Raspigaous – Haut & Fort (Maxi)

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Ils avaient quitté la scène durant 6 ans, les voilà enfin de retour ! Raspigaous a créé la petite sensation début 2013 annonçant sa reformation pour le printemps suivant ainsi qu'un nouvel maxi dans les bacs le 17 juin. Aussitôt dit, aussitôt fait : Discordance s'est empressé d'écouter ces quatre précieux sésames. Pas de doute, c'est bien du Raspigaous !

Haut et fort
Lorsque les groupes annoncent leur reformation après plusieurs années passées sous silence, on est toujours partagés à l’idée de savoir si le groupe aura réussi à conserver toute sa fraîcheur. Découvert maintenant il y a une bonne dizaine d’années (sic), un petit coup de vieux s’est fait ressentir lorsque je me suis dit « merde, il est loin le temps du lycée ! ».

Pourtant, c’est toujours avec un immense plaisir que nous nous replongeons dans ce qui constituait la bonne époque. Un peu d’appréhension avant de presser le bouton play et voilà que la machine repart. Mais s’était-elle vraiment arrêtée ? L’envie, la ferveur, le partage sont toujours là. Les Raspigaous paraissent en tout cas être aussi généreux qu’auparavant. Touché par l’accueil du public marseillais pour leur grand retour au Dock des Suds en février dernier après 6 ans d’absence, Lionel Achenza n’a pas à s’inquiéter de la légitimité des Raspigaous.

Le maxi en renferme la preuve : musicalement, les Raspi ont gardé la recette qui a fait leur efficacité. Avec un fil directeur reggae, Lionel assure toujours au chant, accompagné de ses fidèles choeurs féminins, sa section cuivre et autres musicos. On retrouve ainsi toute la fraîcheur et la spontanéité du groupe.

Même A Contre Courant, Raspigaous ne rame plus : n’hésitant pas à agrémenter son reggae made in Marseille en piochant dans les influences rock, ska, world… ce track d’ouverture en est le symbole. Aller toujours vers l’avant, chanter le quotidien et ses galères, on connaît. Lorsqu’on rajoute quelques riffs de guitare bien pesés sur un morceau initialement roots, les Raspigaous endossent un costume plus jazzy qui étonne. Avec humour et légèreté, les notes reggae finissent par briller sur le morceau presque hommage, C’est la femme « qui dirige la terre, elle laisse croire l’homme que c’est lui qui gère ». En levant progressivement le poing contre cette société machiste qui voudrait façonner la femme à son image, les Raspi poursuivent leur route sans se presser.

Bien décidé à garder le poing en l’air, c’est une agréable surprise qui finalement se profile. Vitrolles III, et son désormais célèbre refrain, retentit haut et fort. Même si l’excitation se transmet jusqu’aux orteils, c’est toujours avec un immense plaisir de retrouver ce putain de son, puissant, revendicatif à souhait, que tous se mettent alors à entonner. Clairement positionnés contre le fascisme et la montée indécente du Front National en Provence (et ailleurs !), les Raspigaous ont donc décidé de décliner une troisième version de Vitrolles car le combat… n’est pas encore gagné. Même si la municipalité a perdu son étiquette FN avec Mégret & Co depuis 2002, Lionel dresse le triste tableau de la ville qui ne s’en est jamais relevée. La peste est toujours là, réagissons, et Raspigaous ne lâchera pas son étendard même si cette version est plus roots et moins rythmée que les précédentes.

Pourtant, les Raspigaous ne sont jamais à court d’esprit de fête. Avec une section cuivre qui s’affirme et de grosses vibes, ce maxi s’achève sur un track taillé pour live : s’il est clair que nous sommes 7 milliards et des poussières sur notre bonne vieille terre, les Raspigaous sauront vous présenter, à leur sauce, comment trouver ses repères. Proche musicalement des sonorités de « Mauvaises Herbes » (2005) sur ce dernier morceau, les Raspigaous conservent, également, cette facette bien festive pour la scène.

Les années ont passé mais Raspigaous n’a pas pris une ride. Bien en phase avec ses idées, toujours aussi généreux musicalement et plus que jamais à sa place parmi les groupes incontournables de la scène de reggae française, Raspigaous revient en forme. On en oublierait presque le temps a passé…

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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