Rock en Seine 2011 – Jour 1 : chantons sous la pluie

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L'heure de la grand messe du rock à Paris a sonné ! La neuvième édition de Rock en Seine est lancée. Pendant trois jours, les groupes et artistes qui ont fait l'actualité musicale de l'année vont se succéder sur les quatre scènes du Domaine de Saint-Cloud. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que pour cette nouvelle édition, le festival parisien a misé sur les têtes d'affiche. Foo Fighters, The Kills, Arctic Monkeys, Deftones, Interpol, Archive, autant de noms infaillibles pour s'attirer les faveurs du public. Pas étonnant donc si ce vendredi affichait complet ! Dernier arrêt sur la route des festivals de l'été, Rock en Seine a néanmoins dû faire face aux caprices de la météo. L'été touche bel et bien à sa fin (si tant est qu'on puisse vraiment parler d'été cette année...) et la pluie était elle aussi de la partie en ce vendredi. Légères averses, gadoue et bottes en caoutchouc ont gentiment pris part à la soirée. Rien de bien méchant si ce n'est qu'il est toujours plus difficile de battre le rythme avec un parapluie à la main ! Retour sur cette première journée éclectique et électrique.

On commence avec une bonne surprise qui répond au nom de Biffy Clyro. Les Écossais, qui viennent de sortir Revolutions, un album live enregistré à Wembley, ont assuré un set carré, mais tout aussi explosif à base de riffs acérés et de batterie déchainée, le tout agrémenté de mouvements de cheveux au vent et de torses tatoués. Changement d’ambiance avec les envolées psychédéliques de The Feeling of Love. Signé sur le label Born Bad Records qui a vu éclore le succès de Cheveu, le groupe est la figure de proue en France du genre kraut space garage lequel allie guitares lourdes, clavier survolté et batterie tribale. Un mélange détonnant qui fonctionne à merveille sur scène. Encore méconnu du public, nul doute que le passage de The Feeling of Love à Rock en Seine agira comme un bon tremplin pour permettre au combo d’acquérir toute la reconnaissance qu’il mérite.

Plus loin, sur la grande scène, Odd Future, les nouveaux agitateurs de la scène hip-hop made in USA font leur show. Hip-hop oui, vous avez bien lu. Car même si le festival porte le nom de Rock en Seine, il sait faire preuve d’ouverture d’esprit et met ainsi à l’honneur tous les genres musicaux. Collectif emmené par le très jeune, mais non moins talentueux Tyler the Creator (l’artiste n’a que 19 ans NDLR), Odd Future a ravivé la flamme du hip-hop corrosif et dénonciateur, tout comme avait pu le faire Eminen à ses débuts. Provocateur, violent et nihiliste au possible, Tyler the Creator et sa bande ont retourné la Grande Scène de Saint-Cloud, armés de leur flow brutal, empli de rage et de colère. Du hip-hop qui claque, au propre comme au figuré.

On passe à quelque chose de plus léger avec les Brésiliens de CSS. Leur troisième album fraîchement sorti, intitulé La Liberacion, Lovefoxxx et ses amis ont insufflé une grosse dose de bonne humeur au public. C’est d’ailleurs sous une pluie de bulles que la chanteuse et leader du combo a fait son entrée sur scène, toute de rouge et noir vêtue. À l’instar d’une Beth Ditto, la jeune femme dégage un charisme et une énergie à en faire pâlir ses aînées. Loufoque et un brin déjantée, elle a prouvé qu’elle était la reine des pirouettes entre deux chansons, nous a appris qu’elle allait se marier et s’est prêté au jeu du traditionnel lancer de bouquet sur l’air de la marche nuptiale, faisant ainsi un heureux parmi la foule. Bien que moins novateur que ses prédécesseurs, le nouvel album du groupe recèle de petites perles ultra dansantes à l’image du single Hit me like a rock. Il n’empêche que les titres les plus efficaces de la troupe originaire de São Paulo sont inscrits dans le passé. De Oh la la à Rat is dead en passant par Death from above, ce sont eux qui ont réveillé l’intérêt d’un public n’hésitant pas à se déhancher au rythme de leurs sonorités electro-rock ultra groovy. Une belle performance qui rattrape la mauvaise note du dernier album du combo.

On reste du côté de la Grande Scène en attendant l’arrivée de The Kills. Avec Blood Pressure, leur quatrième album, Alisson Mosshart et Jamie Hince ont exploré de nouveaux horizons musicaux, délaissant quelque peu leur versant punk électrique originel pour aborder un tournant plus mélodique. Un pari audacieux certes, mais très risqué qui avait du mal à convaincre sur disque et qui déçoit encore plus sur scène. Le duo se fait beaucoup moins fiévreux et l’alchimie entre les deux artistes auparavant si évidente semble s’estomper. On a parfois l’impression que VV et Hotel jouent leur propre rôle sans trop y croire. Ça avait pourtant bien commencé avec le titre No Wow, issu de l’album du même nom, pêchu et électrique, mais ça s’est trop vite gâté avec un Satellite fade, un Heart is a beatiing Drum sans relief et un The Last Goodbye trop larmoyant pour être émouvant. Trop de basses, pas assez d’aigus, exception faite de The Tape Song, toujours aussi efficace, on est en droit de dire que The Kills c’était mieux avant.

Après une telle déception, rien de mieux que l’électro-pop de Jamaica pour retrouver le sourire ! Les ex Poney Poney sont les auteurs de No Problem, un premier album truffé de tubes. I Think I like U2, Gentleman, When de you wanna start working sont autant de morceaux taillés pour les dancefloors, même ceux à ciel ouvert ! Ils n’ont donc eu aucun mal à se mettre le public dans la poche. Le groupe nous apprend par ailleurs que le concert de ce soir est l’ultime date de leur tournée. C’est donc « la dernière fois que l’on entend les titres de l’album joués dans cet ordre et dans ces vêtements-là. », assure Antoine, chanteur et guitariste du combo. Cette soirée aura aussi été l’occasion pour Florent, bassiste, de fêter son anniversaire avec son public.

À peine le temps d’écouter la fin du dernier morceau de Jamaica qu’il faut retourner vers la Grande Scène. LE moment que tout le monde attend est arrivé : les Foo Fighters sont là, en chair et en os, prêts à faire trembler la terre du Domaine de Saint-Cloud ! Les fans de la première heure comme les plus jeunes, ils sont tous venus en masse pour applaudir Dave Grohl et sa bande. Car Dave Grohl n’est pas un artiste comme les autres, c’est un mythe vivant du rock. Parce qu’il porte en lui le souvenir de Nirvana, parce qu’en plus d’être le meilleur batteur du monde, il est aujourd’hui un guitariste-chanteur de grand talent, parce qu’en artiste touche-à-tout, il compose aussi bien des mélodies power pop que des tubes hard-rock hargneux, parce que les beuglements bestiaux qu’il lâche dans le micro vous donnent des frissons, pour toutes ces raisons (et bien d’autres encore, mais la liste serait trop longue) Dave Grohl est une légende à lui tout seul. Véritable machine de guerre du live, les Foo Fighters ont déversé leurs tubes dans un tourbillon de guitares surpuissantes. The Pretender, My Hero, The Best of you ont résonné comme autant d’hymnes imparables du rock, repris en chœur par tout le public. Généreux, les Américains ont rentabilisé leur venue en jouant autant de morceaux que possible. Dave Grohl l’avait lui-même annoncé : « On a un tas de putains de bonnes chansons et on va en jouer autant qu’on peut ce soir ! ». Les Foo Fighters se sont ainsi payé le luxe de déborder sur le temps de leur set initialement prévu. C’est ça d’avoir la classe !

Quand bien même Dave Grohl est une icône du rock, Yuksek est quant à lui le nouveau prince de l’electro française. Une raison suffisante pour faire un tour du côté de la Scène de l’Industrie. Une fois à bon port, il s’avère que nous ne sommes pas les seuls à avoir délaissé les Foo Fighters au profit du DJ rémois. Auteur-compositeur-interprète, Yuksek fait partie de ces artistes qui sont parvenus à populariser l’electro en lui insufflant un élan pop. Le set de l’artiste fait la part belle aux compositions de son nouvel album, Living on the edge of time, mais c’est avec le titre Tonight, le tube qui l’a révélé au grand public en 2008, que le DJ conclut sa prestation, juste avant de nous donner rendez-vous au Trianon de Paris le 23 novembre prochain pour un nouveau concert avec au programme : « la même chose, mais en plus long. »

Alors que la pluie s’apprête à tomber, on poursuit dans le genre electro, en version rock cette fois, avec Death in Vegas qui signent ce soir leur grand retour. Fer de lance du genre electro-rock, le groupe britannique nous a offert un set à l’image de sa musique : multifacettes. Tantôt lancinants, tantôt électriques, abrasifs et planants, les morceaux de Death in Vegas, alias Richard Fearless et Tim Holmes, surfent sur tous les styles et allient sans fausse note rock, electro, dub, reggae et envolées psychédéliques. Une mise en bouche du meilleur goût en attendant la sortie de Trans-Love Energies, le nouvel album du duo à paraître le 26 septembre prochain.

Les gouttes de pluie se font de plus en plus présentes et lourdes, alors que Paul Kalkbrener, DJ et producteur allemand sévit toujours sur la Scène de la Cascade. Signe qu’il est temps de rentrer pour prendre des forces. Une longue journée de concerts nous attend samedi.

Crédits photo : Phil Abdou

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: Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

4 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 28 août 2011
    zandeck a écrit :

    mortelles l’article et les photos

  2. 2
    le Dimanche 28 août 2011
    Monkeygregge a écrit :

    Biffy Clyro est une surprise relative…déjà passé à RES en 2007, époque où ils inondaient les ondes avec Mountains : http://youtu.be/NfzwM4pdyxU

  3. 3
    le Lundi 29 août 2011
    Domino a écrit :

    Pas mal cet artcile, par contre, warning, Blood Pressures c’est le 4 eme album des Kills, pas le 3eme

  4. 4
    le Jeudi 1 septembre 2011
    out-of-reach a écrit :

    Très chouettes photos !
    ça donne envie d’y retourner :)

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