Romanzo criminale

par Nirva|
Sorti dans les salles le 22 mars , le film italien Romanzo criminale dame littéralement le pion aux détracteurs des fictions policières. À mi-chemin entre la reconstitution historique et la biographie de mafiosis, ce drame évite les traditionnels écueils et stéréotypes du genre.

romanzoLa saga du Parrain vous laisse de marbre ? Vous n’avez aucune prédilection pour les films policiers ? Pire, les histoires de gangsters vous font frémir… d’ennui ? Félicitations ! Vous remplissez toutes les conditions pour aller voir Romanzo Criminale, le film du réalisateur italien Michele Placido. Cette histoire anti-conventionnelle bouscule les codes du genre en mêlant à l’intrigue policière les grands événements qui ont marqué la vie politique italienne entre 1975 et 1989.

Tiré du roman éponyme de Giancarlo de Cataldo, un ancien juge d’instruction reconverti dans l’écriture, le film suit l’évolution de trois amis d’enfance – le Libanais, Freddo et le Dandy- partis à la conquête du marché de la drogue dans la ville de Rome. Ces trois petites frappes vont se hisser au sommet de la hiérarchie criminelle grâce à une bonne dose de culot et à la totale indifférence des forces de l’ordre.

Car au-delà des histoires personnelles, le film relate l’époque de la « stratégie de la tension » durant laquelle l’Italie est secouée par des attentats dus tant au terrorisme noir- fasciste- qu’au terrorisme rouge- communiste. Dans ce contexte, nos trois malfrats passeraient inaperçu s’il n’y avait la vigilance de l’inspecteur Scialoia. Ce dernier noue une relation trouble avec Patrizia, une prostituée de luxe dont Dandy est amoureux.

Romanzo criminale tire sont originalité et sa force de ses sources historiques réelles. Loin des clichés habituels sur les mafieux, le film s’inspire de l’ascension puis de la déchéance de la bande de la Magliana, du nom d’un quartier romain, un gang qui sévissait tout au long des années soixante-dix dans une quasi impunité. L’organisation criminelle a bénéficié de la passivité et même du soutient des autorités italiennes à un point qui n’a toujours pas été élucidé aujourd’hui.

Tout au long de cette épopée criminelle étalée sur une quinzaine d’ années, les personnages centraux se trouvent mêlés aux temps forts de la vie politique comme l’enlèvement et le meurtre d’Aldo Moro, le leader du parti démocrate catholique en 1978 ou l’attentat de la gare de Bologne qui a fait plus de 50 morts en 1980. À mi-chemin entre le film policier et la reconstitution historique, le film restitue la Rome des années soixante-dix grâce à l’insertion d’images d’archives dans la trame narrative. Le tout, rythmé par une bande originale entraînante constituée de remixs des grands tubes des 70′s.

Enfin même les cinéphiles puristes ne resteront pas indifférents au casting de rêve du film, constitué des acteurs italiens les plus en vue du moment. Michele Placido souhaitait à l’origine voir interpréter les personnages principaux par des acteurs peu célèbres qui resteraient crédibles dans le rôle de mafiosiS. Au final, ce sont des acteurs reconnus comme Pierfrancesco Favino ( le Libanais), Kim Rossi Stuart ( Freddo) et Claudio Santamaria ( le Dandy) qui se sont brillamment glissés dans la peau de ces gangsters sans scrupules. On appréciera particulièrement la performance de Riccardo Scamarcio, la nouvelle coqueluche des adolescentes italiennes, en tueur à gage glacial et sans états d’âme ainsi que celle de l’actrice française Anna Mouglalis ( Patrizia), prostituée sublime et manipulatrice.

Réflexion sur une période sombre de l’histoire italienne et intrigue policière menée tambour battant, Romanzo criminale a rencontré un grand succès dans son pays d’origine. Cette fiction noire au casting glamour devrait également séduire le public français.

Partager !

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article