Rhésus

par Natacha|
De passage à la Laiterie de Strasbourg avec Kaolin et Mac'z des Carpates, nous en avons profité pour rencontrer Rhésus. Aurélien ( chant, guitare, clavier), Simon (batterie, clavier, choeurs) et Laura (basse, choeurs) venus défendre « Sad Disco », un premier album aux agréables échos de pop rock anglaise.

Comment est né le groupe ? D’où vient son nom ?

rhesus1 Aurélien : Il n’y a pas vraiment de signification, je ne sais plus d’où c’est parti, je me souviens m’être dit à l’époque qu’il fallait un truc assez court pour que ce soit écrit gros sur les affiches ! Ce qui est assez stupide dans le fond !

Comment est né le groupe ? Au début j’étais tout seul, et quand je me suis installé à Grenoble pour mes études, j’ai envoyé une démo de ce que je faisais pour un tremplin rock et c’était Simon, qui est maintenant notre batteur, qui organisait le tremplin. Il a bien aimé, il m’a appelé pour me dire « C’est bien ton truc, tu ne voudrais pas un batteur pour jouer avec toi ? » j’ai fait « Oui, bien sûr, avec plaisir ! » Et donc on a fait un premier concert comme ça, à deux, à la White Stripes, mais un peu ratés. Ensuite on a rencontré Laura, que je connaissais de la fac et la formation a continué un peu comme ça. Ça c’était en 2001-2002. Après a fait pas mal de concerts et on a sorti deux EP autoproduits. Le premier était sur un label grenoblois qui s’appelle Un dimanche, avec plein de petits groupes sympas dessus. Le premier est sorti en 2003, le deuxième en 2004. Ce n’étaient que des disques autoproduits, donc avec peu de moyens, genre enregistrés dans une cuisine, etc. En 2004 toujours, on a gagné le concours CQFD des Inrockuptibles, ce qui nous a permis de trouver une maison de disque avec des moyens un peu plus gros, PIAS, en l’occurrence. Ils nous ont permis de sortir notre premier album en octobre 2005, qui s’appelle Sad Disco, et qu’on défend depuis maintenant un an sur la route, ça fait plus de 100 concerts, et nous voilà !

C’est donc un peu votre premier vrai album, qu’est ce qu’il représente pour vous, qu’est ce que vous y avez mis ?

Euh.. rires

Laura: Nos espoirs ! Et nos rêves !

Aurélien : Qu’est ce qu’il représente pour nous ? Je sais que moi, ou même nous en général, on a souvent tendance à se comparer à plein de groupes, et on se dit le premier album, il faut que ce soit comme tel premier album de tel groupe, que ça marche pareil, et tout.

Lesquels groupes, par exemple ?

Aurélien : On aime beaucoup Elliott Smith, Radiohead, les Smith, tout ça.
On a appris plein de choses, c’était la première fois qu’on allait dans un vrai gros studio, c’était super impressionnant ! On a fait quelques petites erreurs de jeunesse aussi, mais c’est ce qui donne le charme du truc et nous en sommes très contents avec le recul aussi.

Quelles étaient ces petites erreurs de jeunesse, avec le recul ?

Aurélien : Peut être de ne pas avoir fait un truc super fidèle à ce que peut donner le groupe lorsqu’il joue. Peut être que nous trois, si on est dans une pièce et qu’on se met à jouer, ça ne donnera pas la même chose que sur l’album. Ce sera vachement moins poli, un peu moins clinique. Mais on est contents des chansons et c’est ce qui reste au final, les gens retiennent les chansons et pas forcément la production.

Vous avez enregistré en Belgique, pourquoi ce choix ?

Simon : Ce n’était pas un choix en fait, on ne s’est pas dit Nous on veut enregistrer en Belgique ! C’est un hasard, parce que la personne de la maison de disque qui s’occupe de trouver les studios, d’organiser les enregistrements, est belge, et notre maison de disque est belge aussi, il faut le savoir ; du coup ils avaient plus de connexions et de réseaux dans ce pays là et ils nous ont trouvé un super studio qui rentrait pile dans notre budget. Il se trouve que nous on adore la Belgique, on adore les groupes belges, notre photographe est belge, c’est un super pays, mais ça a vraiment été un hasard total de se retrouver là bas. Cela n’a pas impacté l’enregistrement du disque, on aurait pu le faire au Nicaragua ça aurait été la même chose.

Vous chantez en anglais ; par rapport à la scène rock française actuelle comment vous situez-vous ? Quel point de vue adoptez-vous sur celle-ci ?

rhesus2 Aurélien : On n’a pas spécialement de point de vue. Il y a des artistes « rocks » français qu’on aime bien, du genre Miossec, Florent Marchais, etc. Après on s’identifie plus dans des groupes français qui chantent en anglais, comme Phoenix, Tahiti 80, M83, Syd Matters, et je ne pense pas qu’on s’inscrive vraiment dans la mouvance rock français actuelle qui comprend des groupes comme Déportivo ou Luke qui sont très bien, ça vaut ce que ça vaut, mais c’est un style à part. Nous on fait vraiment de la pop à l’anglaise, il n’y a pas ce côté un peu revendicatif des trucs comme Luke, par exemple.

Simon : Disons que nous on n’a pas du tout l’héritage Noir Désir, Brassens .

Aurélien : Ce n’est pas ce qui nous a bercé pendant qu’on était ados.

Simon : Notre univers est vraiment ailleurs. Quand on était ados, on écoutait vraiment que des trucs anglais ou américains donc c’est vrai que ça se ressent beaucoup dans la musique qu’on fait. Notre instrumentation aussi est très anglo-saxonne, et je pense que ce n’est pas possible de chanter en français sur notre musique. C’est pour ça qu’on est un peu un ovni par rapport à la scène rock française, mais on commence à être plusieurs ovni, qui, je pense, vont se retrouver. Tu as des groupes qui, depuis ces deux-trois dernières années, ont sorti des albums chantés en anglais, comme disait Auré, Syd Matters, il y a eu The Film aussi . Il y a plein de groupes comme ça qui essayent de se développer, qui n’ont pas encore eu la chance d’exploser dans un pays étranger comme le Japon, les Etats-Unis, ou l’Allemagne, comme ça a été le cas pour Tahiti 80 et Phoenix, par exemple. Moi je ne me considère pas comme un groupe de la scène rock française, nous on fait notre chemin, on n’appartient pas vraiment à une scène. C’est assez difficile d’avancer, d’être libre.

Finalement, c’est plus la musique qui a déterminé le choix de la langue ?

Laura : Il n’y a même pas eu de choix en fait.

Aurélien : Quand j’ai commencé à écrire des morceaux, je ne me suis pas dit Dans quelle langue tu vas chanter ?

Tu as commencé par la musique ?

Aurélien : En général quand tu commences à faire de la musique, tu fais des groupes de reprises un peu pourries, et on ne reprenait que des trucs en anglais, donc naturellement quand j’ai commencé à faire mes propres trucs je les ai fait en anglais.

Au niveau de la compo, vous procédez comment ?

Aurélien : En général j’écris les chansons sur une guitare acoustique ou sur mon ordinateur. Je fais des démos plus ou moins sommaires de l’idée de la chanson que j’aie, et ensuite on essaie de les faire fonctionner à trois en répète. Et puis il y a aussi des fois où tu arrives en local de répète, et puis tu jam, tu lances un riff de guitare et puis ce riff de guitare associé à une basse à laquelle t’aurais jamais pensé et une partie de batterie à laquelle t’aurais jamais pensé non plus ça va faire un morceau aussi ! Il n’y a pas vraiment de recette.

Vous avez une chanson, Just Let Go, qui a été reprise pour une pub (Nivéa) et qui est connue maintenant. Comment cela s’est-il passé pour vous ? Quel impact cela a-t-il eu ?

Aurélien : Ça se voit, maintenant on a une superbe peau ! ( rires )

Simon : Ça s’est passé. pareil, c’était le hasard ! Ils cherchaient un groupe de rock, ils cherchaient surtout de la musique, et ils ne trouvaient pas ce groupe. Un jour notre manager a reçu cette demande, il a envoyé un mp3 comme ça, à l’arrache, et en fait il s’est fait rappeler le lendemain parce que les mecs ont beaucoup aimé les morceaux. Et voilà, on s’est retrouvés à faire la musique d’une pub ! Pour nous ça a été très stratégique de faire cette musique de pub, parce que ça nous a permis d’avoir des sorties de l’album à l’étranger, notamment en Allemagne. Voilà, ensuite il n’y a pas eu d’impact sur les ventes, parce que la musique dans la pub est très faible, donc ce n’est pas comme les Strokes avec EDF, ou Dj Shadow avec France Télécom.

Ça vous a quand même fait connaître de certaines personnes qui vous ont découvert dans cette pub.

Simon : Très très peu.

Laura : En fait il faut savoir qu’on joue dans la pub, et il faut savoir que c’est Rhésus, parce qu’à aucun moment, sauf si tu as vraiment l’oeil super rapide, tu ne peux savoir que c’est nous !

Simon : En tout cas ça n’a pas déclenché de phénomène de vente, ou quelque chose comme ça. Pour nous c’était juste un alibi pour sortir l’album dans les pays où la pub est passée. Donc on s’est retrouvés à jouer en Allemagne, à faire une tournée là bas, et c’est génial, parce que du coup on a ouvert la porte. Maintenant, avec le deuxième disque, même si on ne fait pas de synchro de pub, on va pouvoir continuer à construire sur le truc qu’on a fait grâce à la pub. Mais ça n’a pas été non plus LE truc de l’année pour nous, c’est juste une expérience de plus en dehors de la musique, parce que finalement ce n’est pas vraiment de la musique, c’est un peu du business tout ça.

Comment se passe la tournée ? Vous avez joué en Allemagne où vous avez rencontré beaucoup de policiers je crois ?

rhesus3 Éclats de rires

Simon : Oui, pendant deux jours on a eu des petits soucis avec la police allemande, on ne sait pas pourquoi, on a failli se faire embarquer le camion à la fourrière, et puis le lendemain on s’est fait un peu raquetter aussi (ndlr : Ils ont eu droit à une amende pour ceinture de sécurité soit disant pas mise, sur la route pour la Pologne. Du coup, le groupe a remis sa visite dans le pays à une prochaine hypothétique) !

Le coup de l’entrée en Pologne abandonnée.

Simon : Voilà ! Mais bon, finalement ce n’est pas grand chose par rapport à la masse de concerts qu’on a faits. Depuis la sortie du disque on aura fait 121 concerts sur la tournée. C’est beaucoup et finalement il ne nous est jamais rien arrivé de dramatique, on n’a pas eu d’accidents de camion, pas de pneu crevé. si, une fois, une panne d’essence ! Mais ça va, on s’en tire bien !

Sur cette tournée-là vous êtes à trois groupes (Kaolin et Mac’z des Carpates), comment cela se passe-t-il ?

Ensemble: Super bien !

Aurélien : Kaolin, on avait déjà joué plusieurs fois avec eux, et Mac’z des Carpates une ou deux fois aussi. Humainement ça se passe super bien, et je trouve que le plateau est super intéressant, ça se complète bien, il n’y en a pas un qui marche sur les pieds de l’autre. C’est cool, on a des univers assez différents, qui peuvent plaire à chacun des publics. En plus on fait un morceau où on joue tous ensemble à la fin. On fait une reprise des Smashing Pumpkins . En plus c’est la première fois qu’on est tous dans des gros tour bus, on dort dans des couchettes et tout, on est tous fous, comme des gamins !

Simon : C’est un peu un symbole pour tous les groupes le tour bus ! Et humainement c’est vraiment génial, parce que c’est des gens gentils, hyper simples et hyper sympas, c’est tout ce qu’on aime !

A quoi va ressembler le prochain album ?

Aurélien : Les compos resteront dans la même veine, mais ce sera beaucoup plus fidèle à ce que tu peux voir en concert ; quelque chose de moins arrangé mais de plus direct. quitte a garder des prises de voix un peu éraillées, mais un truc touchant ! C’est ce qu’on aimerait vraiment faire !

Simon : Pour la première fois, on travaille avec un réalisateur, c’est à dire quelqu’un qui vient en amont de l’enregistrement, en répète avec nous, pour saisir pleinement ce qu’on est, notre son, et c’est génial parce qu’on a vraiment une oreille extérieure qui ne modifie pas notre musique mais qui nous aide juste à mieux la retranscrire. Ce sera un disque plus chaud, plus direct. Il sera différent dans l’attitude par rapport à Sad Disco, mais ce sera du Rhésus ! Les gens sentiront une évolution mais s’y reconnaîtront !

Aurélien : On ne s’est pas mis à faire de la country !!!

Simon : On est super excités par ce nouvel album !

La sortie du deuxième album est prévue pour le mois de septembre 2007, avec des titres comme : Little Things, Forever, Someday, Black Cat/White Cat, ou Together . quant au premier single, il devrait sortir au mois de mai !

Merci au groupe, vraiment adorable, ainsi qu’à toute leur équipe et à l’équipe de PIAS !

Crédits photos: Natacha Wandoch

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2 commentaires

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  1. 1
    Stephane
    le Lundi 16 avril 2007
    emma a écrit :

    Raaaah Natacha je suis jalouse ! Ton interview est extra, si j’avais eu ta chance c’est exactement les questions que j’aurai voulu leur poser, donc MERCI ! Sad Disco est un album fantastique, vivement le suivant.

  2. 2
    le Mercredi 18 avril 2007
    Julia a écrit :

    Je les ai vu récemment à St brieuc, le mardi après Pâques, le seul bémol était…une salle presque vide…mais ils ont quand même assuré le show :)

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