Scorches Of Dusk

par Domino|
Plus qu'aucun autre média, le net contient son lot de groupes ineptes et de formations sans âmes. Une véritable jungle dans laquelle pourtant de temps à autre se révèlent quelques bonnes surprises du calibre de Scorches Of Dusk, combo parisien pratiquant un rock classieux et découvert par le plus grand des hasards.

Le trio vient de sortir un premier EP de grande tenue. Mais avant d’en parler, laissons la parole à Julien, chanteur, compositeur et guitariste au charisme indéniable.

Alors Ju, est ce que tu peux nous parler de la formation du groupe et de sa genèse?

scorches1En 2004/2005, je suis rentré d’une année d’études à Lyon où j’étais dans un lycée avec une option musicale. C’est là que j’ai commencé à jouer dans des groupes. J’avais déjà fait quelques années de conservatoire auparavant, et donc en rentrant à Paris, j’ai commencé à composer seul, tout en jouant dans quelques groupes, mais ça n’a jamais vraiment été loin à cause du manque d’ambition de certains des membres. Ce sont des situations classiques, chacun des membres a sa petite routine et travaille à côté. Et personne ne veut prendre de risque et s’investir à fond dans la musique.

Pour revenir au groupe en lui même, pendant l’été, j’ai pu faire la rencontre d’un batteur qui avait un niveau plus que respectable, qu’on pouvait qualifier de presque professionnel, et on a donc commencé à retravailler ensemble les morceaux que j’avais déjà écris. Et c’est donc par la suite que j’ai fait appel à notre bassiste qui était à la base un ami d’enfance. Le groupe a donc commencé comme ça; d’abord sous le nom de Untitled . C’est seulement ensuite que le nom Scorches Of Dusk est venu en rapport avec les paysages de ma région d’origine, la Corse. Ce sont des paysages qui m’ont toujours marqué et que j’ai toujours jugé uniques. Cette idée de brûlure, de crépuscule, c’est ce qui se rapproche le plus de ce que j’ai pu voir là-bas.

Comment s’est passée l’écriture de l’EP ? Quel en a été le processus ?

Ça a été assez compliqué car on a connu beaucoup de hauts et de bas. D’ailleurs plus de bas que de hauts (rires). C’est-à-dire qu’il y a un moment dans un groupe où tu te retrouves forcément à regarder ce que tu as accompli et que, pour faire le point, tu te décides d’enregistrer un premier CD. On a donc enregistré cette première maquette qui nous a permis de pas mal tourner dans un premier temps. Puis on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de plus que cela. Nous nous sommes donc mis en travaux sur un vrai EP. On avait beaucoup composé et on a donc, logiquement, pris ce qui nous semblait être le meilleur pour les assembler dans une certaine cohérence. Au final, il faut dire qu’on aura passé beaucoup de temps en studio. Surtout par la faute de notre ex-guitariste qui nous a causé beaucoup de galères. Il était tout simplement mythomane et nous a fait miroité beaucoup de choses. Il nous a fait perdre 1 an très exactement.

On voulait quand même laisser une trace de cette période, en insistant sur le fait qu’il s’agissait là de la genèse du groupe. Le concept, s’il devait en avoir un à définir, serait vraiment dans cette idée de genèse. Mais il ne faut rien y voir de biblique ou de mystique car ce n’est absolument pas notre trip. C’est vraiment quelque chose de concret, un instantané de cette période-là.

À l’écoute de l’EP beaucoup d’images viennent à l’esprit. Comment est ce que cela transparaît en live ? Comment se passe la mise en place des morceaux sur scène?

scorches4En fait c’est assez simple. Au début tu es comme tous les groupes, tu fais souvent comme tu peux et rarement comme tu veux. On essaye avec les moyens qu’on a, d’offrir quelque chose de vraiment agréable à regarder. J’essaye par exemple, d’aller voir les régisseurs et de leur expliquer l’ordre des chansons, le climat de chaque titre. C’est sûr que par la suite, on aimerait offrir bien plus que 4 mecs qui jouent sur scène. Je dirais qu’on travaille sur quelque chose de plus visuel et de plus émouvant.

Après au niveau des projets live, on se debrouille un peu comme on peut. En janvier on va jouer avec un groupe mexicain qui passe par Paris, ça s’appelle LOT, on a prévu de repasser à l’ Espace B . En mai 2009 on est déjà prévu à l’ Euroblast Festival à Köln en Allemagne. Il y a aussi une date à la Flèche d’Or qui se profile. Je dis profile, car rien n’est sûr, vers Octobre grâce à Mademoiselle Chat Chat qui se bouge beaucoup pour nous.

On est actuellement en discussion avec un label pour signer. Ça devrait se faire en septembre, et beaucoup de choses se verront et se feront surtout par rapport à ça. Bon après j’estime que, moi, mon boulot c’est musicien, je ne suis pas démarcheur, ni tourneur, donc je fais ce que je peux à ce niveau. Mais je pense qu’il va se passer un certain nombre de choses avec le contrat à venir, si tout va bien.

Est ce que tu peux nous parler un peu du son de l’EP ? Quel matériel a été utilisé?

Au niveau du son et du matériel, tout a été fait dans un studio pro, avec un budget qu’on pourrait qualifier de moyen. Au niveau de la guitare, ça a été ma Fender Stratocaster sur laquelle j’ai changé la configuration des micros. Ce sont des lace sensor qui correspondent à un son bien pêchu de Gibson. Il y a aussi ma Gibson Les Paul studio et une basse Musicman. Les guitares les plus cleans sont généralement passées par un pré ampli digitech avec une banque de sons à modélisation. Pour ce qui est du grain de distorsion, l’ensemble c’est du mesa boogie. Par contre, on a quand même certains regrets là-dessus, comme de ne pas avoir eu le temps de pousser nos réglages. On avait vraiment eu l’envie d’approfondir cela, mais ça n’a pas pu se faire.

La voix a été prise dans un pré ampli. Les bases, je les ai faites seul, donc c’est beaucoup ton état d’esprit qui gère ça. Parfois ton riff sort, tu cherches à harmoniser ce que tu vas dire par la suite, parfois tu sais directement où aller. Après si je devais parler d’un point de vue purement technique, c’est assez évident que je suis plus doué à la guitare qu’au chant. ( rires ) Surtout qu’au moment de l’enregistrement, on était dans une certaine inquiétude, et je pense que ça peut se ressentir, autant dans le chant que dans la musique. J’étais très inquiet car à côté de ça, il fallait que je gère les musiciens, et donc c’est ressorti sur le travail du chant. Au niveau des textes, on est par contre dans un domaine assez métaphorique. Pour ce qui est de cet EP, vu que les compos étaient composées par moi-même, les textes sont très personnels. Pour la suite, je vais partir sur des choses moins personnelles, plus métaphorique.

Pour parler de l’ambiance que l’on a essayée de traduire, je dirais que le son est à la fois crade et propre. On a vraiment essayé de trouver cette alchimie-là. L’ensemble est assez mélancolique et colérique. Il n’y a aucun titre pop, il y en a assez à la radio.

Le visuel de la pochette qui est assez spécial, avec cet homme nu sur la pochette… Qu’est ce que cela représente exactement?

scorches2Le concept s’est imposé naturellement. L’idée en partant sur l’EP, c’était d’avoir une pochette assez prenante. Au risque de passer pour un indépendiste corse, l’idée était d’avoir quelque chose qui rappelle ces paysages qui m’ont marqué comme je le disais plus haut. Pour moi ce sont vraiment des paysages qui me tiennent très à coeur. Faut savoir aussi que sur la pochette tout est réel, il n’y a pas eu de travail 3D. C’est un vrai arbre qu’on a repeint, et il y avait vraiment un mec à poil devant, mais bon je ne dirais pas son nom. Pour l’anecdote, on a refait ses fesses sur Photosphop ( rires )

D’ailleurs en parlant de Photoshop, Mademoiselle Chat-Chat a beaucoup travaillé dessus, jours et nuits. J’avais vraiment une idée très précise de ce que je voulais, une certaine idée de la perfection. Et elle a fait un travail superbe, vraiment dans cette idée de genèse que je recherchais. Maintenant que l’EP est sorti, on s’est dit qu’il était possible de partir sur 3 EP, avec un visuel qui correspondra au visuel précédent, avec comme des sortes d’indices, créant un lien entre chaque EP. Si tout se passe bien, les choses devraient tourner comme ça.

Merci de toutes ces infos, par quoi aimerais-tu terminer ? Un coup de coeur, ou un coup de gueule ?

J’aimerais rajouter une dernière chose qui pourrait en aider d’autres qui passeront par là. Quand on veut rentrer dans ce milieu, qui est quand même assez fermé, il ne faut pas se le cacher, et c’est très important pour ça de vraiment travailler sa technique et sa musicalité. Ce n’est pas une question de look, de savoir quelle sera la meilleure, mais il faut travailler sa musique et rien d’autre.

C’est un gros milieu de requins, avec beaucoup de gens qui essayent d’entuber les jeunes. Il faut vraiment se méfier lorsque arrivent les propositions de signature. Il faut savoir qu’un label c’est quand même une entreprise, donc il faut veiller à vérifier si la structure existe vraiment. Il faut être très vigilant. Nous ça nous a fait galérer pendant un an, on a failli splitter, tout ça à cause de vendeurs de rêves. Il y en a énormément et il faut se méfier d’eux. Ce sera le mot de la fin…

Scorches of DuskApple And Tree

pochettealbumfinalcopie-1-2Maintenant que les présentations sont faites passons à Apple And Tree, le premier Ep du groupe. I Feel So Mad en ouverture. Une guitare qui nous sussurre le riff d’intro puis qui explose. L’ensemble se calme, laissant la voix apaisée de Julien prendre le relais, avant une nouvelle explosion. Puissance, accalmie, rage. Le groupe balaye d’emblée les légers doutes que l’on aurait pu avoir sur eux. Ces mecs savent jouer, c’est indéniable.

Certaines influences sont peut-être encore trop marquées par des choses telles que Tool, mais il ne s’agit là que de la genèse d’un groupe qui s’annonce plus que prometteur. En 4 titres Scorches of Dusk arrive à imposer son univers parfaitement stylisé. Leur musique nerveuse et tendue, alterne la violence de leurs riffs à une élégance rock que ne renieraient pas bon nombre de groupes.

Une formation à suivre de très près. La brûlure risque d’être puissante, très puissante…

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6 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 11 septembre 2008
    sournac a écrit :

    Pas classieux ! tout simplement classe ! Une vraie culture qui donne une créativité originale , loin de la branchitude parisienne , quelque chose d’authentique , dans un milieu qui l’est seulement chez les grands.
    C’est l’aube d’un grand groupe

  2. 2
    le Jeudi 9 octobre 2008
    Mathusalem à Marseille a écrit :

    Tout simplement très, très, très bon…
    Où peut-on les voir?

  3. 3
    le Vendredi 22 mai 2009
    juxi a écrit :

    J’ai déjà fait un commentaire sur le groupe .
    Je ne pourrai pas me rendre à Euroblast à Cologne le mai , mais je serai près du groupe par le coeur à 20 h . On aura des news ? ça serait cool !

  4. 4
    le Jeudi 11 septembre 2008
    o0OFF a écrit :

    Scorches Of Dusk, un groupe aux allures des grands noms présents depuis des années tels que Deftones, A Perfect Circle et Tool pour ne citer qu’eux. Nous sommes bien loin de ces groupes “rock à midinettes” qui ont pris “le pouvoir“, voici donc une belle alternative aux “kids du rock Parisien“.

    On se laisse clairement envahir par l’énergie de ce jeune trio, ce souffle rempli de rage et de bien jolies choses. On leur souhaite tout le meilleur pour la suite, c’est amplement mérité.

  5. 5
    le Mardi 11 novembre 2008
    mllechatchat a écrit :

    pour la programmation, reportes toi à leur myspace mais je peux dors et déjà t’annoncer qu’ils seront en concert sur paris en janvier ;)

  6. 6
    le Lundi 12 janvier 2009
    LOT a écrit :

    Scorches of Dusk es una banda muy interesante y nos gusta su musica, estamos muy emocionados por compartir escenario con ellos.
    Lot

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