REC

par Ousk?|
Lassé de revoir encore et encore les classiques de George Romero ? Dépité par les adaptations médiocres de Resident Evil ? Laissé sur sa faim par les Danny Boyle ? Joie dans les coeurs, tant qu'ils sont bien accrochés, car Paco Plaza et Jaume Balaguero offrent enfin aux fans du genre, un très savoureux film de zombie à se mettre sous la dent.

rec-2Après les projets Blairwitch, Cloverfiled et compagnie, Plaza et Balaguero s’essaient eux aussi au film façon reportage. Ça peut agacer à priori, mais en ce qui concerne Rec, l’intérêt de la démarche ne fait aucun doute. Ce concept appliqué aux films de zombies revenant finalement à s’imaginer une équipe de journalistes du Droit de Savoir, à la recherche d’un scoop sordide, qui se retrouveraient coincée dans un immeuble infesté de zombies hystériques et assoiffés de sang, très enclin au carnage. Vous en avez rêvé ? Moi aussi. Et Paco Plaza et Jaume Balaguero l’ont fait, dans un film coup de poing qu’on vit avec autant de sérénité que le passager d’une Smart sur le point de se faire percuter par un 36 tonnes lancé à toute allure…

Présentatrice d’une émission minable diffusée au milieu de la nuit, Angela tourne un reportage sur la palpitante vie des pompiers de nuit, partagée, selon les intéressés, entre réparations de fuites et autres sauvetages de chat perché sur un arbre. Rien de bien excitant pour la jeune journaliste en mal d’exclusivité, jusqu’au moment tellement attendu où une équipe de pompier est appelée pour une opération apparemment banale de routine, à savoir le sauvetage non pas d’un chat égaré, mais bien plus palpitant, d’une octogénaire enfermée dans son propre appartement.

Évidemment, dès l’arrivée sur les lieux, force est de constater que la charmante grand-mère en question n’avait pas l’intention d’accueillir ces beaux pompiers avec une assiette de cookies. Les choses tournent mal, l’immeuble est bouclé, les habitants réunis dans le hall, et tous les éléments se mettent en place pour que débute le massacre, qui montera crescendo pour aboutir sur un carnage hystérique qui restera certainement dans les annales du genre. Là où les deux réalisateurs espagnols réussissent à reproduire la brutalité et la frénésie des films de Danny Boyle, sans pour autant se complaire dans une surenchère du gore, ils parviennent en plus, malgré l’aspect reportage du film, à transcender cette hystérie grâce à une esthétique et une réalisation exemplaire, moins dépouillée que celle du réalisateur britannique.

Une réalisation qui matérialise littéralement la tension en prenant à la gorge un spectateur qui ne pourra pas s’empêcher, à chaque écran noir, de vérifier si celui qui était son charmant voisin de siège ne s’apprête pas maintenant à lui arracher une moitié de visage dans un accès de sauvagerie.

Un vrai film amphétamine après lequel on aura du mal à résister à cette pulsion qui vous donnera une furieuse envie de sortir de la salle pour courir dans la rue en criant et gesticulant jusqu’à ce que le stress accumulé pendant cette heure et demie soit redescendue à un niveau plus tolérable.

rec2L’histoire à proprement parler n’apporte strictement rien d’original, mais la réalisation du duo fait toute la différence, y compris grâce à une maîtrise impressionnante de la bande sonore, exercice pourtant d’autant plus difficile dans un film tourné de cette façon.

La seule variante dans le scénario, réalisateur espagnol oblige, est l’intégration du facteur religieux sur la fin du film, qui aboutira sur l’apparition d’un Jesus-zombie, dans une scène sublime à faire pâlir les plus sinistres peintres expressionnistes allemands, et qui enverra au 7e ciel tous les fans du jeu vidéo Silent Hill . Les déçus par l’adaptation des Resident Evil (comprenez ceux ayant vu les films) verront d’ailleurs en Rec l’adaptation officieuse la plus fidèle du jeu culte de Capcom .

Un film génial, une claque magistrale, qui terrifie avec une intelligence et une habileté hallucinantes, et qui saura séduire aussi bien les fans du genre qu’un public plus large, amateur de steak tartare et de sensations fortes. Un film saignant, à déguster à point.

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4 commentaires

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  1. 1
    PaD
    le Lundi 28 avril 2008
    PaD a écrit :

    Pfiuuu !! Sacrée critique, déjà que je bouillais d’envie de le voir, je crois que je vais remettre mes paperasses à plus tard et foncer me faire monter le trouillometre, d’autant plus que je fais parti des fans de « Resident » qui ont pleuré toutes les larmes de leurs corps apres avoir vu les films ! Du coup, Ousk, je te fais parvenir mon courrier en souffrance, vu que tu viens de tuer mon reste de motivation ;-)

  2. 2
    le Mardi 29 avril 2008
    Hanky Panky a écrit :

    Et le côté « Caméra au poing » est supportable ? Parce que c’était un aspect assez difficile à vivre sur Cloverfield…

  3. 3
    le Mardi 29 avril 2008
    Dahlia a écrit :

    Ah la caméra au poing! Mon pire souvenir à ce niveau c’est Breaking the waves, putain les premières minutes, j’ai cru que j’allais vomir mon déjeuner!

  4. 4
    le Mardi 29 avril 2008
    Loïc a écrit :

    Je pense que certains réalisateurs feraient mieux d’éviter la caméra au poing. Réitérer ce qu’avaient su faire Myrick et Sanchez avec Blair Witch n’est pas chose aisée et effectivement Cloverfield c’était pas top top de ce point de vue.

    Allez, dès demain je regarde REC ^^

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