Shine a Light

par |
Martin Scorcese qui filme les Rolling Stones, ça ne se rate pas. Il était donc tout naturel d'accepter l'invitation à l'avant-première évènement organisée, mercredi 9 avril, à l'Olympia.

scorceseIl y a pas mal de bobos monde ce soir à l’Olympia. Cameraman, attachés de presse, photographe, tout le microcosme médiatique s’affaire. On peut même croiser des célébrités comme Richard Anconina, alpagué par une rangée de journaliste avide d’images. La foule est dense et coquette, preuve que les Stones ont complètement quitté le camp de la subversion pour celui des groupes légendaires et respectables. Même si cela se fait parfois au détriment du rock’n'roll.

Une fois arrivée dans la salle, la foule se sépare en deux : le beau linge file en haut sur les balcons et les petites gens vont en bas, s’asseoir par terre. La salle est si remplie que les derniers arrivés, confinés au fond de la salle, ne voient qu’une partie de l’écran. Cinq grosses enceintes ornent la scène et pour l’occasion, on a même droit à un petit discours du maître des lieux.

Premières images. Alors qu’on s’attend à entendre une guitare nous cracher sa distorsion au visage, Scorcese nous prend à contre-pied avec une intro paisible. Ce sont les préparatifs du tournage, comme un making-of qui se serait échappé des bonus. Le calme avant la tempête.

Shine a light est incontestablement un film évènement. Une légende qui en filme d’autres, ça ne se rate pas. Pourtant, on n’avait pas autant parlé du long-métrage fleuve que Scorcese avait consacré à Bob Dylan, No direction home : Bob Dylan . Peut-être que la lourdeur du format -un documentaire long de 3 heures 20- a calmé Scorcese qui a opté, cette fois, pour un simple concert entrecoupé d’interviews.

stones2C’est l’heure du live. Keith Richards, l’air déterminé, entame le show avec un riff de guitare. La caméra de Scorcese suit ses pas. Car, outre un concert sommes toutes banal, Martin Scorcese veut montrer que les Rolling Stones ne sont pas des fossiles sans vie. Pour cela, il utilise une caméra très intuitive, qui bouge sans cesse au gré des lumières et des mouvements. Il reproduit parfaitement le regard saturé d’images d’un spectateur lambda en concert. Parfois, il s’arrête afin de mieux traduire l’émotion des musiciens, épanouis par des années de succès. Scorcese insiste beaucoup sur les danses libérées de Mick Jagger, à qui les rides n’ont pas fait perdre sa vitalité.

Peu importe que vous ne connaissiez pas bien les Stones, vous reconnaîtrez forcément les classiques, Start me up ou SatisfactionPaint it black étant aux abonnés absents. Entre les morceaux, Scorcese a intercalé de vieilles interviews du combo. Elles sont souvent drôles et significatives, mais trop courtes. Dommage.

Shine a light est le genre de film qui fait ou confirme les légendes. Les fanatiques du groupe en feront leur bible, les autres devront le respect aux Stones . Car, en dehors de toutes considérations musicales, on ne peut pas nier que les Stones ont la pêche. On ne peut nier non plus que leur parcours est exceptionnel, ne serait que par sa longévité. On ne peut finalement que se plier devant ses dinosaures du rock, espèce en voie d’extinction.

stones1L’autre aspect primordial dans le rock – avec la musique et la drogue-, ce sont les filles. Et Mick Jagger a décidé de se faire plaisir en invitant à chanter Christina Aguilera . Peu importe qu’elle se soit vendue au music business, le leader des Stones prend un malin plaisir à se frotter contre elle.

La blondasse comme d’habitude en fait des tonnes, ne laissant pas les guitares respirer. Elle hurle des Yeah à tout va puis quitte la scène. Jagger jubile et lâche « J’ai adoré . » Sûr qu’il a également apprécié les premiers rangs, remplis de filles à la fois bien faites et fanatiques des Stones, une aubaine. Buddy Guy et Jack White feront également une apparition, le temps d’une chanson.

Dans la salle, on passe un moment sympa à regarder le concert. Le public est communicatif, le son est bon et c’est tout de même l’Olympia. Après, regarder la vidéo dans une salle de cinéma ordinaire, assis dans un siège confortable à bouffer des pop-corn, c’est forcément moins bien.

Bien que ce soit Scorcese, cinéaste génial adulé des foules et les mythiques Rolling Stones, ça reste un concert filmé pour le cinéma. C’est-à-dire, un moindre mal quand on a raté un groupe sur scène et un petit évènement comparé à la sortie de l’un de ses films.

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article