Résidence Revolver #1

par Elsa, |
En février, la Flèche d’Or donne carte blanche à Revolver: pendant trois soirs, dont Discordance est partenaire, la pop de chambre du trio s’entoure d’amis parisiens (David Aron, One-Two…) et d’autres "popeux" passionnants (Ra Ra Riot, The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads).

l_dfd89617a5d4697f1c118f836893a2c9L’hiver est là, c’est un fait, mais ne nous laissons pas abattre ! Claquons la porte au nez des intempéries et courons nous réfugier à la Flèche d’Or. Sans doute l’un des meilleurs remèdes à cette grisaille saisonnière.

Avant le coup d’envoi d’une première soirée à l’ambiance folk et rockabilly, rencontre avec Revolver : Ambroise (guitare, piano, chant) et Christophe (guitare, chant) nous en disent plus sur leur carte blanche et sur la sortie prochaine de leur premier album.

Pouvez-vous défendre l’affiche de votre résidence, à la manière de programmateurs ?

Ambroise : Nous n’avons pas choisi tous les groupes qui jouent avec nous, quelques-uns ont été sélectionnés par la Flèche d’Or. Dans ceux qu’on a réellement invités, il y a David Aron, qui joue avec nous ce soir : c’est un chanteur de folk en français et c’est aussi un ami. On l’a accompagné pendant quelque temps avant de se consacrer à Revolver . On a invité aussi Mustang, ils viennent de Clermont-Ferrand, ils ont 18 ans et font du rockabilly. C’est hyper bien. Ils ont vraiment de la gueule, avec la banane et tout.
La semaine prochaine il y a Ra Ra Riot, le 27 on a invité One-Two, groupe français avec qui on partage notre batteur. On a enregistré notre album avec le même réalisateur, Julien Delfaud . On s’est donc rencontrés par réalisateur et batteur interposé, mais je connais leur musique depuis trois-quatre ans. Il y aura aussi Le Tone, artiste français de musique électro.

Quels ont été vos albums préférés en 2008 ?

Christophe : J’ai adoré Midnight Boom de The Kills . J’ai trouvé ça très riche et vraiment cool qu’ils fassent appel à un producteur de hip-hop. Ils n’ont pas voulu rester dans un son très garage, très brut, mais aller vers des éléments dansants et percussifs. C’est courageux.

A : Sinon il y a eu Vampire Weekend, le premier album de Laura Marling, une chanteuse folk anglaise. Le premier album des Fleet Foxes aussi, que je trouve très bien, des rééditions de Bob Dylan .

C : J’ai du mal à raisonner par année et voir ce qui est sorti en 2008, c’est un peu flou.

A : Leonard Cohen, un petit peu MGMT mais c’est vite passé.

C : Je n’aime pas leurs textes, ils sont vraiment désagréables, et la la production est trop chargée.

A : Il n’y a pas d’autres choses qu’on a aimé ?

C : Il y a beaucoup de choses qu’on n’a pas aimées. ( rires )

A : Non, franchement c’était un bon cru ! L’année des premiers albums réussis. Il y a eu énormément de premiers albums excellents.

C : Ah oui, le dernier Frusciante aussi !

Votre style est la « pop de chambre », vous pouvez nous expliquer le concept ?

l_ddbb58b1bd3c67b0c86aeeff15ce3363 A : C’est venu après un concert acoustique qu’on a fait dans un appartement. On a joué avec deux guitares acoustiques et un violoncelle, trois voix. À la fin du concert, un ami est venu me dire, « c’est marrant, vous faites vraiment de la musique de chambre pop », et moi j’ai réagi « on fait de la pop de chambre ». C’est comme ça que l’expression est née. Ça décrivait très bien l’esprit de notre musique à ce moment-là, parce que, depuis, on a enregistré notre album.

C : Ça a été l’idée principalement sur l’EP, mais avec l’album on a voulu évoluer un peu. La batterie a changé les choses, ce qui reste ce sont les harmonies vocales.

A : . et la guitare acoustique sur tous les morceaux. On a un peu durci notre musique, on l’a rendue plus mature, je pense.

Avez-vous terminé l’enregistrement de ce premier album ?

A : Il est en train d’être masterisé.

C : On doit valider le master aujourd’hui, mais, comme on est à la Flèche d’Or, ca va être difficile !

Vous pourriez nous en parler en avant-première ?

A : Il devrait sortir en mai. On l’a enregistré avec Julien Delfaud, qui a réalisé les albums notamment de Phoenix, Herman Düne, One-Two . Il a réussi à réellement conserver notre esprit, tout en nous amenant un peu plus loin. Il a donné la matière qu’il fallait pour certaines chansons, à en garder d’autres très brutes. Je pense qu’il nous a aussi beaucoup aidés sur l’interprétation, à être plus investis dans notre façon de chanter et de jouer. Il y a douze morceaux sur l’album et on en est vraiment très contents.

Un single se dessine ?

A : On hésite encore, il y a plusieurs morceaux qui pourraient l’être.. Il y a trois morceaux de l’EP qui sont sur l’album, qu’on a complètement revisités.

Concernant cette première expérience d’enregistrement d’album : qu’est-ce qui vous a surpris, déçu, ravi ?

C : Moi je l’ai très bien vécu, je pense qu’on est tous très contents de l’enregistrement. C’était la première fois qu’on passait presque un mois dans un studio, 6 jours sur 7. C’était vraiment un bon rythme : on commençait à 10h du matin, on s’arrêtait à 19h. C’est beaucoup de boulot, très intensif, mais c’est très agréable. C’était un peu difficile de sortir de ça.

De très bonnes critiques dans la presse ont accompagné votre premier EP, ça vous met la pression pour l’album ?

emi-music-day-28022009-paris-2 C : Avec l’album, on est allés vraiment plus loin que sur l’EP. Je pense que les gens qui ont figé l’image de notre musique vont être surpris. Les bonnes réactions nous ont fait très plaisir, surtout qu’à la base, ça ne devait pas sortir. On a même eu de bonnes critiques américaines, ce qui est incroyable !

A : La seule crainte qu’on peut avoir, c’est que les gens soient nostalgiques de l’EP. Mais c’était quelque chose qu’on avait prémédité. On parle beaucoup de Cocoon en ce moment, et on n’avait pas envie d’être assimilés à cette vague-là. Non pas qu’on fasse du hard rock/death metal ! ( rires )

C : On a eu une grosse expérience de scène, avant et pendant l’album, qui nous a beaucoup orientés. La veille de l’enregistrement, on jouait à Rennes, le lendemain matin on entrait en studio. Ça a énormément influencé notre perception de notre musique et de nos aspirations, pour le mieux.

A : L’aspect « pop de chambre » est peut être désormais plus réservé à des tournées dans des lieux atypiques, des appartements.

C : Ca peut être aussi être de faire un jour un concert, et ensuite un after-show dans un appartement en acoustique. On avait fait un concert à l’église St Eustache, par exemple, devant 80-100 personnes avec l’association Madame Lune . C’était très fort et on aime beaucoup ces conditions-là. C’est un peu la base de notre musique. C’est vraiment différent d’être sur une scène. J’aime faire les deux, c’est très intéressant.

Qu’attendez-vous de cette résidence à la Flèche d’Or ?

A : Beaucoup d’alcool, de bons gros rockeurs qui envoient. ( rires )
Il faut encore qu’on rode notre set avec le batteur, car on n’a joué qu’une fois sur scène avec lui. On s’en sort déjà pas mal, on va essayer de mettre la barre plus haut. On n’a jamais eu autant de pression que pour ce soir et les deux autres concerts, parcequ’on a un album qui arrive et qui est attendu. On défend cet album en avant-première, ce qui est un peu stressant. En même temps, on est très contents de jouer avec les gens qu’on aime. C’est un peu la fête !

Résidence Revolver #1 : Ambiance Pop’n'Folk à la Flèche !

emi-music-day-28022009-parisCette soirée intimiste commence en douceur avec le premier invité du groupe : David Aron . À première vue, on s’embarque vers des latitudes exotiques : contrebasse, percussions, maracas, rythmes chaloupés et bien balancés. bref, y’a de la bossa dans l’air ! Vient alors se poser sur cette vague la voix du chanteur qui évoque la nonchalance d’un Gainsbourg période javanaise.

Le chant apporte une petite touche de mélancolie à l’élan rythmé de la bossa : voix sur le fil, texte poétique et ballade nostalgique. Une saudade « à la Française » en somme, qui se réclame plus de la Beat Generation que de Vincent Delerm . Ouf.

Acte II de la soirée : grand coup de balai sur la mélancolie, faites place à Turner Cody ! Seul sur scène avec sa guitare, le New-Yorkais annonce la couleur dès les premiers accords : une folk colorée qui sonne comme un road-trip New-York/Los Angeles. Los Angeles pour les mélodies minimalistes tendance Summer of Love, New-York pour la malice et l’ironie héritée du mouvement anti-folk de la scène de Big Apple. Ce n’est pas un hasard si le bonhomme compte parmi ses amis Kimya Dawson, Herman Düne et Adam Green . Bref, on est accroché par sa performance diablement efficace. Cody bouge, gratte, sautille, fait des blagues et raconte des anecdotes, et nous, on adore. Mention spéciale au look furieusement rétro du personnage : chapeau, barbe, complet en velours, tout y est pour nous faire sentir jusqu’au fond de la salle l’Amérique qui est restée collée au fond de sa guitare.

Passons rapidement sur le bémol de la soirée. Tout un programme est annoncé par le dernier groupe, Mustang : Johnny Cash et Elvis sont revendiqués d’emblée avec un tel nom. On les retrouve également dans le look rockabilly du chanteur: vêtu de noir, banane 50′s et Gretsch demi-caisse blanche, tout est là. Mais l’ensemble tombe un peu à plat: les paroles en français ne font pas décoller les mélodies, en dépit de l’énergie dégagée sur scène. À trop vouloir faire comme nos idoles, on en oublie parfois d’innover.

emi-music-day-28022009-paris-3Entrons désormais dans le vif du sujet. Tirés à quatre épingles, propres comme un sou neuf, les trois garçons « dans le vent » affichent un sourire jusqu’aux oreilles. Ils ont le droit. Apparemment, tout le monde est au rendez-vous et les attend de pied ferme : parents, amis, amies ou mélomanes, ils attendent de savourer la recette délicieuse et extrêmement simple de Revolver, résumée par le titre de l’EP Pop de Chambre . Autrement dit, un peu de Beach Boys et beaucoup de Beatles pour le coté « swinging 60′s » et « gentils garçons ». Ils ont d’ailleurs déjà la même capacité à soulever le coeur de jeunes filles en fleurs, qui n’hésitent pas à jouer des cordes vocales au premier rang. Les harmonies parfaitement maîtrisées et les voix en surimpression font qu’on voit parfaitement les Revolver reprendre en coeur Mr Sandman dans Cry Baby, le film de John Waters .

L’ingrédient secret de cette recette, c’est la mise à profit des années de conservatoire de ces charmantes têtes blondes. Ils réintègrent sans complexe dans leurs compositions le violoncelle et la maîtrise des gammes. Résultat : une douceur rétro pour une ambiance chaleureuse et intime. À souligner, la superbe reprise du King, Can’t help falling in love with you, déclinée avec délicatesse sur toutes les harmonies possibles et qui justifie à elle seule d’attendre la fin du concert.

Mais attention, il ne faut pas se fier aux apparences. Revolver dégage sur scène une réelle énergie électrique. La présence de la batterie, jusqu’alors absente du line up, donne du punch à la prestation. Les guitares suivent et le chanteur se laisse aller à des élans carrément rock et plus du tout pop.

Ces aspérités sont les bienvenues, car elles apportent juste le piquant qu’il faut pour donner envie de s’y replonger. Ça tombe bien, il reste encore deux soirées à savourer. Alors, hop, on enfile ses moufles et sa chapka et on court à la Flèche !

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La programmation de la Flèche d’Or: http://www.flechedor.fr » href= »http://www.flechedor.fr »>http://www.flechedor.fr

3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 19 février 2009
    Hélène a écrit :

    Je me rappelle d’un temps où les compères de Revolver étaient simplement trois. Trois jeunes garçons, timides, trois Voix, deux guitares et un violoncelle et des mélodies imparables.
    Un savoureux mélange de pop folk qui, moi, mes amis et le public du Truskel, OPA et autre bars-concerts, a scotché et complètement séduit.
    Et puis quelques semaines plus tard, la rançon du succès, une signature sur un prestigieux label, des premières parties dans des Zénith de France, bref, les Revolver avaient un peu disparu de la scène parisienne et de ses petits bars chaleureux.
    C’est avec un plaisir non dissimulé que j’étais ravie de les retrouver à la Flèche pour leur résidence !

    Et voilà que ce qui devait arriver arriva. Je n’ai pas du tout été conquise. Cela n’engage que moi mais je n’ai rien retrouvé de cette authenticité, du « son Revolver »…
    J’ai trouvé leur prestation plutôt banale. Les voix n’étaient plus mises en valeur, on entendait à peine le violoncelle. A part sur le dernier morceau qui est plus pêchu où la batterie accompagnait bien l’ensemble, j’ai vraiment trouvé qu’on pouvait s’en passer sur les autres morceaux. Il n’y avait plus la même émotion, plus la même intensité.

    Je suis pourtant revenue hier soir pour la soirée Revolver #2, surtout pour voir les excellents Ra Ra Riot (dont la prestation a été gâchée par un vilain problème de son) et je n’ai pas changé d’avis concernant Revolver. Tout ça me semble trop formaté pour passer en radio et pour ressembler à un certain style de musique qui marche en ce moment (genre Cocoon).
    Tant mieux, c’est tout le succès que je leur souhaite mais j’espère qu’ils ne s’égareront pas en chemin (à l’instar des susnommés)…

  2. 2
    le Samedi 21 février 2009
    Xj a écrit :

    Excuse moi Hélène mais je ne suis pas du tout mais alors pas du tout d’accord avec toi.

    l’EP de Revolver était certes très joli et laissait déjà transparaitre un songwriting pop évident.

    Mais quelle belle surprise pour moi de les (re)découvrir à la flèche ce mercredi. les chansons sont toujours là mais on sent qu’un (grand) palier a été franchit.
    >La batterie leur apporte une énergie, une fraicheur supplémentaire et transcende les titres présent sur l’EP.
    >les harmonies vocales puissantes et poignantes (et ceux malgré un son assez mauvais il faut bien le dire)
    >les nouvelles compos’ semble de toute beauté et je meurs d’envie d’écouter le disque et de les revoir vite… très vite…

    Ah oui au fait, Revolver surpasse de très très loin ses jeunes « compères » français, Cocoon & Co. Ca n’a juste RIEN à voir.

  3. 3
    le Mercredi 21 octobre 2009
    alilien a écrit :

    moi je suis tous simplement fan de ce groupe !! quand j’ai decouvert leurs musique j’ai eu un declique.. je sais maintenant ce que je veut faire comme genre de musique plus tard =P et de les avoir vu en concert sa a « changer ma vie » .. sa peu paraitre bizarre mais c’est vrai ! et j’espere vraiment pouvoir les connaitre mieux dans l’avenir.. ^^ mais je pense qu »il ne faut pas que je reve trop …. en tout cas, leurs musique est d’une legereter et avec un si bon rythme et leurs voies son.. Magnifique !!! ((j’arrete pas de les ecouter en boucle)) ^^

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