Rock is Dead?

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Le rock est mort, vive le rock ! En instaurant la soirée Rock is Dead ?, les programmateurs de la Flèche d'or nous proposent une soirée 100% British. Dès 20h00 un bar Fish&Chips nous accueille et nous met dans l'ambiance. « Mais tout de même, le premier groupe est français, quelle est la cohérence ? », lance une jeune fille assise à mes côtés. Réponse dès les premières notes.

rock-2Les frenchy Tchiki Boum ouvrent le concert. Leurs opus sont courts, leur groupe délirant, leurs jeans serrés, leur humour grinçant. L’accent du chanteur est terriblement Brit, et l’on passe un bon moment. Mais l’extase n’est pas au rendez-vous, la foule reste encore éparse, car l’on attend Television Personalities .

Avant, écoutons le groupe Screaming Lights . Le quatuor britannique a un son singulier, mélange électro/pop enlevé par des solos de guitare ébouriffants. James Treadell, jeune blond très charismatique, voix à la Adam Duritz ( Counting Crows ), étonne : très pro, énervé par des problèmes techniques, il se met finalement sur une enceinte et nous demande de faire silence. Il prend sa guitare et nous délivre un solo acoustique très puissant. Sa voix se découvre alors qu’elle est parfois couverte, surtout sur le morceau GMN, par des rifffs enlevés d’une powerpop soutenue.

A la fois au clavier, au chant et à la guitare, James Treadell et ses comparses de Liverpool nous déroutent. Aux confins d’influences multiples, inclassables, non classés, ils nous envoient dans un univers parfois sombre, ou romantique, – au détour, hardcore – et même électrique au fil des morceaux. Malgré ce mélange qui peut sembler improbable, le groupe trouve une identité musicale qui se cristallise autour de la voix et de la présence du chanteur. Sensations garanties. Un groupe de talent à suivre. On pense alors, en souriant à demi : Rock is not dead .

Arrivent enfin les tant attendus TV Personalities . Le groupe culte et confidentiel qui se produit sur scène depuis 1981, principalement en Grande-Bretagne et en Allemagne, rencontre un public de fans avertis. Le leader Dan Treacy a une gouaille assumée et une présence sur scène assurée. De And Don’t The Kids Just Love It à Are We Nearly There Yet ?, le groupe a connu un parcours chaotique, aussi bien rempli de couleurs psychédéliques que d’une part d’ombre, d’une noirceur absolue.

Père putatif de l’indie pop et grand précurseur, Dan Treacy a rarement dévié de sa ligne de conduite, à savoir écrire des chansons grandioses et les enregistrer par dessus la jambe. Le voir enfin sur une scène parisienne est un événement. Leurs opus sonnent très années 80, mais une petite piqûre de rappel nostalgique fait du bien.

Rock definitly rocks !

Crédits Photo: Mathias Lamamy

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A propos de l'auteur

Image de : Née en 1985, Marine vit à Paris. Après avoir pensé à devenir avocate, magistrat ou danseuse étoile, elle décide in fine de rester dans l'univers suranné des livres qui ont formé son imaginaire. Elle a longtemps pratiqué la danse contemporaine, avant de trouver sa place sur les sièges élimés des théâtres. Écriture, spectacle vivant, danse : voici les mots clés qui l'ont poussée à devenir chroniqueuse pour Discordance.

2 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 3 février 2009
    Kate a écrit :

    French cool guys, young nervous English and this amazing old-school band: the perfect formula to sing, to dance and to sweat. As this great review says: ROCK IS NOT DEAD!
    A burst of applause for foxy and talented James Treadell: young but so brilliant…

  2. 2
    le Mercredi 4 février 2009
    Mathias a écrit :

    Loin d’avoir des arguments aussi précis et poussés que Marine : Screaming Lights c’est une tuerie sonore DE OUF MALADE DE GUEDIN en live !! J’ai pris une vraie claque musicale ce soir là. (rien à voir avec ce qu’on entend sur leur myspace)

    J’ai bien aimé Tchiki Boum aussi. A suivre.

    et dans les photos, les groupes sont dans cet ordre : Television personalities, Tchiki Boum, Screaming Lights

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