Scott Kelly à Glazart

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Il n'y a pas foule devant le Glazart, une petite trentaine de personnes compactées comme des briques de lait ayant la tremblote en attendant l'ouverture des portes. Est- ce le froid ? Ou encore l'affiche de ce soir qui explique cette forte affluence ?

scott_4289729691_7f649e2d1c-bc031Si Scott Kelly, membre fondateur du groupe américain Neurosis est un demi dieu pour certains, il est également un illustre inconnu pour une grande majorité. Ce soir il est en solo dans le cadre d’une tournée exclusive européenne de 10 dates sur invitation du Roadburn Festival.

Et cela s’annonce comme intime .

Blackthread, l’un des 2 acolytes des Lyonnais de One Second Riot propose un univers minimaliste : des paroles entre le parlé et le scandé, une expérience étrange qui fige le public et monopolise l’attention. Mais une seule écoute en live n’est pas suffisante pour arriver à rentrer dans son monde. Néanmoins le public apprécie.

La salle se remplie peu à peu; une centaine de personnes est maintenant présente et dix minutes plus tard, c’est au tour de Kelly de faire son entrée. La configuration scénique est simple. Très simple. Une guitare acoustique, une électrique, un chevalet, un ampli et une bouteille d’eau.

Kelly, une casquette vissée sur son crâne rappelle le personnage de Marv dans Sin City après une longue garde à vue. À peine 2 grattages de cordes effectués, il ouvre la bouche et le sombre cérémonial commence. Il ne s’agit pas ici de folk à l’anglaise, Monsieur Kelly n’a pas le temps de claquer dans ses mains, ni de s’habiller de couleur joyeuse.

Les morceaux restent dans le même univers, sa grosse voix entre le blues et le sludge écrase l’atmosphère installée. Entre 2 morceaux, et quelques sourires qui redonnent vie à ce golem de chair, il explique à quelques personnes dans le fond de la salle que s’ils veulent avoir une conversation, ils peuvent l’avoir dehors. Cela fait sourire l’assemblée.

scott_4290461096_aaafc3f6e5-6ae1cLes morceaux sont de plus en plus oppressants, les paroles sont incompréhensibles, mais ce folk là n’évoque pas les champs de blé et l’innocence, mais plutôt les chasseurs traquant le cerf déjà blessé, qui au fur et à mesure des morceaux continue d’avancer inexorablement.

L’acoustique posée, il empoigne l’électrique et continue dans la même veine. C’est bougrement simple, pas plus de trois accords, mais cette voix bourrue suffit à hypnotiser les esprits réceptifs présents dans la salle.

Le chevalet, dont seul Kelly saura ce qu’il contient, est noir et les lumières qui viennent s’y perdre rappellent la proue d’un navire fantôme qui aurait à son bord un vieux capitaine barbu aux mono-psaumes incompréhensibles.

Après avoir passé plus d’une heure à nous prouver qu’il n’y a nul besoin de longs solos pour faire de belles chansons, le public ovationne Kelly qui nous gratifiera même d’une dernière chanson dans une belle et réelle ambiance bleutée.

Kelly signera toutes sortes de CDs avec le sourire et posera gentiment avec les fans. Sur sa main gauche : une toile d’araignée. Sur sa main droite un scorpion dessiné par un tatoueur de 5 ans rappelant l’amulette cheap d’un quelconque sorcier maléfique tout droit sorti des vieux films de Conan . Et vu ses paluches et la manière dont il a de broyer la main, si sa guitare était humaine, son manche serait couvert d’hématomes.

Merci le Roadburn Festival, merci Kongfuzi et en espérant que le public parisien de ce soir aura convaincu Kelly de revenir rapidement et peut être même d’emmener ses compères de Neurosis avec lui…

Crédits photo : Melchior Tersen

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A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

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