Shaka Ponk * Paris-Berlin-Paris

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Après des années d'errance musicale, Shaka Ponk est l'un de ces groupes ayant choisi de s'expatrier pour mieux revenir.

Et à juger de l’insolent succès de leur dernière tournée avec des salles qui ne désemplissent pas et un succès s’amplifiant de semaine en semaine, cette décision fut plus que salutaire. Mais si aujourd’hui le groupe, sa musique et sa mascotte ne sont plus vraiment à présenter, il est très facile dans ces moments de succès d’oublier ceux de doute et de remises en question.

Voici le récit d’une tranche de vie et de ces trois années passées à Berlin, ville culturelle et artistique par excellence. Frah le chanteur s’est prêté à l’exercice avec une nostalgie non dissimulée lors de l’avant-dernière date de leur tournée. Aperçu d’un parcours semé d’embuches et de belles expériences qui ont contribué à faire de Shaka Ponk ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Partir à Berlin : de l’idée au concret

Image de Frah - Shaka Ponk Quand on est parti, on ne connaissait pas du tout Berlin. On était en contact avec Patrice le compagnon d’Ayo dont la sœur était une copine d’une copine qui nous avait parlé de Berlin pour créer un projet artistique. On y est allé comme ça… on est monté dans le train, on est arrivé sans parler allemand, et sans connaître personne sur place, si ce n’est cette nana que finalement on ne connaissait même pas. Et ça a été la surprise. En arrivant, on s’est rendu compte que Berlin était une ville à l’opposé de l’esprit français. On était les vilains petits canards. Pour les Allemands en terme de musique et d’organisation, les Français sont des « gitans ». Ils se demandent comment on arrive à faire de la musique avec notre matériel. S’ils nous ont appris une chose, c’est bien ça : la rigueur. Cette rigueur ne s’applique pas seulement à la musique, mais aussi à l’écologie, à la propreté, au respect de la ville. À Berlin, aucun parc n’a de barrières. Tout est ouvert, contrairement à Paris ou au Luxembourg. Par exemple là où on habitait à Mitte, dans le quartier frontière entre Berlin Est et Berlin Ouest, il y avait des petits jardins avec des œuvres d’art posées et pas scellées au sol. Tout le monde pouvait les voler et incroyablement elles restaient là, sans même être taguées ! C’était très touchant de voir qu’il y avait du respect des choses et des gens.

Premières expériences de la vie nocturne.

Ce qui est incroyable, c’est qu’il y a énormément de terrasses et surtout en période estivale, il y a de nombreux endroits aménagés pour faire la fête en extérieur. Et ça, c’est génial ! Tu bois un coup dans un bar, tu sors et tu te retrouves sur une plage au bord de la Spree le fleuve qui traverse la ville. Ils ont installé du sable et des palmiers. Paris Plage à côté, c’est ridicule ! C’est surnaturel cette ville ! Et nous quand on est arrivé là bas, on s’est rendu compte à quel point Paris était fermé et cloisonné. Il est difficile d’accéder à des milieux de création. À Berlin, il neige. Tu rentres au Sketch Club, tu n’y es jamais allé. T’as un mec qui te laisse rentrer sans problème. Tu te retrouves au milieu de gens en maillot de bain autour d’une piscine. T’avais pas prévu, t’enlèves tes chaussures, et tu te retrouves en caleçon. Il faisait -15° dix minutes plus tôt, et là il fait super chaud. En deux semaines, on s’est pris tout ça dans la figure. Et on s’est dit, merci la copine de la copine de nous avoir conseillé de venir à Berlin !

Premier appartement dans le quartier Mitte.

L’avantage, c’est que Berlin est beaucoup plus grand que Paris, et il y a cinq fois moins de monde. Donc, quand tu cherches un appartement, c’est plus facile. On n’a pas eu besoin d’avancer de caution parce qu’évidemment tout le monde paie son loyer. Contrairement en France où quelqu’un doit se porter garant et où tu dois prouver que tu gagnes suffisamment pour payer ton loyer. On a trouvé un appartement dans un quartier un peu pourri, mais on ne se rendait pas compte. C’était un appartement magnifique, il faisait 150m2, haut de plafond. Et le loyer devait être de 300 — 400 €. Nous on était six, donc c’était vraiment une affaire. Quand on a visité, le propriétaire nous a dit « vous emménagez la semaine prochaine, vous me payez un loyer, et voilà les clés ». Ça s’était facile.

Le désenchantement.

Les deux premières semaines, c’était du fun. Mais à un moment, il faut commencer à gagner sa vie. Nous, on ne connaissait personne. On a commencé à toquer à droite à gauche en disant qu’on faisait de la musique et des images. Tu vas dans tous les squats où les mecs délirent. Ils sont nombreux à te dire : « Ouais, génial ! La semaine prochaine, on fait une teuf, t’as qu’à venir ! ». Mais ce n’est pas ça qui fait que tu vas décoller. Donc ça a été six mois voir un an quasiment de petits bars où on jouait. On avait des plans qui nous permettaient de gagner un peu d’argent. On était retombé plus bas qu’en partant de Paris où on n’était déjà pas grand-chose.

Rester à Berlin coûte que coûte

Image de Berlin, the places to be by Shaka Ponk Déjà on s’est senti mieux là-bas qu’en France. On vivait des rencontres incroyables. Les gens qui nous ont fait rencontré le label avec lequel on a signé nous on emmené dans un endroit s’appelle le White Trash. C’est un restaurant à hamburgers. Rien de bien passionnant, si ce n’est que quand t’arrives là dedans, le gérant a le style de Woody Harrelson dans Zombieland, toutes les serveuses sont tatouées, il y a un groupe qui joue, et puis t’as Billy Idol qui mange avec des gars, t’as The Hives qui viennent de jouer, t’as Marilyn Manson… et puis tu sens pas le plan garde du corps. Quand tu tombes sur Marilyn Manson à Paris dans une boîte, t’as un malabar de deux mètres qui t’empêche de l’approcher. Au White Trash, il y a une espèce de multitude d’endroits comme ça où on se sentait comme dans un rêve. Tu te réveilles en pleine nuit, et tu te dis « Tiens, j’ai fait un rêve incroyable, j’ai rêvé que je mangeais des hamburgers avec Marilyn Manson, Billy Idol et The Hives dans un endroit où tout le monde était en chapeau de cowboy ! ». Ce genre d’expériences nous faisait tenir là-bas. Et puis tu ne peux pas rentrer, parce que c’est un échec surtout vis-à-vis de tous les gens que tu as largués et qui n’ont pas accepté ton départ et qui du coup ne t’ont pas encouragé à partir. T’as pas envie de revenir et de leur dire « oui, c’est vrai, on s’est trompé ». On n’imaginait pas une seule seconde de revenir en France pour aller au PMU du coin acheter des clopes (rires).

Berlin, berceau de la création culturelle.

Il y a une multitude de petits artistes pas connus. Et nous on s’est nourris de ça, des rencontres au jour le jour avec ces artistes super intéressants. On ne sortait pas s’amuser, on sortait se nourrir des autres. Par exemple l’endroit où on répétait, c’était un ancien blockhaus sans fenêtres qui était tenu par un indien (un vrai indien d’Amérique). Il devait avoir 65 ans, cheveux longs avec des plumes. Il venait souvent nous raconter des anecdotes, nous montrer ce qu’il faisait avec ses potes. Et tous les jours, quand on repartait de la répétition, on avait plein d’idées nouvelles ! Il nous faisait venir dans des soirées dans des squats, où il y avait des mecs qui peignaient, qui jouaient de la musique, qui sculptaient, qui crachaient du feu. C’était surnaturel. Depuis, ça a beaucoup changé. Les artistes se sont rués à Berlin, d’autres ont investi dans l’immobilier, et c’est devenu moins bien. Mais à l’époque, pour un groupe en recherche de créativité comme nous, c’était parfait.

Décollage musical

Image de Sam, Frah et Ion — Shaka Ponk Au début, on a rencontré les grands labels : les Warner, les EMI. Et les mecs trouvaient que ce qu’on faisait était sympa, mais ne voulaient pas nous signer. En fait, ils attendent de voir si notre projet tiendrait dans le temps. À leurs yeux, on passait pour des touristes français partis à l’aventure en Allemagne. Ils pensaient que c’était un délire, et que dans trois mois on retournerait en France. Et c’est normal. Et après an, ils voient qu’on est toujours là avec notre singe ! Et puis au bout d’un moment, ils nous ont signés. On s’est retrouvé dans un gros label indépendant qui s’appelle Edel music avec qui ça s’est super mal passé, mais au moins, on avait le disque qui allait sortir et la tournée. C’est là qu’on est partis avec Skin et avec Boss Hoss un groupe qui cartonnait bien. C’était des reprises de Britney Spears (ça paraît bizarre, hein ?) et de tous les tubes connus mondialement, mais en version country. C’était des beaux gosses, chapeau de cowboy, marcel blanc, contre-basse, guitare sèche, batterie, basse et un chanteur. Leur son et leurs arrangements étaient géniaux. Ils remplissaient des salles de deux mille personnes un peu partout. Eux nous avaient embarqués sur leur tournée avec Such a Surge, un groupe à succès depuis une quinzaine d’années qui commençait à décliner un peu et qui faisait sa tournée d’adieu. C’était super émouvant puisque nous commencions et eux arrêtaient. Donc ils nous présentaient au public comme les petits nouveaux. Et là on a commencé à avoir des cachets, à être payés, à avoir un album. Mais c’était plus Berlin. On partait partout en Allemagne et on revenait chez nous à Berlin.

Un enseignement en or : la rigueur !

On passait beaucoup de temps avec l’équipe de managers qui nous suivait. Et ces gens nous ont énormément apporté dans la façon de travailler, dans la rigueur. Ils nous parlaient de Rammstein avec qui ils avaient travaillé au début. Et ils nous expliquaient que Rammstein était un groupe qui était parti de rien (comme tous les groupes) et qui était au début un peu branlant musicalement parlant. Il ne trouvait pas son style et il avait des lacunes musicales. Tous les musiciens de ce groupe se sont perfectionnés et ont fait la rigueur rythmique du groupe en travaillant comme des malades. L’anecdote, c’est que le batteur de Rammstein qui n’était pas au départ un mec droit rythmiquement passait des heures et des heures avant les répétitions avec le métronome à apprendre à faire le « son Rammstein ». Il travaillait sans relâche pour arriver à une certaine perfection. Et nos manageurs nous ont appris cette rigueur. On a fait notre premier concert là bas dans un petit club. Tout le monde trouvait ça super, et eux nous ont dit « C’est génial, mais les mecs, vous jouez comme des patates ! Ça manque de rigueur, parfois c’est l’apothéose et puis après ça retombe et on se fait chier ! » Ils nous ont dit que si on voulait travailler avec eux, il fallait qu’on se plie à leurs méthodes de travail. Et on a appris à travailler dans des conditions extrêmes. Par exemple en répétition ils sabotaient le retour son pour qu’on soit capables de faire un concert dans n’importe quelles conditions. C’était la star académie ! Pour eux, la clé d’un grand groupe, c’est quoiqu’il arrive sur scène, où que ce soit, ça défonce.

Et quand on a atteint un certain niveau après des mois de répétition et qu’on savait gérer, il nous a dit qu’on allait faire la première partie de Mudwayne un groupe de métal énervé sans pitié. On a donc joué devant leur public, sans balances, en ayant dix minutes pour s’installer. C’est une salle qui est réputée pour avoir une programmation métal et le public lorsqu’il est n’est pas content balance des verres de pisse sur la scène. Le challenge, c’était de réussi à conquérir ce public. On s’est dit on ne peut pas jouer Hell’o devant ce public, c’est la honte ! Et là, t’es obligé d’aller puiser une énergie au fond de toi, et t’as une montée d’adrénaline incroyable. Tu arrives à capter le public grâce à ton travail, et tu réussis à les surprendre. Ce soir-là, on a eu un super accueil, et aucun gobelet de pisse n’a été balancé ! Et donc là nos manageurs nous ont dit, vous commencez à savoir être un groupe. Alors qu’avant on était déjà un groupe, mais selon les Allemands, on était pas encore un groupe. Parce que pour eux, un groupe est capable de passer à travers toutes les épreuves avec rigueur.

Back to France

Quand on est revenus en France, on a halluciné ! On se sentait vraiment étrangers. Et ça a été difficile de tourner beaucoup, de revenir à Berlin et puis après de se rendre compte que par la force des choses, le succès se faisait de plus en plus en France grâce à notre départ en Allemagne. C’est le paradoxe. Et ça se passait tellement bien qu’on a continué à travailler avec des gens en France. Aujourd’hui, on est dans une espèce de cercle vicieux où on est super contents, mais notre Berlin il est loin. On est conscient qu’il y a des tranches de vie dans un groupe. Là on finit une tournée sur le disque Bad porn movie trax, et on veut faire le contraire, c’est à dire maintenant que le groupe existe et est formé, sortir le 3e disque en Allemagne avec espoir que ça prenne là bas et puis réussir à rester sur place et faire notre buzz là bas. On verra bien… ça sera peut-être ailleurs… En tous les cas, c’est inestimable ce qu’on a vécu là-bas.

Fin de la tournée 2010. Premier bilan.

Ion : on n’a pas encore fait le bilan de cette tournée, mais on était quasiment deux années sur les routes de France. C’était super parce que lorsqu’on a entamé cette tournée, comme le disait Frah, on n’était plus vraiment français et donc c’était un peu difficile pour nous. Et quand on regarde deux ans en arrière, on a vécu des trucs super. Des concerts, des salles, des premières parties, des festivals, des Taratata, une nomination aux Victoires de la Musique 2010. La nomination, elle donne un peu plus de crédit aux programmateurs, et puis elle a permis un pic de visites sur notre MySpace les deux jours qui ont suivi, mais sinon notre succès s’est vraiment construit grâce à la scène. On a visité les mêmes régions à six mois d’intervalle et on voyait vraiment la différence. Au premier passage où les salles étaient peu pleines, et le deuxième passage où on jouait à guichets fermés, comme ce soir d’ailleurs ! On est surpris à chaque date complète. Peut-être on réalisera quand on rentrera chez nous et qu’on sera en pleine déprime parce que ça va nous manquer (rires).

Un break avant la suite ?

Sam : L’album sort au printemps prochain (vers le 7 avril 2011). On a donc beaucoup de travail qui nous attend. Du travail en studio, des répétitions. On commence déjà à travailler sur le prochain spectacle, on peut même dire notre prochain « show » puisqu’on va aussi bien travailler l’image que le son.

Ion : Si Shaka Ponk fonctionne aussi bien aujourd’hui, c’est qu’on a tous beaucoup travaillé pour le spectacle, pour l’album, les clips, les vidéos qu’on voit sur scène… on essaie de tous se mettre à l’image. Il y en a un qui s’en sort mieux que les autres (son regard se tourne vers Frah) et qui nous pousse (au cul). De toute façon, on est obligés de mettre la main à la pâte vu la charge de travail considérable que ça représente. Et là pour la sortie du prochain album, la deadline est courte comparé à notre période à Berlin où on avait plus le temps de se mettre au point. Voilà, donc les vacances ce sera pour plus tard, dans 2-3 ans. Et puis quand on est en tournée, c’est un peu des vacances, même si on travaille pas mal dans le bus, ça nous permet de visiter des nouveaux pays, des nouvelles villes, rencontrer des gens, transpirer sur scène et boire un coup après.

Shaka Ponk à Mulhouse — 16 octobre 2010 par Pascal

De la transpiration il y en aura eu pour l’avant-dernière date de leur tournée. Des litres et des litres. Mulhouse. Noumatrouff. L’une des salles avec le taux de fréquentation le plus faible de France. Et pourtant le public du coin s’est déplacé en masse pour accueillir nos 7 funky junky monkeys et leur Twisted Minds comme il se doit.

Leur précédente prestation à Colmar en avril dernier avait déjà marqué les esprits, celle de ce soir sera une sorte d’apothéose de fin de tournée. Una éjaculation comme se plaira à le souligner Frah en préambule d’un This is how we kill stars ravageur. Car cette consécration, le groupe sera allé la chercher au fond de ses tripes : à coups de ténacité, d’acharnement et d’un talent indéniable à vriller nos tympans de leurs beats hors-la-loi. Voix calée à la seconde avec des projections visuelles irréprochables, le show est millimétré. Fatalement pour ceux (nombreux) ayant déjà vu le groupe auparavant, l’effet de surprise provoqué par les nombreuses mises en scène n’est plus vraiment là. Chose heureusement compensée par une énergie phénoménale et forcément contagieuse, le tout sous l’œil rigolard et sarcastique d’un Goz qui doit se régaler de voir ses petits protégés dévaler à toute vitesse l’autoroute d’un succès bien mérité. Entre les morceaux l’ambiance est potache et le chanteur aura provoqué de belles sueurs froides à son tour-manager en s’élançant du balcon pour un slam (balconing) d’anthologie.

Shaka Ponk est un groupe fascinant et jubilatoire. Sorte de mutation next-gen d’un accouplement sous acide entre Punish Yourself, les Stooges et Maiden. Les déhanchements suggestifs et grimaçants de Frah et de son long corps sinueux et tatoué (body cult ?) rappellent furieusement ceux d’Iggy Pop et comment ne pas voir en Goz une version funky et roublarde d’Eddy.

Talent, charisme, créativité et rigueur. Ils ont tout pour très vite tutoyer les étoiles. Prochain rendez-vous au printemps prochain, et pour nous faire patienter un premier extrait aura même été joué pour clôturer en beauté cette Shaka Party d’anthologie. Décidément nos petits singes sont unstoppables.

Crédits photo : Anne-Laure

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Leur merveilleux site officiel : http://www.shakaponk.com/SHKPNK.html

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: Après une courte et intense carrière dans le monde du marketing, Anne-Laure s'est lancé dans la grande aventure! En 2009, elle intègre l'Institut des Métiers de la Communication Audiovisuelle en Avignon, et sait à présent manier avec dextérité caméras, appareils photos, microphones et bancs de montage en tous genres. Elle apporte son soutien journalistique à la rédaction de radio Raje en Avignon en réalisant interviews et chroniques. Discordance, elle l'a vu naître et grandir, faire ses premiers pas sur la toile, et participe de manière épisodique à son contenu rédactionnel. Bref, vous l'aurez compris, Anne-Laure touche à tout, l'image, le son, l'écriture, mais elle aime aussi les éclairs au café, qu'on lui raconte des histoires d'amour, le Japon, l'accordéon, les abricots, les sorties en raquettes, les jeux de société, les voyages (pas organisés), les apéros entre amis, le clafoutis aux cerises et le bon vin.

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 2 novembre 2010
    photographil a écrit :

    Magnifique ITW, quelle équipe de choc :)

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