Rodrigo y Gabriela : Moins de mystère avec Area 52

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Il est bien loin le temps de Tierra Acida, des riffs « pesados » comme les appellent les métalleux mexicains. Avec la sortie de leur nouvel album Area 52, le 23 janvier, il n'y a pas que la guitare qui démange Rodrigo y Gabriela. Les démons de la salsa de minuit ont aussi frappé à leur porte. Espérons que cela ne soit pas leur crépuscule.

Pour cette nouvelle galette enregistrée à Cuba plus de six ans après l’opus qui les révélèrent au monde, le duo latin s’est entouré de la fine fleur de la musique habanera. 13 jeunes espoirs de la salsa cubaine qui viennent revisiter neuf des compositions de Rodygab parmi lesquelles les glorieux Ixtapa, Tamacun ou encore Diablo Rojo pour ne citer qu’eux. Une musique profondément latine saupoudrée à loisir de choeurs afros, d’un soupçon de funk, mais aussi d’airs indiens. Un joyeux melting pot que la world music se fera un plaisir d’afficher en haut de ses charts. Côté cuivres, le mélomane est aussi allègrement servi. Si mamie Denise devait tous les astiquer au Miror, elle choperait une tendinite.

Difficile dans tout cela de retrouver les deux drilles de la guitare acoustique ; de ce qui a su rassembler les puristes de l’instrumental et les néophytes sensibles au gratté à trois temps de Gabriela Quintero. Peut-être dans Master Maqui, la main vient-elle frapper le corps de la guitare ? Les autres compos se devinent. C’est à l’écoute des tubes assez naturellement enrubannés dans les airs salsa que l’on comprend toutes les influences qui ont marqué le duo depuis leur début en 2001 : profondément latins même s’ils reprenaient Stairway to Heaven et était tombés de l’arbre généalogique du Heavy metal.

Le début de l’album entame directement l’apothéose, signifiant à l’auditeur : « Mec tu vas en prendre plein ta musette de spécialiste de la salsa ». L’enchaînement est beau. L’exercice bien exécuté. On peut comprendre l’envie de Rodrigo y Gabriela de passer à l’arrière de la scène et de faire à nouveau partie d’un orchestre, aussi talentueux soit-il. De laisser les spotlights se refléter dans la trompette plutôt que sur une caisse rutilante de guitare. Dommage, que Rodygab n’aient pas voulu poursuivre leur aventure perso et cherché à composer d’autres thèmes aussi doux que mitraillettes, aussi compliqués à jouer que simples à entendre.

Rodrigo y Gabriela n’en restent pas moins des valeurs sûres de la musique, à condition qu’ils se remettent à composer. Et continuent d’étrenner les planches des nombreuses scènes qu’ils ont foulées dans le monde entier. Ce duo est une bête de scène. Pas un perroquet de studio. Ils ont voulu franchir un pas supplémentaire avec la zone 52. On préférait le mystère qui entoure la Area 51.

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Site officiel : http://www.rodgab.com/

A propos de l'auteur

Image de : L'année où Pao naquit Kiss sortait Assylum, NOFX pressait son premier EP, Bashung enregistrait son premier album live et Leonard Cohen prenait Various positions. Nourrie en plein air aux songs de Creedence Clearwater et des chansons de Brassens, Pao qui n'avait pas de talent particulier pour un instrument a quand même eu envie de faire du bruit en tendant l'oreille et portant la plume. Journaliste nomade, fan de rock et de l'Amérique latine, elle a posé ses valises à Toulouse. Elle est aussi co-fondatrice du site d'info www.leplumitif.fr

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