Rock en Seine 2011 – Jour 3 : Un dimanche calme et éclectique

par |
Troisième et dernier jour de Rock en Seine. Bonne nouvelle : le soleil est revenu sur le Domaine de Saint-Cloud. Il reste bien de la gadoue de la veille sur quelques paires de bottes, mais l'ambiance est calme et paisible en ce dimanche. Malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, les festivaliers continuent d'arpenter les pelouses de Rock en Seine avec enthousiasme. L'ultime journée de cette neuvième édition offre une programmation des plus éclectiques. Il y en a pour tous les goûts, mais surtout pour tous les âges. Les plus jeunes se seront défoulés en jumpant et pogotant en compagnie de The Vaccines, Simple Plan ou My Chemical Romance tandis que leurs aînés auront pu revoir sur scène les mythiques The La's et les pionniers du nu-metal Deftones. De quoi ravir toute la famille !

On commence la journée en douceur avec Cat’s Eyes, le side-project de Faris Badwan, chanteur de The Horrors que l’on retrouvera plus tard, et Rachel Zeffira. Programmé sur un créneau horaire un peu casse-gueule, le duo gothico-romantique est tout de même parvenu à conquérir le public grâce à ses compositions envoutantes, entre pop suave et mélancolique et envolées électriques. Malgré des petits problèmes de son au tout début du concert, une fois bien en place, les artistes ont réussi à créer une bulle de sérénité autour de la Scène Pression Live. Les univers des deux artistes, la musique classique pour elle et le rock ténébreux pour lui, se complètent à merveille. Point d’orgue du concert : l’interprétation du titre I’m not stupid. Seule au piano, forte de sa voix cristalline, Rachel Zeffira a littéralement charmé le public grâce à ce morceau d’une simplicité et d’une beauté déconcertantes.

Le temps de descendre de son petit nuage et on file retrouver les jeunes et très prometteurs Concrete Knives. Moins énergique qu’à l’accoutumée, mais tout aussi enjoué, le quintette parvient tout de même à s’attirer les faveurs du public grâce à ses compositions montées sur ressort telles que les tubesques Happy Mondays et Brand New Start. On reste dans le rock plein de fougue avec Cherry Bomb. Les filles font office de phénomènes dans le monde des baby rockeurs. Pourquoi ? Parce qu’elles ont entre 13 et 15 ans, parce qu’elles comptent parmi leurs plus grands fans Billy Corgan des Smashing Pumpkins et qu’elles ont assuré les premières parties de la tournée Pumpkins’ 2010. Venues tout droit de Los Angeles, les quatre mini-punkettes ultra lookées envoient la sauce, mais le tout reste déconseillé aux plus de 15 ans.

On décide donc de faire un bond à travers les générations pour assister au grand retour de The La’s. Cependant, une fois arrivé devant la scène, on se demande si ce choix était bien judicieux. Le groupe n’a plus de mythique que son nom. Lee Mavers, accompagné de son bassiste, massacre tout son répertoire en direct y compris le célèbre tube There she goes. Le pire, c’est qu’ils n’ont même pas l’air de s’en rendre compte ! Il y a bien une batterie sur la scène, mais elle restera vide tout au long du concert. Allez savoir pourquoi. Alors que la Scène de la Cascade ne cesse de désemplir au vu du carnage qu’inflige The La’s, la foule gagne du volume du côté de la Scène de l’Industrie pour accueillir le dandy anglais Miles Kane. Sorte de mini Beatle en devenir, Miles Kane a assuré son set avec classe et enthousiasme, enchaînant les tubes de son premier album dans une ambiance chaleureuse. Come Closer, Rearrange, Inhaler sont autant de brûlots pop au refrain fédérateur qui s’inscrivent dans la pure tradition britannique. La bande-son idéale pour un dimanche ensoleillé.

On avait le choix entre Anna Calvi et The Horrors. Un dilemme pour les uns, une évidence pour les autres. Parce qu’on ne se lasse pas de Faris Badwan, on le retrouve donc avec ses acolytes pour assister à ce qui a sans conteste été le meilleur concert de la journée. Auréolés de succès en 2009 grâce à leur deuxième album Primary Colours et auteurs d’un troisième disque tout aussi flamboyant, Skying sorti en juillet dernier, les Anglais ont déversé leur rock sombre et classieux devant un public d’ores et déjà conquis. Cachés derrière leurs mèches noires et leur attitude de shoegazing kids, The Horrors n’en reste pas moins lumineux. Tout en réverbération et nappes atmosphériques, portés par la voix profonde et ténébreuse de Faris Badwan, les morceaux du quatuor résonnent comme des brulots de rock moderne. La set-list est un mix parfait des morceaux des deux derniers albums du combo. On retiendra notamment Sea Within A Sea, Mirror’s Image, Changing the Rain ou Still Life. Mais surtout Endless Blue et son intro lancinante qui s’estompe peu à peu au profit d’un rock fiévreux et intense. Le titre Moving Further Away long de ses dix minutes vient naturellement sonner la fin de ce concert magistral dans un torrent de guitares saturées et de clavier aérien.

On reste dans le côté obscur de la force, mais dans un autre style, plus hardcore cette fois, avec Deftones. Figure de proue du nu-metal, Chino Moreno et sa bande se sont emparés de la Grande Scène à coups de guitares bien lourdes, de riffs crasseux et de cris enragés. Si, aux premiers rangs, le public s’agite pour montrer son enthousiasme, plus loin on apprécie la performance de Chino Moreno calmement. Malgré les années qui passent, le leader de la formation fait toujours preuve d’une grande énergie. Si la setlist fait la part belle au dernier album du combo (Diamond Eyes, Rocket Skates, You’ve seen the butcher, Sextape) Deftones n’en oublie pas les classiques : My Own Summer, Be quiet and Drive et 7 Words, lequel a logiquement clôturé le set, auront déchainé les passions des fans de la première heure.

Le temps de reprendre des forces après le passage de la tornade de Sacramento et on part se poser tranquillement pour apprécier la performance d’Archive qui joue ce soir en version symphonique, accompagné par un orchestre de cordes. Les morceaux des Anglais sont toujours aussi efficaces en live, oscillant habillement entre rock progressif et trip-hop. Un show planant ! Alors que l’on se dirige vers la sortie, l’electro-pop sombre et tribale de la belle et mystérieuse Lykke Li résonne encore sur la Scène de l’Industrie. Les titres de la jeune suédoise retentissent comme autant d’incantations envoûtantes scandées à pleine voix. De quoi se laisser transporter par ce concert aux faux airs de messe noire voodoo.

Voilà, c’est déjà fini ! Mais l’an prochain, Rock en Seine fête ses dix ans. En attendant de refouler la terre du Domaine de Saint-Cloud, on peut déjà réfléchir à la programmation idéale pour fêter l’événement. Viendra, viendra pas ? À vos pronostics !

Crédits photo : Phil Abdou

En savoir +

Vous avez aimé cet article ? Partage le !

Image de
: Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

2 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Mardi 30 août 2011
    MHF a écrit :

    Chouettes articles qui donnent bien la température de Rock en Seine. Je n’ai pas forcément fait les mêmes choix mais pour ce que nous avons vu en commun je suis complétement d’accord avec vous…
    Merci

  2. 2
    le Jeudi 1 septembre 2011
    out-of-reach a écrit :

    damned ! une seule photo de Deftones :’(

Réagissez à cet article