Rodrigo y Gabriela live @ Casino de Paris

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Complet. Archi complet. On le savait déjà via les billetteries en ligne. Mais de là à circuler difficilement dans les espaces censés être libres en temps normaux, on ne s'en serait jamais douté. Rodrigo y Gabriela, c'est la contradiction d'un groupe qui, malgré une faible diffusion dans les grands circuits populaire musicaux, déplace les foules.

Munis de guitares classiques, et malgré leurs airs de flamenco rock frais et ensoleillé, c’est pourtant par le métal que Rodrigo Sánchez et Gabriela Quintero en sont arrivés là. Il suffisait d’ailleurs de venir assez tôt au Casino pour avoir le plaisir d’écouter un bon vieux Pantera en musique de fond. Miam ! Des cheveux, des t-shirts de Metallica (et autres groupes cultes), une moyenne d’âge très large, on pourrait presque se croire à un showcase privé d’ AC/DC . Mais non, ce soir, c’est Rod y Gab qui vient fouler la scène parisienne.

1-5-2Extinction des feux, c’est Wallis Bird qui assure l’échauffement des 1500 personnes présentes. Et quel échauffement ! Seule avec sa guitare, Wallis vient d’Irlande, et malgré une voix aussi exceptionnelle que « déjà-entendue », sa présence, sa hargne et sa détermination en feront une première partie de qualité rarement atteinte pour un concert de ce type. Dès la fin de son premier morceau, elle sera largement applaudie, puis presque ovationnée à la deuxième chanson. Une musicienne extravertie, dont tout guitariste assez proche de la scène aura remarqué un détail assez original : elle est gauchère avec une guitare de droitier dont les cordes n’ont pas été inversées (les cordes les plus graves sont en bas). Très surprenant.

Inconnue en France, le succès remporté par sa prestation lui vaudra l’étonnement et les remerciements de tous. 45 minutes de surprise et de plaisir. Et comme si sa présence ne suffisait pas, elle aura l’insolence de continuer à jouer malgré une corde qui lâchera en plein couplet. Humour en sus. Chapeau bas. Le show terminé, on ne peut qu’attendre le meilleur à venir. Un Tool au décibel croissant puis un lever de rideau qui nous fera découvrir le décor épuré de Rod y Gab : des flight cases sur la scène et un grand rideau blanc en fond, qui affichera d’abord le logo 11:11, titre de leur dernier album, puis une projection graphique en noir et blanc des musiciens, via un ensemble de micro caméras placées sur les retours de la scène et de caméramans discrètement logés au fond de la salle.

6-5-2Pas de batterie, pas de bassiste, juste deux guitares et du talent. Entre l’étonnent jeu percussif de Gab’, la parfaite dextérité et la fluidité de jeu de Rod’, le manque est largement comblé. Et ce n’est pas les spectateurs réunis ce soir qui diront le contraire. Déjà, aux [Eurocks 2009->1186], nous avions été très surpris de découvrir à quel point ces deux compères savaient mettre le feu rien que par l’originalité de leur jeu. Le plaisir n’en est que décuplé dans une petite salle en tête d’affiche. On appréciera ce côté proche et familial du groupe, qui ira jusqu’à demander avec beaucoup d’humour un traducteur.

Le twitter du groupe nous annonçait->http://twitter.com/rodgab/status/5645594513] des invités-surprise, et on se prendrait presque à rêver d’un Robert Trujillo (bassiste actuel de Metallica ) sur la scène parisienne pour un jam sur leur fameuse reprise acoustique d’Orion (pour info, le jam surprise a eu lieu il y a quelques semaines sur un concert américain). En premier guest, Rod y Gab laissera la scène au [ Trio Joubran , un ensemble traditionnel palestinien, qui sera lui aussi largement apprécié.

10-5-2Le duo se joindra ensuite au groupe pour un morceau commun. Une bien belle ouverture d’esprit. Le groupe enchaine les titres de leurs différents albums, entremêlés de solos qui serviront également de prétextes pour placer quelques bouts des reprises acoustiques qui les ont fait connaitre. Un Bombtrack par-ci, un rapide Orion par-là, ou encore une cover de Stairway to Heaven . Leur dernier album, 11:11, est un hommage à toutes leurs influences, avec pour chaque morceau le nom de l’artiste dont il s’inspire ( Santana, Dimebag Darrell, Paco De Lucia, Jimi Hendrix pour n’en citer que quelques-uns).

Pas de pogo, de slams, ni de mouvements de foule, et pourtant une forte chaleur digne d’un show dantesque. Difficile de s’entremêler dans la foule pour varier les points de vues photographiques, il vaut mieux se faire discret ce soir. La fin approche, le duo nous annonce un autre invité-surprise et le suspens ne sera pas long avec l’arrivée sur scène d’ Al Di Meola , le génie respecté depuis de longues décennies de la guitare jazz. Il profitera également de la générosité des Mexicains pour un morceau en solo sur la scène avant d’être rejoint par le duo pour un titre en commun. Si le public n’est pas composé que de musiciens avertis, ils seront facilement repérables à l’accueil qu’ils auront réservé à ce musicien hors pair.

14-5-2Un rapide au revoir et un public qui en redemande. Assez facile de deviner leur retour sur la scène pour entonner le « tube » du groupe manquant à la setlist : Tamacun . Deux petits titres en en sus et puis s’en vont, le trio Joubran et Al rejoindront la scène pour un dernier au revoir. Et déjà, on se prend à sévèrement s’impatienter pour leur double date à l’Olympia en avril 2010.

Parce que finalement, Rodrigo y Gabriela rappellent de nombreux points communs avec Metallica, leurs idoles. Beaucoup de talent, pas grand chose sur scène, mais une forte relation groupe/public marquée par une qualité de jeu incontestable qui ne donne qu’une furieuse envie de remettre ça, dès les lumières rallumées.

Photos: Philippe BARBOSA

A voir également : Galerie Flickr de Marion Agé sur la date de Lille

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Nouvel album 11:11 dans les bacs depuis le mois de septembre 2009

Rodrigo y Gabriela : http://www.myspace.com/rodrigoygabriela » href= »http://www.myspace.com/rodrigoygabriela »>Website->http://www.rodgab.com/] / [Myspace

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Image de : Photographe professionnel & développeur front-end freelance à Paris. Site : philippebarbosa.com

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 17 novembre 2009
    Rick a écrit :

    I have been digging Rodrigo y Gabriela so much that I gathered as many of their concert videos, interviews and guest appearances as I could find and created a website, the Rodrigo y Gabriela Fan Club. Cheers.

    http://rodgabfan.com

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