Rock en Seine 2012 – Jour 1

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Début d'après-midi. Ligne 10. Direction Rock en Seine. Le temps du trajet, on s'amuse à essayer de repérer les festivaliers. Dans le lot : des tentes, des chapeaux, des lunettes de soleil. Cela fleure bon le Parisien détendu du pass Navigo.

C’est fou comme le temps passe vite. Voilà déjà 10 ans que le festival Rock en Seine opère en Île de France, sachant nous ravir d’année en année. On ne pouvait donc répondre que présents pour cette date anniversaire on ne peut plus importante. Alors, qu’en est-il sur le terrain ?

Penauds d’avoir ratés Billy Talent, nous traînons notre petit sac de toile jusqu’à la Scène de la Cascade où nous attendent de pied ferme les Citizens ! Et ce n’est pas peu dire que de souligner qu’ils sont à la hauteur de leur réputation. Signés chez Kitsuné et produits par le frontman de Franz Ferdinand himself (rien que çà!), nos cinq british mettent littéralement le feu au public grâce à leur pop savamment menée et leur gourmandise de la langue française qui en fait chavirer plus d’une dans les premiers rangs. Bonjour les mecs et les meufs !” dans le texte.

Le soucis principal finalement dans ce genre de festivals, c’est de savoir optimiser sa journée au mieux malgré certains petits pincements au cœur. En effet, au même moment Grimes donnait le meilleur d’elle-même sur une autre scène. À quand un stand télé-transportation et dédoublement entre les nombreuses baraques à restauration sur les petits chemins de parc de Saint-Cloud ?

Mais trêve de bavardages. Déjà présente en 2009 à Rock en Seine, la survoltée Mette de The Asteroids Galaxy Tour enflamme en un éclair le public de la Grande Scène de son pom pom short à paillettes et de ses chansons pop électro qui clignotent. Un réel plaisir de voir que le Danemark a plus d’un tour dans son sac. On peinait pourtant à y croire depuis Aqua et feu Natasja Saad. La pluie se déverse par seau sur les K-way et autres parapluies mais qu’importe puisque les tubes s’enchaînent : Heart Attack, Major et bien sûr le désormais incontournable Around the Bend !

Une petite heure plus tard, loin de l’effervescence de la Grande Scène, il se passe quelque chose de la scène de l’Industrie. Quelque chose d’inattendu pour une des « petites » scènes de Rock en Seine : une révélation : The Knux ! Pourtant, sur CD, cela nous avait, dans un premier temps, vaguement fait penser à du Bloc Party. Grossière erreur ! Après cette heure à faire sautiller dans tous les coins son public dorénavant acquis, The Knux s’offre le privilège d’être décrit comme une entité musicale à part entière ! À l’opposée de l’album, qui se veut plus modéré, plus pop, plus doux, la version scénique du groupe force les traits hip-hop et électro de sa musique. Autant dire : une grande claque dans ta gueule ! Le tout dans la joie, la bonne humeur et surtout le bon humour. Quelle tristesse de devoir quitter tant de punch pour revenir sur son iPod ! À quand l’enregistrement d’un live, les gars ?

Varions les plaisirs et profitons en pour faire un petit tour au Rock’n'Roll Circus : de quoi ravir tout les fans de « freaks show » à l’ancienne et autres épisodes de « La Caverne de l’Etrange » et pour les autres, la curiosité l’emportera. À l’affiche, de nombreux numéros. De la troupe, nous avons déjà pu admirer aujourd’hui, sous des « oooooooooh » et des « aaaaaaah » : Jean-Pierre Francky, recordman mondial des fakirs (petites natures s’abstenir), un numéro époustouflant et amoureux de voltige de la compagnie 220 Volts et un extrait du spectacle de Pascal Tourain, alias L’Homme Illustré, qui met en scène avec humour et intelligence son corps entièrement recouvert de tatouages. Le tout intégrant une parfaite interaction avec le public. On se prend à rêver de rejoindre les arts forains. « Patron, c’est décidé, je pose ma dem’ ! »

S’ensuit alors le concert de Bloc Party. Sans surprise. Efficace, certes, mais un peu trop rodé et synthétique. Il manque un « truc » nom de nom ! On applaudit cependant le soutien aux Pussy Riot durant leur set, un peu trop absentes de cette première journée… Le même constat d’ailleurs pour Placebo : un plaisir de se souvenir d’une folle jeunesse passée, mais la prestation de Brian Molko est, elle aussi, un peu passé et fade. L’habitude sûrement. Cependant, impossible de ne pas gigoter sur le dorénavant hymne Bitter End !

Mais, entre ces deux têtes d’affiche, mastoques mêmes si un tantinet décevantes, une petite pépite, un joyau. Sur place quand même une demi-heure avant le début du set, nous arrivons tant bien que mal à un timide septième rang (oui, oui nous avons compté). Ça pousse, se tiraille, tente de se frayer un chemin au plus proche de la scène. Pourtant, nous ne sommes pas devant la Grande Scène, mais devant la Scène de la Cascade, sensée être plus modeste. Sensée seulement, car si on se retourne, la pelouse est noire de monde, et cela à perte de vue.

Autour de nous ça piaille d’impatience : « Si ça ne commence pas maintenant je vais pleurer », « Dans un sens, si ça commence maintenant tu vas pleurer aussi », « C’est le groupe que je pourrais écouter non stop toute ma vie et même sur une île déserte », «, Mais en fait, ce ne sont pas Bloc Party ou Placebo la tête d’affiche, c’est Sigur Ros ». Le nom est lâché comme une bombe. La merveille musicale venue du froid islandais nous fait l’honneur de sa présence. Pendant ce temps, les (très nombreux) techniciens mettent tout en place, notamment les projections vidéos qui accompagneront le set. Sigur Ros, cela s’écoute, mais se regarde également. Singulièrement plus rock sur scène (ou Rock en Seine), le groupe explore ses albums envoûtants, captivants, nous invitant à un voyage permanent. Tout est fait pour dérouter et enrôler le néophyte comme le fan de la première heure : cette voix de tête inimitable et cette guitare jouée aux archets. Pendant ce temps, nos montres se jouent de nous et les minutes deviennent des secondes, cette heure n’était qu’une minute.

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: Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

1 commentaire

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    le Samedi 1 septembre 2012
    Malicia a écrit :

    Bonjour,

    Je me suis permis d’utiliser une de vos photos pour illustrer mon article, en mettant un lien et une mention vers cet article sur mon blog.

    Si cela vous pose problème, n’hésitez-pas à me contacter, bonne journée !

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