Showcase privé de Justin Bieber

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Hier soir, toutes les jeunes filles en fleur s’étaient données rendez-vous, grelottantes de froid, au Théâtre National de Chaillot. Mais dites-moi les filles, vous êtes ici pour qui ? « Pour Justin Biebeeeeeeeeeeeeeeer ! ».

Nous voici donc arborant un magnifique bracelet mauve : « Justin Bieber. J’y étais ! 30 novembre 2010 », que nous secouons fièrement au nez de toutes les recalées de la soirée en train de congeler littéralement sur les marches. Une sorte de « coucou, je vais lui toucher la mèche et pas toi » implicite, et pourtant entendu, entre la groupie et nous.

Justin Bieber @ Théâtre National de Chaillot, Paris | 30.11.2010

Le cadre est plutôt chouette même si, il ne faut pas se leurrer, tout est purement marketing : le concert ne se déroulera pas dans l’une des salles du théâtre, mais dans le hall, immense certes, de celui-ci. On ne nous la fait pas : Justin Bieber devant la Tour Eiffel, c’est toujours plus attractif que Justin Bieber devant un rideau qui sent la naphtaline. De plus, sachant que l’agenda de la jeune star est bien rempli, cela lui permettra de faire une association d’idées simple qui pourra lui faire dire « j’adowe la Fwance » en pivotant légèrement à droite ou à gauche en cas de trou de mémoire. (La compression de la casquette murmure-t-on.)

C’est le moment de faire le tour de propriétaire. La décoration a entièrement été revue avec de grands drapeaux à l’effigie de notre Bieber et, nous avons beau nous moquer gentiment, cela aurait diablement d’allure dans notre salon. Le petit coin «  toi aussi prend toi pour Justin et fait ta photo baby! »(baby, baby, baby ho !) ne désemplit pas et c’est décidément trop chou de voir pleins de mini Justin défiler : même casquette, baskets, coupe de cheveux, démarche, ainsi que le même petit mouvement de tête qui ne sert, non pas à exprimer un problème de trouble obsessionnel compulsif, mais bien une remise en place capillaire.

Brusque retour à la réalité : si tu es un adulte ici, ce soir, tu as plutôt intérêt à avoir un enfant par la main : « J’ai mon bracelet mauve, mon enfant, je suis in ! ». Heureusement, je me fais une copine fan d’Usher et de Rihanna. Tant mieux, le DJ présent (l’ouverture des portes étant à 19 h et la montée sur scène étant planifiée pour 21 h 30) semble n’avoir que ces deux artistes dans son iTunes. Nous esquivons un petit pas de danse jusqu’au bar : jus d’orange pour elle, champagne pour moi. Le système du bracelet devient d’un seul coup plus clair : avoir une main de libre pour ton verre puisque tu as dorénavant un enfant accroché à la première.

Finalement Nikos arrive ! Hurlement de joie général ! Nikooooooooooos ! Non, mais attendez… Nikos ? Jamais vous ne me ferez croire que Nikos a 16 ans et qu’il sait bouger son corps comme ça. Ah, enfin : Justin ! Je lâche la main de ma nouvelle amie puisque, finalement, cela se joue entre elle et moi. Elle part avec un avantage : elle peut se faufiler facilement dans la foule pour se rapprocher de la scène. Forcément, pour ma part, je me fais recaler ! Zut. Et difficile surtout d’être crédible, même les bras en l’air en mimant un cœur avec les mains. Et re-zut !

Justin Bieber @ Théâtre National de Chaillot, Paris | 30.11.2010

Show à l’américaine pour le Canadien : des chorégraphies au millimètre près, le petit sourire charmeur et déjà, un tiers du public qui tombe dans les vapes. Du spectacle !

C’est l’heure du titre Never Say Never. « Comment dites-vous cela en français ? » Brouhaha général. « What ? » (« Gné ? » en français dans le texte.). Le jeune chanteur se penche dangereusement vers le premier rang pour avoir une réponse. Le vigile, alors présent, voit sa vie défiler devant ses yeux et surtout son chèque en train de s’envoler «  vers les grands sapins blancs ». N’écoutant que son courage, il empoigne le micro de Justin « Ne jamais dire jamais ». Ce n’est pas encore aujourd’hui qu’un bout de mèche bieberienne se retrouvera sur Ebay, foi de vigile !

L’air de rien, nous nous prenons facilement au jeu. Une jeune demoiselle est alors invitée à monter sur scène pour une chanson d’amour. Elle est toute tremblotante, Justin lui colle un énorme bouquet de roses dans les bras et retourne à sa chorégraphie, laissant notre Juliette d’un soir comme deux ronds de flan sur scène. Cependant, on peut clairement lire dans le regard de cette dernière « Plus jamais je ne me lave la main de ma vie ! ». Je la jalouse intérieurement.

Enfin, c’est l’apothéose. Baby en live ! Car qu’on l’apprécie, qu’on le déteste ou que l’on s’en amuse, il est impossible de ne pas se retrouver au moins à un instant, en train de fredonner ce titre. Karaoké géant : du fan, à la maman en passant au journaliste ; et cela, quelle que soit la couleur du bracelet. C’était court, mais c’était bon.

Crédits photo : Nicolas Brunet

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A propos de l'auteur

Image de : Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 1 décembre 2010
    Domino a écrit :

    Ah mais si, on peut se retrouver à ne pas fredonner ce titre… Avant de voir sa mise a mort dans South Park, je n’avais jamais rien entendu de Justin Bieber ah ah… Enfin bref, ca devait etre marrant quand meme !

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