Rock’NRolla

par Ren|
Apparemment revigoré depuis ses deux dernières réalisations, calamiteuses au bas mot, Guy Ritchie retrouve ses premières amours et l’univers des gangsters British. Fourmillant d’intrigues entremêlées et toujours très drôle, Rock’NRolla se permet aussi, comme son nom l’indique, de titiller les bas-fonds du rock régressif. Ce qui n’empêche pas un air de déjà-vu.

rockn A la dérive et Revolver, c’est du passé, semble sous-entendre le narrateur lors de la séquence d’introduction de Rock’NRolla . Dès les premières secondes, tout est mis en oeuvre pour nous faire comprendre que cette nouvelle production mérite sa place entre deux autres films de Ritchie, datant bien sûr de son ère de gloire : Snatch et Arnaques, crimes et botanique . On retrouve ici beaucoup de crimes et d’arnaques, dans une effusion qui contribue d’ailleurs (et hélas) rendre le scénario limite incompréhensible. Est-ce réellement un problème ? On avouera que non. Un Ritchie « old school » s’apprécie avant tout pour son rythme et son efficacité comique ; d’où le label « Comic Thriller », qui le catégorise dans les pays anglophones.

Faisons tout de même un effort pour produire un synopsis à cette création qui n’en présente concrètement -et volontairement – qu’une once. Lenny Cole, un baron du crime Londonien, tente de se remplir les poches au cours de la vente d’un énorme terrain à un milliardaire russe, au faciès de chef de gang. La transaction, qui s’élève à sept millions d’euros, implique une avalanche de protagonistes peu scrupuleux, dont l’unique but est de rafler la mise : une comptable sexy mais si froide qu’elle en devient cliché ( Thandie Newton, hélas pas convaincante), un conseiller aussi douteux que stressé ( Jimi Mistry ) et une bande de braqueurs losers emmenés par l’amusant « One Two » ( Gerard Butler ), qui tient aussi le rôle principal. S’ajoutent à cette troupe déjà fournie une ribambelle d’acteurs secondaires, dont le fameux «rocknrolla», Tank, sorte de sale gosse cocaïnomane qui sert aussi de fils adoptif à Lenny. Bref, du beau monde, avec suffisamment de liens pour engendrer le délire gangsteresque qu’est Rock’NRolla .

Un tableau fétiche qui disparaît, des bandits minables se retrouvant à flirter avec la crème du crime Londonien, ou presque, la belle qui fait de l’oeil à la bête : le spectateur dit oui, ou en tout cas il en a envie. Ritchie est dans son océan, et trahit presque un excès zèle à force de vouloir le prouver. C’est avec légitimité, pour une fois, qu’on pourra qualifier la réalisation « d’accrocheuse » : la caméra voltige sans donner la nausée, les couleurs crèvent l’écran ; quant aux flash-backs, ils se succèdent en toute liberté et sans la moindre crainte de perturber une histoire déjà bien difficile à suivre. Mention spéciale à l’excellente bande-son, l’oeuvre du dénommé Steve Isles, qui pourtant ne fait que débuter dans l’exercice.

Il convient de le répéter une dernière fois : Rock’NRolla est souvent hilarant. Ritchie a su savamment doser l’humour tout au long du film, ce qui empêche le moindre coup de pompe. Les deux heures s’écoulent très vite, sans break, à peine tâchées par une fin facile « écrite à la va-vite ». Dommage, mais pas dommageable. Le seul véritable regret, c’est que le réalisateur se soit contenté de ça : un produit efficace, apprécié dans l’instant mais certainement vite oublié. Son nouveau bébé n’innove pas. Il ne fait que retracer, avec une élégance indéniable, des sentiers déjà explorés maintes fois. Son seul héritage risque bien d’être la jolie panoplie d’acteurs Anglais qu’il affiche impunément. Une réussite en soi.

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2 commentaires

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  1. 1
    le Samedi 29 novembre 2008
    PaD a écrit :

    Salut Ren ! Très bel article que voila, mais je dois avouer que j’ai été quelque peu déçu par ce nouveau Ritchie « old school ». Effectivement les ingrédients sont là mais la mayonnaise ne prend pas aussi bien que dans Arnaques… ou Snatch, manque de rythme selon moi. Et puis c’est moi ou l’ambiance est beaucoup moins british que dans les 2 autres précédement nommés ? Enfin le film reste agréable et effectivement la BO déboite. C’est juste dommage que le personnage de Johnny, LE rock’n rolla ne soit pas mis plus en avant…

  2. 2
    VIOLHAINE
    le Jeudi 4 décembre 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    « Une Histoire de sexe, gangsters et rock’n'roll »…
    Je crierais presque à la publicité mensongère…
    Mais bon ceci dit c’est pas du tout un mauvais moment ! Et j’ai hâte de voir la future-plausible-suite, surtout si Johnny y a une place un peu plus importante.

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