nous surprend ! Séquences presque a capela pour Didou entre les effusions de guitares, la mélodie efficace du refrain, la saturation des machines sur couplets métaphoriques, Sidilarsen marque un bon point.

Et au rayon des crus retenus de cette année 2014, Sidilarsen excelle sur un gros Matière première bougrement entraînant, dressant haut et fort l’étendard des revendications (« Quel profit social générer quand ils te jettent dehors ? Quelle conscience assumer quand ils te laissent pour mort ? »). Dans une enveloppe électronique à point nommé, Sidilarsen réussit parfaitement à équilibrer les influences. En se faisant même un petit délire blues ravageur avec la grosse machine en soutien, Hermanos se met à hurler, à l’ancienne, « on dégage le passage ! on engage des combats sincères ! ». Mais la cerise sur le gâteau ne sera pas bien loin : Des milliards, « nous sommes des milliards contre une élite… impossible qu’ils nous évitent ! » clôture l’album à contre-courant. Quasi rappé, les samples envahissent les ondes, les paroles sont percutantes, le rythme se saccade et entête, faisant résonner les tambours de la révolte. Le seul petit accroc sera la durée du morceau, 18 minutes, qui en contient réellement 5… le reste étant sans intérêt.

En marge de ce florilège de sons, l’album souffre, aussi, de quelques faiblesses : Un écho, faiblard, n’apporte rien de nouveau à la mayonnaise, à l’exception de faire retomber l’engouement général. Nos anciens, sous dominance hip hop, s’apparente presque à de la fusion, plongeant presque dans les stéréotypes « ils sont sur le pont, nos anciens ! (…) hé hé ! ». Enfin, Comme on vibre, malheureusement un peu lisse, aurait pu lui aussi devenir un hit à la sauce de Back to basics, mais le rendu, malgré sa force de frappe, manque un peu de fraîcheur.

A l’exception de trois/quatre morceaux un cran dessous du reste, Sidilarsen a nettement haussé le ton dans ce « Chatterbox ». Plus rock, plus métal, plus hurlant, Sidilarsen dégage le passage en conservant, toujours, cette empreinte électronique. Le seul regret qui imbibe « Chatterbox » sera finalement le fait de ne pas retenir de hit incontesté sur l’album, même si plusieurs titres s’en démarquent aisément (Des milliards, Hermanos, Matière première, L’ivresse des maudits…).

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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