Revolver à la Boule Noire

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Revolver, c’est le petit groupe qui monte, qui monte, qui monte. Depuis la Maroquinerie jusqu’à la Flèche d’Or, nous avons suivi leur ascension pas à pas.

revDu coup, de les voir afficher complet pour leur premier concert en tête d’affiche à la Boule Noire, ça nous réjouis d’avance. Reste à savoir si nos charmantes têtes blondes seront à la hauteur de la tâche.

Nous voici donc rassemblés (ou plutôt amassés, voir même compressés) dans la salle de la Boule Noire pour acclamer le succès de nos petits folkeux à tête d’ange. David Aron, que le groupe avait déjà invité sur scène pour la résidence à la Flèche, ouvre le bal, cette fois-ci sans son backing band. Du coup, on redécouvre avec surprise l’univers du bonhomme : seul avec sa guitare, il devient plus Gainsbourg que Vincent Delerm et on se laisse plus facilement embarquer par ses ballades laconiques et mélancoliques. Le combo « moi et ma guitare » fonctionne donc plutôt bien.

Après cette brève introduction, les Fab Three font leur entrée sur scène accompagnés de leur batteur. Ils s’installent très vite dans leur musique, trouvant un bon équilibre entre décontraction et concentration. Le chanteur/lead guitare s’adresse à nous et nous confie son bonheur d’être ce soir en compagnie d’un public venu pour eux, tout cela entre quelques boutades potaches et décontractées. Les autres observent et se concentrent. Le groupe comble les attentes de son public avec les chansons phares de l’album Music For A While, sans pour autant se reposer sur ses lauriers.

Ainsi a-t-on droit à quelques variations sur le thème de Birds in Dm, ou Get Around Town . Revolver s’autorise à sortir des sentiers battus de la « pop de chambre » et pousse sa musique plus loin que les retranchements du concept de l’album. Les intros s’étirent et laissent apparaître en creux les compositions que l’on croyait connaître, l’interprétation est approfondie et chaque instrument parfaitement maîtrisé. Derrière la folk de Dylan, la pop des Beatles, et le classique de Purcell, on perçoit aussi des accent post-rock à la Mogwaï ou noise à la Sonic Youth (et oui). Le groupe ne semble pas prêt à s’enfermer dans un concept qui risquait d’être réducteur.

On dirait presque qu’ils ont fait ça toute leur vie, ce qui n’est pas loin d’être vrai cela dit, puisqu’ils jouent ensemble depuis l’âge de 5 ou 6 ans au Conservatoire. Ils prennent leur temps et du plaisir sur scène, nous servent des compositions connues extraites de l’album, d’anciennes chansons inconnues, des coups de coeur et des reprises (le magnifique Can’t Help Falling in Love et autres raretés comme le Balulalow de Walzack ).

Résultat : 1h30 de concert et de trois rappels (se laisseraient-ils désirer ?), une set list plutôt fournie et revisitée qui donne un intérêt non négligeable à leur prestation live en dehors de l’album enregistré. Une affaire à suivre donc.

Crédits photo : Joëlle Niang->http://www.flickr.com/photos/jihen] pour [Ziknation

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En savoir +

Myspace de Revolver : http://www.myspace.com/popdechambre

A lire sur Discordance : http://www.discordance.fr/Revolver-Music-For-A-While,1121.html‘>Chronique de Music For A While et playlist estivale de Revolver

A propos de l'auteur

Image de : Mercy Seat n’aime pas trop s’exposer. C’est mauvais pour sa peau de toute manière. Elle préfère se terrer dans les coins obscurs des salles de cinéma de quartier et les recoins des salles de concert. Qui sait sur quelle perle rare elle pourrait tomber au détour d’une rétrospective : un Scorcese inédit, la Nuit du Chasseur en copie neuve, Sailor et Lula redux ? Elle chine par-ci par-là des bouts de Nick Cave et de Johnny Cash, de Queens of the Stone Age et de White Stripes, rêve d’un endroit qui ressemble à la Louisiane (mais en moins chaud), et pense que si Faulkner et Shakespeare avaient vécu à notre époque, ils auraient fait des supers films avec Tarantino et Rodriguez.

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