Reverend and the Makers : French kiss in the chaos

par Déborah|
La pochette aux couleurs saturées annonce la couleur : Reverend and the Makers, les révolutionnaires de Sheffield, amis des Arctic Monkeys et détendeurs d'un très bon premier album - The states of things - sont de retour.

albumcoverQue ceux qui s’attendent à un rock brut et bourrin passent leur chemin. Le groupe prône un retour aux sources du folk rock américain. Joli pari que réconcilier tradition et avant-gardisme. Feu de poudre ou véritable coup de coeur ? En tout cas cela faisait un moment qu’on n’avait pas écouté un projet capable de capter l’attention de l’ado en slim et du soixante huitard en manque de trip hippie.

Dans ce deuxième opus – French Kiss in the Chaos – le révérend Jon Mc Clure nous embarque dans un van en compagnie de ses enfants de choeur pour un voyage crépusculaire à travers notre quotidien où crise, politique et écologie sont élevés au rang de dogmes poétiques.

Sur Silence is talking qui ouvre le bal, le groupe renoue avec ses thèmes de prédilection : le système qui formate et l’amour qui transcende. Romantique le révérend ? Efficace plutôt. En effet, la mélodie s’ancre dans les esprits dès la première écoute, plutôt impressionnant quand on pense à la quantité de musique que nos cerveaux ingurgitent quotidiennement. On n’écoute pas Reverend and the Makers comme on écoute un bon électro des familles.

Pluralité et richesse instrumentale. Le genre de critiques génériques qu’on entend beaucoup, mais qui prennent ici tout leur sens. Voilà ce qui différencie Reverend and the Makers des autres groupes et qui en fait un acteur majeur du paysage musical actuel. Les sceptiques pourront certes les comparer avec des groupes tels que CSS ou The Faint . Cependant, on revient aux paroles incomparables de Jon Mc Clure et tous les préjugés volent en éclats. Terminé les babillages d’adolescents et les sons épurés et froids. Le révérend nous envoie dans la cour des grands, en digne héritier des protest songers des années 60, la vibe électro en plus. Tantôt poète saltimbanque avec Hidden persuades ou clone d’ Elvis Costello dans Professor pickles, Jon Mc Clure en fait trop, mais on adore. On s’attend presque à le voir débarquer dans une manif étudiante avec sa guitare et sa folie. Son côté « donneur de leçons » agacera certains, mais n’oublions pas que le « trop » a toujours été l’apanage des plus grands.

533004L’avant dernier morceau de l’album, The end annonce déjà (trop tôt) la fin du voyage par des riffs trop tendus pour être honnêtes, comme si l’orgasme musical était tout proche. Difficile de trouver des faiblesses à cet album. On regrette pourtant la douceur excessive de certains morceaux quand on voudrait que ça explose et que Jon Mc Clure dégage sa soutane et se lâche autant que sur le premier opus. Mais parmi la nouvelle génération des Dodos et autres Crystal Castle qui envahit les salles et les festivals, le révérend se place aujourd’hui comme le maitre. Maitre à penser mais aussi maitre à jouer, puisque c’est toujours avec audace et provocation légère qu’il envoie valser ses challengers à la course aux charts. On ne peut qu’être impatient de le voir sur scène pour juger si oui ou non cet album est vraiment celui de la rentrée.

En attendant et jusqu’à la fin de leur cérémonie, on ne lâche pas Reverend and the makers . French Kiss in the chaos s’achève sur les rythmes épurés de Hard time for dreamers, dernier hymne de cet album qui s’écoute comme on entame un road trip : avec adrénaline et émerveillement. AMEN.

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