Shaka Ponk au Grillen de Colmar

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Vendredi 9 avril. Le Grillen de Colmar est sold-out pour accueillir avec les honneurs Shaka Ponk, l'un des groupes les plus jubilatoires, inspirés et inspirants du moment.

Image de Shaka Ponk au Grillen de Colmar Remettant le crossover à l’ordre du jour, une dizaine d’années après son heure de gloire dans le milieu des années 90, les 6 membres de Shaka Ponk récoltent enfin les fruits de ce qu’ils ont semé depuis la création du groupe quelque part au début des années 2000. Réédition de leur deuxième album (Bad Porn Movie Trax), une nomination aux Victoires de la Musique et où qu’ils aillent des salles qui ne désemplissent pas avec une liste toujours plus longue de superlatifs à la clé. Pourtant, dire que Shaka Ponk est en train de faire le buzz serait presque leur faire insulte, car le groupe n’a rien d’une énième hype aussi vite oubliée qu’apparue.

Rock, métal, hip-hop, électro, phrasé rap, SHKPK ratisse large et arrive à viser juste avec une énergie, une rage et une fraîcheur toute à fait jouissive. Le manque de moyen et de reconnaissance de l’industrie musicale ont été largement compensés par le talent et l’énorme quantité de travail fournie par le groupe et leurs amis pour réussir à créer un univers d’une telle cohérence. Le souci du détail est poussé à l’extrême et que ce soit dans le graphisme, les vidéos, les textes, l’engagement, la musique ou l’attitude, l’implication est totale.

Au milieu de la petite scène du Grillen, le fameux écran circulaire diffusera durant tout au long du set des clips et des projections de Goz, l’imprévisible et sarcastique mascotte du groupe qui, tel un alter ego grimaçant, se révèle être le véritable leader de Shaka Ponk. Un excellent prétexte également aux délires visuels en tous genres avec une synchronisation parfaite entre ce qui se passe à l’image et sur la scène. On imagine sans peine, le boulot nécessaire pour mettre tout cela en place. Le dispositif a cependant pour inconvénient de limiter les marges de manœuvre et la spontanéité du set. Difficile de ne pas sourire, lorsqu’au moment du rappel, Frah, le chanteur du groupe, y va de son petit « On ne va plus plus savoir quoi jouer » alors que les projections sont parfaitement calées pour enchaîner directement sur les 3 titres qui clôtureront le show. Mais le charisme impressionnant de chacun des membres du crew conjugué à l’énergie contagieuse qui se dégage de leur musique fera très vite oublier l’aspect calculé de la prestation.

Des premières notes de Twisted Mind aux dernières de Spit, la ferveur du public est au rendez-vous. Rarement le Grillen aura été retourné de la sorte. Et il y a de quoi. Aucun temps mort, zéro déchet, la setlist est redoutable et taillée pour ne laisser aucun survivant. Tribal et tripant (Make it mine). Dansant et rock (How we kill stars, te Gusta Me). Engagé (sum’ luv’) et funky (Stop the Bot). French Touch, Prima Scene, Do, Body Cult, Hombre Que Soy et Beast wanna say Hello pour les tubes implacables.

La machine de guerre à concerts tourne visiblement à plein régime et elle n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin. On ne devrait d’ailleurs pas tarder à se rappeler avec nostalgie et émotion avoir pu voir Shaka Ponk dans une salle de 300 personnes seulement.

En savoir +

Le merveilleux et splendide site officiel du groupe : http://www.shakaponk.com/SHKPNK.html

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: Fondateur de Discordance.

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