Alan Wilder

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Rencontre express avec Alan Wilder à quelques heures de son premier concert parisien avec Recoil, pour la sortie de Selected, un bestof composé d’une sélection de 14 titres entièrement remastérisés pour l’occasion.

À la confirmation de cette interview, beaucoup d’images ont ressurgi : les longs moments à regarder les VHS, puis les DVDs des tournées 101 et Songs of Faith and Devotion, les photos d’Anton Corbjin et les inlassables discussions de jeunesse pour tenter de savoir quel album de Depeche Mode était le mieux…

Après son départ du célèbre boys band, en 1995, Alan Wilder s’est consacré entièrement à Recoil, son side-project débuté une dizaine d’années auparavant. Même si Recoil est resté au cours de toutes ces années un projet relativement confidentiel, son univers aux ambiances dépaysantes, résonne paradoxalement d’une manière agréablement familière.

Ce qui frappe surtout chez Alan Wilder, c’est son professionnalisme musical qui réussit à envouter son auditeur tout en étant conscient de la complexité de la création.

Comment vas-tu ?

Image de Alan Wilder Je vais bien, mais je suis un peu stressé.

Heureux d’être à Paris ?

Oui, je n’avais jamais séjourné dans ce coin de Paris. Je séjourne au Cube Hôtel, tu connais ?

Seulement de nom…

Le coin n’est pas génial, mais c’est un chouette hôtel. Avant j’ai été à Montmartre, et ce n’est pas si joli que ça (rires).

C’est donc la première fois que tu joues ton projet Recoil. Tu pensais que c’était le bon moment ?

On sort donc une sorte de best of qui s’appelle Selected et qui est accompagné d’un CD de remix. Cela pouvait donc permettre à de nouvelles personnes de connaitre cette musique. Cela faisait longtemps que j’évoquais le fait de jouer live avec Recoil, mais vu la difficulté de constituer un groupe… Car Recoil n’est pas un groupe, c’est autre chose et il y avait notamment le problème vocal à résoudre. C’était quelque chose que j’avais envie de faire, mais qui ne s’était encore jamais fait auparavant. Les tournées sont pour les groupes l’une des principales rentrées d’argent, et même si dans mon cas, je ne le fais pas pour l’argent, il y avait des demandes de la maison de production.

Penses-tu que de faire aboutir ce projet studio en un événement live est une étape ou plutôt une sorte de conclusion ?

Cela arrive, car cela devait arriver. Je ne sais pas ce qui se passera plus tard, mais le live va surement me servir à m’améliorer. Je pourrais voir ce qui passe plus ou moins bien et, au fur et à mesure, je pourrais gommer et arranger les imperfections et cette immaturité du live…

Tu as d’autres projets à part la musique ?

J’aime bien prendre des photos, regarder des films… Je m’intéresse à beaucoup de domaines, mais la musique est le seul dans lequel j’opère réellement.

L’une des raisons pour laquelle tu as quitté Depeche Mode était pour pouvoir collaborer avec d’autres artistes. Il y a-t-il des gens avec qui tu aimerais travailler ?

Il y a beaucoup de gens que j’apprécie et qui ont des grandes voix : Lisa Gerrard, Morrissey, les Cocteau Twins, Talk Talk… J’aurais beaucoup aimé travailler avec Mark Holis (le chanteur de Talk, Talk NDLR), j’ai toujours été très impressionné par sa voix, mais il a quitté la musique il y a bien longtemps

Afin de bien comprendre ta musique, quelles sont tes références  ?

Un peu de tout, l’électronique, l’avant-garde, la musique classique moderne, le gospel blues, des morceaux de pop… Le but de Recoil est de mélanger un peu tout ça, ce qui est une sorte de challenge en soi.

Toi qui as toujours aimé le côté électronique, que penses-tu de la mort du format disque ?

Je ne sais pas si c’est le disque qui meurt ou si les gens s’intéressent plus à d’autres choses. Ils en reviennent à s’intéresser à des choses comme le vinyle, les beaux packagings, les éditions spéciales. Les gens ont trop de choix : les jouets, les jeux vidéos… Les temps changent et il faut s’adapter sans déprimer de l’état des choses. Je pense qu’il faut aller de l’avant.

Tu collectionnes les vinyles ?

Je n’en achète pas souvent, c’est surtout que je n’ai pas le temps d’aller en acheter, ces temps-ci avec la tournée qui se préparait encore moins… C’est triste d’une certaine manière.

Tu es remonté sur scène avec Depeche Mode, j’imagine que beaucoup de souvenirs ont dû ressurgir ?

Oui, c’était un très chouette moment, il n’y avait rien de prémédité. Nous étions tous à Londres, on faisait notre vie, et puis ça c’est fait. Oui c’était amusant, mais c’était seulement pour un soir.

Maintenant que tu as l’expérience des deux, préfères tu être sur scène avec Depeche mode ou avec Recoil ?

C’est tellement différent. Avec Depeche Mode, c’est de la démesure, tu as devant toi 20 000 personnes et c’est limite impersonnel. Alors que pour Recoil, on joue dans des salles très intimes, tu peux voir le regard des gens, entendre leur voix. En fait, c’est un peu comme parler avec toi en ce moment. Jouer aussi près des gens est quelque chose de très impressionnant.

Crédits photo : Portrait by Melchior Tiersen / Live au Bus Palladium by STV

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Site officiel : http://www.recoil.co.uk/

A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

1 commentaire

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  1. 1
    le Dimanche 9 mai 2010
    jb Mute a écrit :

    Merci pour cette interview et pour les photos. Concernant l’hébergement à mon avis il s’agit de l’hôtel Kube non loin de la Gare du Nord.

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