Revolver: 2012 dans le rétro

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Décembre 2012 devait marquer la fin du monde. Et c'est ce qui a servi de prétexte à ce qui suit. Après une année à grande vitesse, et sur les routes, Revolver s'autorise à regarder dans le rétroviseur. Un petit voyage, retour sur douze mois d'une année remplie, le temps de quelques minutes passées en leur compagnie.

On les avait laissés en sueur quittant la scène de l’Olympia sous les cris et les ovations. Deux mois plus tard, ils clôturent l’année en beauté avec une ultime date parisienne, à la Maroquinerie. Ils y avaient commencé leur tournée, presque jour pour jour, neuf mois plus tôt.

Après la dernière demie-heure de l’ultime balance, quelques morceaux plus tard et ce jam comme un cadeau, ils se sont posés quelques minutes. Une dernière interview, le moins sérieusement possible, où ils se sont prêtés au jeu, d’une seule et même voix.

Interview1

Revolver, on n’a pas pu vous rater cette année. En 2012, vous avez été très actifs: neuf mois de tournée, sorti trois disques – dont une réédition.

Ambroise  - c’est vrai que c’est pas mal !

Si il y avait un seul mot pour définir cette année? Ce serait lequel ?

Ambroise – Intense.

Jérémie – Intense, c’est bien.

Christophe - Intense, c’est très bien.

Si vous ne deviez retenir qu’un seul souvenir de 2012 ?

(silence)

C – Le souvenir de 2012 que je garde, c’est notre manager, fin 2011, qui nous dit « Vous allez voir 2012 ça va passer comme ça » (il claque des doigts) et il avait raison. (rires) C’était vraiment une toute petite année. Ça n’a duré une journée! (rires) Fatigante la journée, oh la vache!

A – Grosse journée ! Avec une toute petite nuit avant. (rires) C’est un peu ça : une grosse journée après une insomnie.

Cette année a été particulièrement chargée, qu’est-ce qui a été le plus stressant ? Comment est-ce que vous gérez votre stress ?

A – La sortie du deuxième album. On s’était préparés pourtant, psychologiquement depuis des mois et des mois, on n’arrêtait pas de nous dire, « vous allez voir, le deuxième album y a de la pression, vous allez voir, c’est toujours foiré« . On avait vachement confiance dans les morceaux que l’on avait écrits et dans ce que l’on faisait. Quand l’album est sorti, on n’était pas du tout prêts à jouer les chansons. On était super stressés. Les télés qu’on a pu faire, les promos comme ça, c’était horrible.

J – C’était très dur.

A – Le Grand Journal, Taratata… quand on les revoit, ça nous replonge, on les regarde rarement d’ailleurs.

J- On avait à peine eu le temps de jouer les chansons en concert, on avait du faire trois concerts

A – On en avait fait trois, exactement

J- La prochaine fois, pour le prochain album, on essaiera de faire plus de concerts, avant justement, de commencer à faire des promos, des télés, importantes. Tu mets trop de pression, déjà sur une chanson, alors que quand tu joues en concert, tu ne mets pas la pression sur une chanson en particulier. Tu essaies de jouer toutes les chansons aussi bien… Sinon, tu commences un peu à te prendre la tête, et tu ne fais plus vraiment de la musique.

Vous venez de parler de la sortie du second album, ça a été un marathon promo assez incroyable,

A- Oui…

Comment arrivez-vous à vous renouveler dans la répétition? On vous pose toujours les mêmes questions, comment ne pas se lasser ?

A – On peut très bien répondre aux mêmes questions, cent fois (rires Christophe & Jérémie) à partir du moment

J – Non, ce n’est pas ça

A – Où elles sont présentées, où elles sont amenées différemment.

C – Tu ne peux pas te tromper mille fois…

A- Tu ne peux pas répondre…

J – Cent fois…

C - Mille fois…

J – La même chose.

A – … à une question (rires).

C – Mais tu peux répondre mille fois…

J et A – Une fois, à mille questions,

C – Non!

A – C’est ce qui, pour moi, fait la différence entre un bon et un mauvais journaliste, ou interviewer. (rires)

J – Le bon journaliste il te pose des questions

Tous les trois – Et tu réponds.

J – Et le mauvais…

A - Et le mauvais journaliste, il pose la question, et…

C – Tu réponds.

J – Mais bon, c’est un mauvais journaliste (rires)

A – Le bon journaliste il va te poser LA question.

J – Mais vraiment te la poser.

A – Et tu vas répondre. Et c’est un bon journaliste.(rires) Être journaliste (rires), c’est rencontrer des gens, les voir, et leur poser des questions. Et attendre une réponse, et en avoir une autre. C’est l’histoire de la vie. (rires) Non, mais sérieusement, c’est important.

J – « Ecoutez-moi » (rires)

A – Je le dis pour éduquer ceux qui posent toujours les mêmes questions. On peut très bien, (rires Christophe & Jérémie) amener, la même question que tout le monde, différemment, être un peu plus subtil. Ne pas toujours dire « Alors pourquoi Revolver, pourquoi vous chantez en anglais… racontez-nous, c’est quoi votre histoire, comment vous vous êtes rencontrés ?« . Il faut que ça se fasse spontanément. Il y avait vraiment des jours où on voyait vraiment la différence. On a fait quinze interviews, on était épuisés. Et puis le dernier amenait ça de manière complètement différente, et c’était un plaisir. On disait les mêmes choses grosso modo, mais ce n’était pas pareil.

Cette année, neuf mois de tournée, trois phases, les setlists ont changé, les arrangements aussi. Comment expliquez-vous que vous vous renouveliez à des intervalles aussi réduits ?

A – Y a plusieurs choses. On s’ennuie assez vite quand on fait la même chose pendant plusieurs mois. On a très vite envie de changer des choses. Aussi, c’est difficile d’adapter les morceaux d’un disque à la scène. Tu as l’impression que ça va marcher tout seul, juste en rejouant le morceau comme il est sur l’album. Ce n’est quasiment jamais le cas. Il faut toujours réadapter. C’est toujours différent. Ça prend du temps à peaufiner. Tu fais des concerts, au bout de dix concerts, tu as trois morceaux qui ne marchent jamais, tu te dis: « celles-là faut les réarranger, faut les refaire ». Du coup on essaye d’autres choses. Je crois aussi que même si on joue le même morceau exactement de la même façon pendant six mois, tout seul il évolue, en fonction de ce qu’on va faire comme scène, on va le jouer différemment, petit à petit ça va aller ailleurs…

J- Et puis même, aussi, en fonction de l’endroit où il va être dans la setlist. Il y a des morceaux, on va essayer de faire une setlist qui est un peu cohérente, on va vouloir prendre les gens, et y a des morceaux qu’on va moins sentir, on ne va pas savoir où les mettre et du coup, on va essayer de les mettre au début. On va vite se rendre compte que, ils ne rentrent pas bien dans la setlist. Il vaut mieux les enlever plutôt que de mal les défendre.

On a beaucoup parlé de l’Olympia avant, mais après coup, un Olympia, ça fait quoi ?

A – C’était incroyable ! (rires) Ce dont je suis vraiment content par rapport à L’Olympia, c’est que c’était, c’est quand même une des dates qu’on a le plus attendu dans notre vie, je pense, c’était LA date. LA date qu’on avait le plus anticipée dans notre tête. Avec, peut être, les tous premiers concerts qu’on a faits dans les bars, quand on en faisait un par mois, ou un tous les trois mois. Et l’Olympia c’était vraiment une date hyper symbolique, hyper importante. C’était la dernière date avec Maxime et Mike (Garoute et Clinton – batterie et basse). Et là où je suis content, c’était un bon concert. C’est que, parfois, les grands rendez-vous, comme ça

J – On passe complètement à côté

A – Oui. On passe trop de temps à se dire « faut pas que je passe à côté (rires) faut que ça se passe bien » ou on est stressé parce que c’est à Paris ou dans un lieu un peu mythique. Et, moi je me souviens de concerts qu’on a faits à Paris et on avait l’impression de passer à côté.

J – Un Café de la Danse aussi.

C – On ne va pas dévoiler tous nos concerts ratés (rires).

A – Le premier Café de la Danse qu’on a fait, le seul, d’ailleurs. C’est vrai. Ça ne veut pas dire que ce sont des concerts pourris, hein! Mais, c’est vrai qu’en en sortant on avait l’impression de ne même pas avoir été là. Et c’est ce qui se passe, je pense, quand tu es trop… stressé.

J – Que tu te mets trop la pression,

A- Un concert c’est quelque chose de super simple, quelque part. Franchement, le soir j’étais crevé, mais je me suis dit « C’est cool, on a fait notre Olympia, et on l’a bien fait« . (Jérémie & Christophe acquiescent).

 

Vous étiez cinq sur scène cette année, vous venez d’évoquer Maxime et Mike, ça fait quoi de changer d’équipe en cours de tournée ?

A – Ça s’est hyper bien passé en fait, on avait vachement peur de ça, mais surtout de jouer sans Maxime Garoute, parce que finalement, ça faisait trois ans qu’on jouait avec lui. Il était devenu tellement important. Physiquement déjà et même humainement. Important dans le groupe, mais aussi par son jeu.

C – C’est surtout le seul batteur qu’on connaissait…

A – C’est le seul batteur avec qui on avait joué…

C – C’était la définition même de la batterie.

A – C’était une définition très présente (rires) et c’est quelqu’un qui a une personnalité très forte. On avait vraiment peur de jouer sans lui. C’est presque comme si on jouait sans l’un de nous trois. Et en fait, c’est le frère de Christophe, Nicolas, qui a remplacé Maxime Garoute, et Élise Blanchard à la basse. Il nous restait un mois et demi de tournée. On ne savait pas du tout comment ça allait se passer. On était contents: ça a été quinze fois au-delà de nos espérances.

Sur scène, vous reprenez souvent des morceaux d’autres artistes. Comment choisissez-vous vos covers ?

A – L’envie d’un de nous trois, ou parfois tous les trois ensemble…

C – Ou parfois – très souvent – de notre régisseur

Ils rient tous les trois

A – oui de notre régisseur « Eh faudrait que vous jouiez celui-là, il est cool »

J - On lui dit non au début, et après il insiste,

C – C’est ça !

J – Pendant plusieurs mois (rires) et après, on lui dit oui !

A – Il nous la fait écouter tous les jours, genre Nevertheless des Mills Brothers,

C – On l’a entendu…dans le bus…

A – C’est un morceau qu’il passait tout le temps. Et un jour c’était sur un festival, mais y a longtemps, c’était la tournée des Festivals de 2010, on a commencé à le jouer pour rigoler, pour lui faire plaisir, et le faire chier aussi… Puis, on l’a chanté et on s’est dit « en fait, c’est cool, ça marche super« . On a fait une petite vidéo après. On l’avait jamais joué sur scène, on l’avait juste filmée.

J – On l’avait juste jouée comme ça…

A – Et puis c’est un soir, y a pas très longtemps, y a genre deux mois, il nous a dit « y avait cette reprise, qui était super, là, vous ne la faites jamais, vous ne l’avez faite qu’une fois pour une vidéo pourrie« . Elle n’est pas pourrie la vidéo, hein, mais bon, ce sont ses termes (rires) du coup, pour rigoler on l’a rejouée, et le soir même on l’a faite devant les gens.

Après les autres, ça dépend. Il y a des morceaux qu’on a envie de faire depuis longtemps ou des trucs qu’on découvre et on se dit « allez, on essaye ». Il n’y a pas vraiment de règles en fait.

De toutes celles que vous avez réinterprétées, laquelle a demandé le plus de travail?

A – À partir du moment où on fait des reprises juste tous les trois, une guitare et nos trois voix,

C – en général ça vient très vite

A – Ça va très très vite.

C – Même les Buffalo Springfield (For What It’s Worth) c’est venu tout de suite (Ambroise et Jérémie acquiescent), alors qu’elle était moins évidente. Elle est venue hyper rapidement.

A – Pour les reprises, quand on est tous les trois, c’est hyper facile. On a tellement l’habitude de jouer ensemble en acoustique qu’il y a un truc évident. Immédiatement, chacun se place, sait quoi jouer, quoi chanter. Après une de celles qui étaient les plus dures à jouer, je pense que c’était quand même Because,

J- On l’a bien bossée,

A – … des Beatles, celle-là était vraiment dure. Après je dirais Helplessly Hoping, qui est la plus représentative de ce qu’on essaie de faire.

En septembre, vous avez sorti la réédition de votre second opus. Comment s’est imposée l’idée des Home Sessions ?

A- Les Home Sessions, c’est plusieurs choses en même temps. D’un côté, nous ça faisait longtemps qu’on faisait des versions acoustiques de nos morceaux dans des showcases, des promos, des concerts… Et ça faisait longtemps que l’on avait envie de bien enregistrer les versions acoustiques des chansons. En même temps la maison de disque nous a proposé de faire une réédition de l’album, assez vite à vrai dire, cinq mois après la sortie de l’album principal. Et je venais de m’acheter une boite à rythmes, une Groovebox. On n’avait pas vraiment envie de faire des versions acoustiques comme on en avait toujours fait, à savoir deux guitares, le violoncelle, les trois voix. On avait envie d’amener un truc un peu différent, et du coup, on a essayé de faire un mélange entre la couleur très acoustique, la boite à rythmes, les synthés, un peu de pianos. On s’est dit qu’on allait le faire. C’était l’occasion de faire un disque que tous les trois, chose que nous n’avions jamais faite, à part des maquettes. On a essayé de voir ce que ça donnait de faire un disque juste à trois, en faisant tout, tous seuls.

C - Comme tout, ça se fait un peu au fur et à mesure, tu ne prends pas une décision un jour de faire de A à Z un truc, tu commences à le faire et comme ça te plait, au bout d’un moment tu te rends compte que…

A – … Ça peut donner quelque chose.

C – Tu vois, t’as jamais des grands plans en tête sur tout ce que tu vas faire. Et 2012 ça pas été une année où l’on savait de A à Z. Tu te laisses porter parce que c’est bien et les home Sessions c’était la même chose.

Combien de temps il vous a fallu pour l’enregistrer ?

A- Ça a du prendre deux semaines à peu près. C’était entrecoupé de festivals.

C – En tout…

A – En jours d’enregistrement, c’était pas plus de deux semaines, voire 10 jours peut-être

J – Voire moins.

A - C’était la tournée des festivals. On a enregistré en juillet. On était super limités par le temps. C’est ça aussi qui a un peu défini ce qu’on allait faire sur l’album. On pouvait faire très peu de choses parce que justement: on n’avait pas le temps de les faire. On avait un seul micro, on enregistrait tout séparément, et du coup, il fallait faire des choix super vite. Surtout ne pas s’embarquer dans des trucs trop compliqués et ça a été hyper bénéfique d’avoir un temps très limité, comme ça. Tout de suite, on a dû prendre des décisions un peu pour tout l’album, et ça fait qu’il a un vrai caractère. Au début, on ne savait pas trop si on allait trouver des versions intéressantes sur tous les morceaux. Il y avait des chansons pour lesquelles faire une version acoustique permettrait vraiment de donner une autre lecture par rapport à l’album. Des chansons comme Let’s Get Together ou When You’re Away ou …

JWind Song.

A – Ou Wind Song… Et un jour j’ai essayé de jouer The Letter au piano chez moi. Juste piano-voix, je me disais, si ça se trouve, on va réussir à faire d’autres versions, même de chansons comme Let Go ou My Lady I, c’est une version très différente alors que sur l’album elles sont déjà très acoustiques.

Interview2

Quelles ont été les chansons les plus dures à enregistrer ?

AWhen You’re Away ça a été un morceau difficile. On s’est vraiment posé beaucoup de questions, et c’est un arpège qu’a fait Christophe, à la guitare, qui est l’arpège principal, dans le grave. C’est cet arpège qui a fait que l’on s’est dit, « c’est cool ça peut tenir là-dessus, exclusivement ».

C – Celle-là et Let’s Get Together ont été les plus difficiles…

A – Bizarrement Let’s Get Together c’est l’une des premières qu’on a faites, mais c’est celle que l’on a fini en dernier. Comme sur l’album.

CLet’s Get Together c’est la première, mais on n’avait que quinze secondes qui marchaient.

A – Oui, c’est ça…

J – Mais elles marchaient très bien !

C – Tu joues quinze secondes, tu te dis, « ça va être trop cool ce morceau« , et quand tu dépasses les quinze secondes, « ça va être compliqué en fait« . Dès le studio elle a été compliquée, cette chanson.

ALosing You n’a pas été facile non plus, on était hyper exigeants : on l’avait tellement jouée en acoustique, que l’on avait une idée hyper précise de ce que l’on voulait faire dessus… et c’est le pire. Quand tu essaies de faire exactement

A et J – ce que tu as en tête…

A -… que ça devient difficile.

C - En plus, ce qui était bizarre sur Losing You, la partie de guitare, comme on la jouait en festival tout le temps, on ne faisait pas du tout la version acoustique, on a enregistré la version acoustique quand on avait plutôt l’habitude de jouer…

J - Une autre version.

A - Y avait quand même des points communs…

C - bien sur, mais fallait quand même être un peu (fait un geste qui sépare son visage en deux)

A et J - Schizophrène… !

Vous avez aussi fait la BO de Comme des Frères, cette année. Comment ça s’est déroulé?

A - Très vite. L’enregistrement s’est passé aux studios Gang, à Paris. C’est un studio que l’on ne connaissait pas, qui est vraiment incroyable. Ça s’est passé hyper vite. On a été cinq jours en studios, et, c’était cinq jours où, on avait une espèce de cahier des charges, hyper précis, parce qu’on avait 26 morceaux à enregistrer, plus ou moins longs. On avait un grand tableau avec tous les titres et toutes les parties et on cochait les cases. Il fallait être vraiment hyper rapide et rentabiliser… Parce qu’en fait, nous on était entre l’enregistrement de l’album, et la tournée,

J - Et la promo

A -… et les répètes. On avait vraiment très peu de temps pour le faire. Ça s’est passé vraiment très vite. On a été très bien entouré par Gang studio, par les ingé-son…

C - C’est vrai quand j’y repense, j’ai l’impression que ça s’est passé

A - en deux jours, alors qu’on a du le faire en cinq jours, je crois. Un truc comme ça. Cinq ou six.

C - C’était hyper rapide.

J - C’était vraiment speed.

A - C’était vraiment très très très rapide. C’était déjà vraiment fatigant. Déjà on avait commencé fort l’année.

Quel est le lieu le plus insolite dans lequel vous ayez joué en 2012 ?

A - (Sans réfléchir) Le Salon de L’Automobile !

C - « Aaaaaargh »

(Jérémie, rire niais.)

C - Fallait pas le dire, fallait pas le dire !

A - On a fait un concert, une sorte de showcase au Salon de l’Automobile, c’était vraiment…

C - Sous un phono, hein, bien sûr !

A - On ne savait pas trop que c’était ça. On avait accepté comme ça vite fait, cet été, et on s’est retrouvés à jouer devant… des voitures. (rires), mais bon.

C - C’était assez douloureux.

J - C’était bizarre.

Est ce que vous comptez jouer dans d’autres lieux insolites comme vous avez fait des parcs, mais cette fois des chapelles, des bibliothèques… ?

A - Moi, j’aimerais bien, un jour, qu’on fasse une tournée d’églises. Mais dans ce cas-là ce sera peut-être avec d’autres musiciens en plus, et peut être un organiste ou des musiciens classiques

J - d’autres instruments…

A - J’aimerais bien qu’on fasse une tournée, mais une petite tournée. Cinq concerts, dix concerts… Ça peut être vraiment cool.

Et 2013, vous allez enfin pouvoir… souffler ?

A - Un peu

J - Un petit peu.

Ou c’est juste une …

A - Une Illusion ? Si, si, on va souffler. On en a besoin. Souffler ça ne veut pas dire ne rien faire. Ce qui était difficile à gérer sur ce deuxième album c’est que l’on n’a pas fait de – dit comme ça c’est un peu triste, mais ce n’est pas vrai – on n’a pas fait de véritables découvertes par rapport au premier album. On a refait les mêmes choses, en mieux. On a refait plein de concerts, de tournées, mais aussi les festivals, les télés dans lesquelles on était allés, mis à part Le Grand Journal, qu’on n’avait jamais fait. On a refait des promos et c’était tout plein de choses que l’on connaissait déjà. À chaque fois sur le premier album on était là : « Whoua, c’est trop cool, ça !« . Et là, il y avait quelque chose d’un peu plus répétitif. Et s’il y a quelque chose qu’on a envie de faire en 2013, c’est de briser toutes ces petites habitudes qui se sont installées, pour partir dans quelque chose de vraiment nouveau. Que ce soit dans ce qu’on va faire ou dans la façon dont on va le faire. Que ça soit de la musique, je veux dire, dans le rythme… On a envie de changer un peu tout. On n’aime pas trop les habitudes.

Ça se sent. Donc pas de concert prévu en 2013 ?

A - Pas en France, on fait une petite tournée en Australie, en janvier, on fait quelques concerts là-bas, trois-quatre, mais en France, on ne sait pas du tout quand est ce qu’on va rejouer.

Interview3

Quant à la soirée, elle s’est ouverte sur la pop-folk mélodieuse de Nick Mulvey, Cet anglais, Londonien nous précise-t-il, arrive seul en scène, sa guitare à la main et avec pour seules armes son regard clair et sa voix. Un set relativement court et très bien mené qui plante le décor pour une soirée placée sous de bons auspices. On se souviendra de la délicieuse Cucurucu et de ses jolies camarades. Une première partie, parenthèse enchantée et poétique. Une jolie découverte qui fait voyager, ouvre les yeux et ravit les oreilles.

La Maroquinerie est déjà loin quand Revolver se met en place pour une setlist identique à celle de l’Olympia (pourquoi diable changer une équipe qui gagne ?). La voilà qui tour à tour tressaille, vibre, sautille et danse. Elle est pleine et il y fait bon passer cette avant-dernière soirée pré-apocalyptique. La nouvelle formation fonctionne comme une évidence, elle roule, complice. On en oublierait presque qu’elle est récente. Le public très présent répond à l’énergie dégagée depuis la scène. Même pas peur, premier rappel et Still, le quart d’heure américain, voit son lot de danseurs. Les couples fleurissent et n’ont jamais été aussi proches, faute d’espace. Alors qu’en second rappel se clôt My Old Self une interférence rompt le silence et fait rire la salle et les trois comparses.

Une soirée exquise tant Nick Mulvey et Revolver ont séduit la petite salle Parisienne. Revolver prouve sur cette dernière date qu’ils sont bien un groupe live devant un public conquis et rêveur.

Une dernière question subsiste: À quand la prochaine fin du monde, que l’on revienne sur l’année qu’on vient de passer, et la célébrer une « dernière fois »?

Remerciements : Arnaud chez EMI et la Maroquinerie.

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A propos de l'auteur

Image de : Diplômée d'un Master 2 de Cinéma, musicienne de chambre, chanteuse de salle de bain, humoriste de placard, voyageuse par procuration, photographe amateur au regard amusé, monteuse intransigeante. J'ai un gros souci avec la couleur rouge et j'ai toujours un truc dans les cheveux. Oh, Boy! Manon, mais pas trop. *Twitter *Galerie

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